J'ai du mal à comprendre l'engouement des joueurs pour cette épisode de la série, Civ IV me fait plus l'effet d'une addition d'éléments bancals mal intégrés. Sur le papier, c'est parfait: religion, expansion, sciences, guerre, diplomatie, découverte et colonisation. Le tout dans un grand jeu de stratégie en tour par tour, de l'aube de l'humanité jusqu'à la modernité. Ça donne envie. En pratique, oulala, qu'on est loin de la perfection.

Le système de guerre est complètement raté, fastidieux, long, inintéressant, pas stratégique pour un sous. Rarement vu moins agréable à jouer. Les unités ne sont pas mises au niveau automatiquement en débloquant des technologies, et pour peu qu'on ne trouve pas de fer (ça arrive bien trop souvent), on est bon pour avoir des hommes de cromagnon jusqu'à la renaissance. Zéro pointé.

En mode solo, la diplomatie est plus qu'obscure, les indicateurs n'aident pas franchement, surtout lorsque votre voisin qui vous adore arrive sur vos terres avec 50 divisions. L'IA a tendance à ne pas comprendre où se situe son intérêt et, disons le clairement, à faire n'importe quoi. Heureusement qu'il y a le multi.

Le mode de construction n'est guère agréable lui non plus. Une chose à la fois par ville. Les constructions prennent un temps infini, impossible de réagir rapidement en sortant des soldats en catastrophes pour repousser une attaque surprise. L'utilité de l'or est très relative.

Ce manque de réactivité est à mon sens le principal problème de Civ IV. Quand les évènements arrivent, il est trop tard, et on peut perdre une partie de plusieurs heures sur une petite erreur. En produisant une chose à la fois, en mettant 20 tours à déplacer un soldat d'un côté à l'autre de la carte, on a toujours cette impression que rien ne se passe dans ce jeu et que dans le même temps l'horloge est devenu folle. Des chevaliers et des Colisées en 1950, c'est possible. Construire la tour Eiffel sans un gramme de fer, c'est possible aussi.

Moi qui suis amateur de Grande Stratégie, je suis resté sur ma faim devant Civ IV et cette désagréable impression d'y perdre son temps.
Tanaziof
5
Écrit par

Créée

le 5 janv. 2011

Critique lue 3.5K fois

Tanaziof

Écrit par

Critique lue 3.5K fois

5
22

D'autres avis sur Civilization IV

Civilization IV

Civilization IV

10

Miroir-rioriM

146 critiques

Critique de Civilization IV par Miroir-rioriM

Civilization IV est un excellent jeu. La réalisation est de bonne qualité. Il y a globalement peu de bug et le jeu consomme peu. Les détails y sont absolument foisonnants. Tout y est visiblement...

le 2 déc. 2011

Civilization IV

Civilization IV

9

ZePostman

63 critiques

Encore un tour de plus

"Oui voilà, encore un dernier tour", c'est ce qu'on se dit tout le temps pendant une partie de Civilization IV (et même de ces ainés). Et au final on émerge à 2-3 heures du mat', les yeux collant, en...

le 7 mai 2010

Civilization IV

Civilization IV

8

Mazertyui

18 critiques

Guerre, paix et autres jeux

Au pays belliqueux si il en est du jeu de stratégie/gestion, la série Civilization a toujours été un peu à part. Mégalomanie ludique de son créateur Sid Meier seulement dépassée par le mitigé (car,...

le 14 janv. 2012

Du même critique

The Legend of Zelda: Twilight Princess

The Legend of Zelda: Twilight Princess

10

Tanaziof

93 critiques

L'incompris

Link est un bouseux, un vrai de vrai, il vit dans un village avec d'autres bouseux et range des chèvres à la fraiche pour se marrer. Il n'y a pas de prophétie et il n'y a pas de fée, il y a juste...

le 9 mai 2011

The End of Evangelion

The End of Evangelion

9

Tanaziof

93 critiques

Plan de complémentarité de l'otaku

Ce qu'il y a de formidable avec Evangelion c'est que le plus retors des pièges à otakus s'est transformé en une machine "d'otakusation" massive, source éternelle de fan-service et remplisseur notoire...

le 10 janv. 2011

Les Furtifs

Les Furtifs

4

Tanaziof

93 critiques

Je suis mi-homme, mi-chien. Je suis mon meilleur ami

Attendu de pied ferme, le nouveau Damasio, et c’est rien de le dire. Après une Horde virtuose, haletante, marquante à tous points de vue, comment ne pas piétiner d’impatience ? Le livre est...

le 20 juin 2019