Comme son nom l'indique un petit peu, Anata wo Yurusanai (Je ne te pardonnerai pas) est un visual novel d'enquête qui a comme thème central l'adultère. Un jeu passé relativement inaperçu au Japon et qui n'a jamais été traduit, officiellement ou non. Il est avant tout connu pour quelques initiés parce qu'il est un des rares jeux de la PSP (peut-être même le seul ?) qui demande à tenir la console à la verticale pour se lire comme un livre, exactement comme Wish Room sur DS.
On y suit les aventures de Ririko Takeuchi , une détective qui travaille dans l'agence de son père spécialisée dans les affaires de couples et d'infidélité. Chaque chapitre, cinq en tout, met en scène une enquête différente. De la même manière d'un Gyakuten Saiban, chaque enquête commence par une rencontre avec le client qui nous expliquera la situation (typiquement: "je pense que mon mari me trompe avec X") et il faudra parler avec différents témoins et autres suspects pour élucider la situation. Ririko est plutôt efficace dans son rôle de protagoniste, elle est déterminée à aller jusqu'au bout pour ses clients mais n'est pas naïve pour autant. Elle connaît la difficulté du métier et n'hésite jamais à dire ce qu'elle pense vraiment, même si cela peut entraver l'enquête. Son côté tête brûlée et intrépide la rend particulièrement attachante et efficace.
Malheureusement les affaires, elles, sont rarement passionnantes: il sera surtout question de nombreux allers-retours entre les différents personnages et l'agence de détective à la recherche d'indices. À noter que ce VN est, à l'exception de quelques choix sans importances et de quelques mini-jeux oubliables, complétement linéaire. Les enjeux sont évidemment moins grands que ceux d'une enquête policière à la recherche d'un meurtrier. Malgré la présence de petits twists à chaque chapitre on est rarement surpris ou emballé par les révélations. Le méchant du deuxième chapitre sort du lot surtout pour sa scène finale qui est assez marquante visuellement mais pour le reste c'est loin d'être mémorable.
Mais en parallèle de ces scènes de ménage, il y a quand même un fil rouge qui se dévoile au fur et à mesure de l'histoire: une fantôme/esprit qui vient hanter Ririko sous les traits d'une petite fille, le père détective (Takeo) qui mène une enquête en secret et qui est porté disparu du jour au lendemain ainsi que le mari de Ririko (Kusanagi) qui demande le divorce sans explications.
Les deux derniers chapitres du jeu sont consacrés à la résolution de ces questions et sont heureusement plus intéressants. On peut presque considérer que les trois premiers chapitres ne sont qu'un très long prologue pour introduire tous les différents personnages secondaires, et que ces deux derniers chapitres forment la vraie histoire du jeu. Le mystère est sympathique à suivre mais on aurait aimé que le jeu y consacre plus de temps. La fin arrive brusquement et nous laisse un peu sur notre faim.
Si vous connaissez l'existence de ce petit jeu c'est sans doute aussi par la présence de Nobuo Uematsu à la musique. Il s'est occupée de toute la production de l'OST et d'une bonne partie de la composition. Les musiques sont de très bonnes facture dans l'ensemble et sont sûrement la plus grande qualité du jeu. Dans un registre différent de ceux des Final Fantasy, cette soundtrack tend plutôt vers le jazz et colle parfaitement à un scénario de détective. Parmi les meilleurs morceaux: Deep Inside Me, Bossa de Drive, Brand New Today ainsi que la chanson des crédits.
En somme Anata wo Yurusanai est un VN qui est loin d'être incontournable mais reste un titre assez original de la PSP avec une sympathique intrigue policière, si on peut lui pardonner ses problèmes de rythme.