Sans être révolutionnaire, le gameplay est malin et fonctionne bien. Mais il est au service d'une histoire que j'ai trouvé assez gênante. Tout d'abord, je suis assez peu fan de ce genre de twist.
Utiliser la maladie d'Alzheimer (ou équivalent) comme ressort narratif, ça me pose problème. C'est vu et revu, et c'est en vérité assez déplacé (la maladie et l'invalidité ne devraient pas être l'objet d'une jouissance esthétique à l'instar de celles que provoquent le suspense ou le twist).
Mais encore, si ça n'avait été que ça, j'aurais pu l'excuser. L'omniprésence de la religion chrétienne m'a aussi posé question. Pour une histoire sans contextualisation géographique ni historique, donc qui parait à première vue pouvoir prétendre à une forme d'universalité (relative bien sûr), pourquoi introduire des références (nombreuses pour un jeu si court) à la foi chrétienne ? Et terminer le jeu par un verset de la Bible ?
Enfin, et c'est ce qui m'a le plus gêné :
Le passage où Roger finit par avouer à Sophia qu'il l'a frappée (4 fois). On apprend qu'il l'a fait par désespoir, car il n'arrivait pas à lui faire prendre ses cachets. Suite à cet aveu, Sophia le prend dans ses bras comme pour le consoler. Et ensuite on passe à autre chose comme si de rien n'était. Qu'est ce que c'est que cette manière de traiter un sujet aussi grave que la violence conjugale, qui plus est sur une personne invalide ? Le jeu semble minimiser voire excuser la gravité d'un tel geste, et ça me paraît tout à fait inacceptable.
Bref, de bonnes idées de gameplay mais une manière assez discutable de traiter certains sujets.