Anno Mutationem est un jeu multiplateforme sorti en 2022, développé et édité par le studio Thinking Stars, un jeu d'action-aventure plateforme avec élément RPG. A l'origine un jeu inspiré de la mythologie internet de la SCP Fondation, le jeu a progressivement pris son indépendance artistiquement et scénaristiquement, tout en restant fortement inspiré de son modèle.
Qu'est-ce que ce jeu est beau ! Sans doute l'un des plus beau pixel-art moderne du marché. Les animations, les expressions, et les décors sont chatoyants, colorés ou sombres suivant la situation, et sont toujours clairs. Les graphismes de ce jeu sont parmi ses plus gros points forts. La musique est de qualité, avec des OST solide qui accompagnent très bien l'histoire, j'ai été un peu moins marqué, mais j'ai apprécié !
Comme toujours, un jeu se repose avant tout par son gameplay, et là, c'est aussi du solide. Nous sommes dans le pur mélange entre le beat-them-up et le jeu de plateforme, alternant les deux phases avec fluidités. Quelques mini-jeu sont présent par-ci par-là mais se font toujours discrète, et surtout jamais très complexe. J'ai fais le jeu en mode Facile comme j'ai l'habitude, et sur la fin quelques moments se sont révélés quand même assez complexe, je n'ose imaginer en difficulté plus ardus. Le tout en tout cas était toujours d'une nervosité qui faisait plaisir. On enchaine bien et Anne répond bien aux mouvements, sans délai ou lag. Quand on meurt, c'est notre faute, toujours, le jeu ne se révèle que très peu injuste.
Pour ce qui est du scénario, avec ces personnages très attachant, on a envie de continuer l'histoire, et heureusement que les personnages sont là ! L'histoire, elle, est assez confuse. Dans les grandes lignes on comprends ce qu'il se passe, mais, surtout sur le derniers tiers du jeu, quand les éléments inspirés de la SCP Fondation arrive vraiment en force dans le scénario, pas mal de moment se révèle plus confus. Les antagonistes par exemple sont souvent présents, mais il est difficile de savoir leur motivation. Mention spécial au boss final, où un personnage important dit littéralement à l'héroïne : "Te préoccupe pas de pourquoi, défonce-le."
Mais l'écriture rattrape le scénario un peu bancale. La relation entre les deux héroïnes est amusante (bien qu'Ayane parfois harcèle un peu trop son amie, cas classique de harcèlement amoureux disons pour être soft, réduit à une blague), et quand des moments plus tristes ou tendus arrivent, on y croit. Les personnages secondaires aussi sont attachants, c'est une bonne chose.
Le jeu est plutôt bon, sans jamais être transcendant. Cela en fait un bon petit jeu sympathique.
Par contre, si vous le pouvez, tentez de jouer au jeu en anglais : la traduction française est catastrophique. Aussi bien sur le fond (plusieurs fois, j'ai repéré des décalages entre ce qui est dit et la traduction, avec des traductions littéral), que sur la forme, avec des textes qui ne rentrent pas totalement dans les bulles de dialogues. Cela m'a rappelé The Cruel King and the Great Hero qui avait des soucis similaires dans sa localisation anglaise. Un exemple concret est qu'une personnage est constamment appelé "Gamin", car le traducteur a traduit "Child" en oubliant que le mot est neutre en anglais, mais genrée en français.
Ce défaut est sans doute le plus important, mais on peut passer outre, ça reste un bon jeu !
Joué sur Steamdeck, fini en 12 heures (all endings)