Fun mais creux : le parfait inverse de Bioshock 1
Pour moi, ce Bioshock Infinite est le parfait inverse du premier : un scénario et une histoire globale pourries mais un jeu plutôt fun.
Le premier Bioshock se déroule dans un univers délabré et sombre. Certes cela permettait aux programmeurs de cacher les défauts (notamment les animations des visages) mais ça apportait un putain de cachet au titre. Ici c'est lumineux, coloré. J'ai presque eu l'impression d'être à Disneyland. On voit les ennemis arriver de loin. Quel choc! Du coup je ne suis jamais vraiment entré dans cette Columbia volante. Les pnj ont un sale côté automate. Même les décors des derniers chapitres où tout est à feu et à sang ne m'ont pas convaincu. Elle est loin l'ambiance film d'horreur. On trouve un bestiaire intéressant dans Infinite. Intéressant mais totalement sous exploité. Hormis les patriotes mécaniques un peu trop présents à mon goûts les autres et en particulier les Boys of silence font de rares apparitions. En revanche on dégomme du flic et de la milice à tour de bras à tel point qu'on se demande bien d'où ils viennent. Niveau sons et musiques là c'est du bon. J'adore les bruitage à l'ancienne comme avec les voxophones. Et bravo pour les covers des hits pop. On ne peut pas en dire autant du doublage que j'ai trouvé vraiment moyen voire mauvais avec le couple de Chinois. La jouabilité est bien plus intuitive que dans le premier Bioshock. Dieu que la gestion des plasmides était lourdingue. C'est un véritable plaisir de s'agripper à un crochet pour se lancer comme un furieux sur un ennemi. Je regrette le fait qu'on ne puisse embarquer que deux armes à la fois. Oui, deux armes. Ce qui oblige le joueur à se foutre dans la merde en lâchant souvent une arme arrivée à court de munitions. Pourquoi seulement deux armes et autant de toniques? Surtout quand on voit le peu d'utilisation qu'on en fait. Seul le tonique électrique sert vraiment puisqu'il permet de ralentir les ennemis. Ici les toniques sont plus des trucs pour gêner les adversaires que pour les tuer comme c'était le cas des plasmides. Mais, une fois qu'on a upgradé ses toniques, ça devient assez amusant de troller les ennemis avec.
Quid de la difficulté? J'ai joué directement en difficile. Mourir, comme dans Bioshock 1, n'a strictement aucune incidence. Aucune. Les ennemis conservent leur barre de vie là où vous l'aviez laissée. Du coup il est impossible de ne pas progresser sauf pour le dernier chapitre où un game over est possible. Vu qu'on ne peut pas vraiment mourir eh bien allez hop on y va au corps à corps et on se permet des choses couillues. Ce qui est assez fun il faut le reconnaitre. En mode 1999 là le gameplay change totalement. Les morts comptent car vous perdez de l'argent qui constitue en quelque sorte une barre de vie. Plus d'argent et c'est la merde. Du coup on joue plus discret et le fusil sniper devient votre meilleur allié ainsi que les pièges créés avec les toniques. Ça devient plus stratégique. Certains passages sont vraiment difficiles mais on finit par arriver au bout du jeu. J'ai vraiment trouvé ça plaisant cette idée d'obliger le joueur à jouer différemment que sur une run en mode de difficulté autre. Ça offre une vraie rejouabilité au soft.
Elisabeth est une bonne idée. Non pas qu'elle soit particulièrement intéressante mais elle offre une compagnie toujours sympa dans un FPS qui sont souvent des jeux solo. J'aime faire un mode histoire avec un compagnon (par exemple Gears of war). Et en plus elle vous offre des munitions, des kits de soin et des cristaux. Que demander de plus? On notera quelques bugs avec elle. Il m'est arrivé de la perdre totalement ou de lui faire bugger une ouverture de porte.
Si je me suis vraiment amusé à jouer à Bioshock Infinite (alors que Bioshock 1 devenait au bout d'un moment franchement redondant) l'histoire m'a laissé de marbre. Là où j'ai décroché c'est lors de la faille chez le fabricant d'armes. A ce moment j'ai eu l'impression d'être dans un épisode de Sliders. Tout part en vrille et les passages d'une faille à l'autre n'ont aucun sens. Les explications d'Elisabeth ou via les voxophones sont tellement tordues que personne peut y croire, sérieux. Quand arrive la révolte de la Vox Populi on a l'impression de jouer à autre chose. Là où on avait des ennemis et d'éventuels alliés on se retrouve d'un coup l'ennemi de tout le monde. Comme ça, d'un coup. C'est tellement simpliste que c'en est ridicule. La rencontre avec Cumstock, parallèle avec la rencontre avec Ryan dans Bioshock, est totalement loupée et n'est aucunement un climax du jeu. C'est justement ce qu'il manque dans ce jeu : des moments marquants. Regardez le combat final. Tout le monde s'attend à se fighter avec le Songbird...eh bien non. C'est une sorte d'arène à la con où on détruit des zeppelins et des barges. SU-PER! On avance dans Bioshock Infinite sans comprendre ce qu'on est en train de faire. Comme avec le fantôme de la mère d'Elisabeth. What the fuck? La fin est débile. La référence à Bioshock 1 est du pur fan service grossier. L'explication du pourquoi du comment est ridicule. C'est tellement tiré par les cheveux qu'on se demande s'il y a vraiment un scénariste à bord.
Bioshock Infinite est un jeu plutôt fun à jouer. Il y a de l'action et le mode 1999 apporte un nouveau challenge. Elisabeth est un pnj utile, ce qui est une chose rare. Malheureusement l'ambiance et le scénario sont totalement à côté de la plaque. Quant au dénouement qui a tant fait parler je rappellerais que ce n'est pas parce qu'on ne comprend rien que c'est forcément génial...