Amnesia: The Mince Je Sais Plus
Amnesia revient quasi-systématiquement dans les listes (non exclusives à senscritique.com) de jeux horrifiques qui fonctionnent. Mais quels ingrédients donnent à cette galette indie un goût si fédérateur ?
Premièrement, le combo 1ère personne + jouabilité clavier/souris. Ca peut paraitre anectodique de prime abord, mais c'est finalement un élément très important. Le déplacement du regard humain fonctionne entièrement par à-coups. Les mouvements de caméras qu'autorisent la jouabilité manette sont extrêmement éloignés de la réalité : il nous est extrêmement difficile de déplacer notre regard à une vitesse relativement lente et fixe. En réalité, on fixe plusieurs points successivement, séparés par des mouvements de l'oeil très rapide. Quelle importance quand à ce jeu ? Eh bien, quelques minutes passées dans une partie, un bruit flippant, et hop, on bouge notre souris de manière compulsive et très rapide, on s'arrête pour fixer, et on re-bouge rapidement la caméra. Oui, "comme en vrai". Ce qui contribue à donner à ce soft une immersion assez incroyable, permettant le plein déploiement des tactiques horrifiques employées par des développeurs somme toute un peu sadiques.
Car niveau évenements scriptés qui filent les chocottes, on en a pour notre argent. Là aussi, le jeu se montre très réussi, évitant le facile et s'employant à développer une atmosphère assez proche de l'oeuvre lovecraftienne. Dans Amnesia, ce qui fait peur, c'est ce qu'on ne voit pas. Même, ce qu'on ne peut pas voir. D'ailleurs, la dimension lovecraftienne est considérablement renforcée par un scénario bien travaillé et plutôt marquant, mais je laisserai au lecteur la joie de le découvrir par lui même. Petite remarque sur le doublage, encore tout à fait parfait, renforçant à la fois l'immersion et l'impact du scénario.
Sur le plan gameplay pur et dur, rien de spécialement nouveau, mais rien de vraiment classique non plus : les dev' reprennent d'excellentes idées de leurs oeuvres précédentes (Penumbra et consorts), içi portées au sublime par un côté minimaliste très agréable.
Amnesia: The Dark Descent, ce n'est donc pas un truc overhypé pour rien. Ca fait bien peur, ça marque et donc ça marche.