Enfin un bon jeu de collection de bestioles, après tant de souffrances, de déceptions et d'années d'attente! Je peux enfin devenir immortel, et mourir.
Blague à part, le jeu est vraiment excellent, même si il n'arrive pas tout à fait à la profondeur du gameplay de Monster Sanctuary, il compense un peu à d'autres endroits, en particulier une narration bien plus intelligente.
Alors, le gameplay. Les combats ne sont pas vraiment en équipe car c'est toujours du 1v1, mais c'est mieux fait que pokémon car le changement d'un combattant à un autre est un action qui coute non pas un tour entier, mais un point parmi ceux à disposition dans un tour, dont le nombre dépend des stats de vitesse des bestioles. Ca donne plus de fluidité aux combats, et un peu plus d'intérêt au système de type. L'équilibrage ne souffre pas autant de ce système que dans pokémon, car il y a beaucoup de mécaniques de jeu qui rentrent aussi dans la balance, que ca soit les choix en amont du combat, avec la composition d'équipe, les améliorations, les sorts utilisables, ou les choix à faire en combat, pendant lesquels on ne peut pas se contenter de spammer l'attaque la plus puissante. Il y a pas mals de bonus et malus qu'on peut entasser à l'infini pour des effets surpuissants, qui s'intègrent dans une stratégie prévue à l'avance, et qu'il faut réussir à exécuter, et parfois, à adapter. Par exemple, si ma stratégie repose sur la brulure, mais que je combat des ennemis de type feu qui sont immunisés, je dois improviser. Là où c'est très dommage, c'est qu'il est très difficile de connaitre tous les bonus/malus et les interactions spécifiques aux types, le jeu manquant cruellement de ces fenêtre contextuelles en apparences innocentes mais si importantes pour comprendre ce qu'il se passe, s'adapter au mieux, et éventuellement faire évoluer sa stratégie.
Parlons maintenant de tout le reste. D'abord, une petite mention pour les musiques plutôt sympathiques et la direction artistique des bestioles. Les effets sonores sont également satisfaisants pour donner de l'impact à nos actions, mais un peu inadaptés à quelques cas particuliers. La structure plutôt ouverte et qui offre plusieurs possibilités de progression sans prendre le joueur par la main me plait beaucoup, même si cela implique qu'on est parfois un peu perdu. A ce titre, la progression non linéaire des créatures suit un schéma similaire, qui est certes intéressante, mais n'apporte finalement pas grand chose, en dehors d'un schouïa trop de grinding et de l'unité très agréable entre le gameplay et la narration. Les environnements ne sont pas très jolis, mais franchement osef, surtout qu'ils remplissent bien leurs rôles.
Comme on avance sans être trop guidé, on découvre les choses dans le désordre et il faut ordonner les pièces pour construire du sens, c'est très stimulant, surtout que l'histoire est très intéressante. On part d'une situation très classique de fin du monde et de personnage amnésique, et on intègre des tas de références à l'informatique (le jeu m'a beaucoup fait penser à mes cours de programmation en C), la philosophie postmoderne (en jouant avec les distinctions technologie/humain et réel/virtuel), la religion et d'autres oeuvres (Metropolis et sa villes du haut contre ville du bas en proie à une lutte des classes qui se retrouve à Rain City) de façon très ludique et organique, pour en faire un tout cohérent.
Franchement, chapeau, le dev a su faire évoluer la formule pokémon et fusionner gameplay et narration, quelque chose que je trouve trop rare.