Voyage au centre du vers de terre
Abadox est un shoot tout ce qu'il y a de plus classique, avec un gameplay à la R-Type amputé de pas mal de subtilités et un univers organique finalement assez classique déjà expérimenté dans Lifeforce (salamander).
Abadox ne brille pas par ses musiques, car si elles sont bonnes elles sonnent "déjà entendues" (dans Contra notamment et pour cause -c'est le même compositeur-), elles sont bien répétitives et surtout souffrent d'un problème de sous-mixage assez évident.
Abadox n'est pas un exemple de fluidité, les baisses de framerates sont légions et le scintillement aura tôt fait de vous rendre épileptique.
Seulement Abadox est tout simplement un petit bijou vidéoludique, un exemple du "petit" jeu rendu grand par la passion débordante de ses concepteurs. Car si l'ont regarde de plus près, on se rend compte qu'ils n'avaient au fond qu'une seule "bonne idée". Pas énorme, mais largement suffisant car exploitée à merveille, essorée jusqu'au bout, utilisée avec une grande intelligence.
Abadox repose entièrement sur son ambiance : On dirige le lieutenant Nazal chargé de détruire le parasite géant qui vient d'engloutir sa planète. Le joueur dirige ce petit spationaute et va devoir pénétrer à l'intérieur du vers, visiter les moindres recoins de son intimité, de la bouche aux artères en passant par l'intestin. Tout dans le jeu n'est question que de ça : descendre au plus profond des entrailles abominables de l'ennemi, pour libérer sa planète. Tout le jeu est construit autour de cette simple idée et tout est prétexte à nous le rappeller : le décor organique pullulant d'ennemis gastriques, l'étroitesse des intestins, le design des boss gigantesques, l'alternance scrolling horizontal/scrolling vertical -ici inversé, afin de toujours donner au joueur ce sentiment de descente- le genre de petit détail qui fait toute la différence. Il y a dans ce jeu une cohérence incroyable entre les niveaux et une diversité formidable des décors traversés -ce qui était loin d'être acquis vu le sujet traité-.
Abadox est un de ces jeux rempli de défauts, qu'on ne peut s'empêcher d'apprécier tant le travail effectué au service de l'immersion est immense.
J'ai aussi oublié de dire que graphiquement on touche à du très très haut niveau pour de la NES (d'où les tares techniques), la couleur et la taille des sprites/décors est juste hyper impressionnante.