Nous sommes dans les années 30 d'une réalité alternative. Une race d'humains génétiquement modifiés fait son apparition : les Genos, perfection de la race humaine, sans accent germanique. Tellement parfaits, qu'ils inquiètent les réactionnaires. Un groupe d'opposition est créé puis armé suite à un accident mortel impliquant un Genos. La guerre fût déclarée. C'est aussi idiot que ça et finalement, c'est une manière détournée de nous faire bouffer du Axe VS Alliés. Sauf que, grande originalité, l'art déco est omniprésent et les progrès techniques sont ahurissants. On mélange char avec des espèces de Commander pompés sur les Tripods de « La guerre des Mondes ». Alors, oubliez vos programmes scolaires, le bon goût et votre pizza au four. Branchez votre console et mettez-vous en rang. La guerre commence !

Commanders: Attack of the Genos est un jeu de tactique au tour par tour développé par un studio suédois du nom de SouthEnd Interactive responsable d'un obscure jeu de sport sur Xbox, Deathrow. Vous ne vous en souvenez plus ? Moi non plus. Distribué par Sierra, Commanders: Attack of the Genos a choisi la plate-forme du Xbox Live Arcade pour se faire connaître. Le Wargame au tour par tour n'étant pas très représenté sur ce service de téléchargement, il a, a priori, toutes les chances d'avoir du succès. Alors, avant d'appuyer sur le bouton rouge, on va étudier le terrain.

La campagne du mode solo est animée par un scénario... De série Z. Chaque mission (au nombre de 15 dans la campagne standard) est présentée par un petit briefing façon manga. Sauf qu'en plus de n'avoir aucun charisme et de jouer dans les grosses caricatures, les personnages ont des échanges verbaux vraiment navrants. Mélangeant le futile à l'humour débile, ils auront le sadique plaisir de vous interrompre au début, pendant et à la fin de chaque mission. Je ne sais pas trop si l'humour est également d'époque, mais en tout cas on n'ira pas voir les auteurs sur scène cette année.

Passé le premier choque, on arrive sur un champ de bataille avec généralement, une usine de fabrication, un Capitole (pour produire l'infanterie et le Commandant) et un puits de pétrole, qui vous fournira de l'argent. Ensuite, on nous fournit le Commandant, unité principale du joueur, qui offrira différent bonus aux unités environnantes (bouclier, vie, vision etc.) selon le personnage sélectionné au début de la mission. La perte de cette unité n'est pas forcément synonyme de défaite, puisque vous pourrez en fabriquer une nouvelle (vive la résurrection) en échange de 5000 $ (pour vous donner une idée, un char lourd en vaut 3000). Pas très résistante, elle aura néanmoins 1 attaque spéciale qui infligera aux ennemis environnants dégâts, immobilisation d'un tour ou encore, invincibilités aux alliés. Le choix du commandant est donc un choix stratégique... Enfin un choix, disons qu'au bout d'un moment vous allez vous résigner à choisir le « bon » puisqu'au final, l'un sera réellement le plus adapté à la mission.

Rigide dans les choix avant la mission, rigide pendant la mission. Se déroulant au tour par tour, le jeu vous laisse prendre le temps qu'il vous faut avant de passer la main à l'adversaire. Donc, vous donnerez des ordres individuellement à chaque unité grâce à une interface bien pensée. Suivant leur vélocité, ils auront plus ou moins de points d'action à dépenser. Pour vous aider, le terrain est parsemé de chemins, de routes, qui favorisent le déplacement des unités motorisées, mais offrent une sorte de malus à la résistance aux dégâts. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien. Du coup, on a tendance à quand même les utiliser et rapidement, les unités se retrouvent en file indienne dans le col d'une falaise. On se passe à travers (vous pouvez très bien faire passer un char au dessus de n'importe quelle autre unité) sans gêne et on se retrouve nez à nez avec l'ennemi qui attend impatiemment que vous pointiez votre canon. Et là, c'est le drame. Sortez vos cartes de jeu, on entame une « bataille ». Tu as le plus gros canon ? Tu as gagné. Tu as le plus petit canon ? Tu aurais pu perdre, mais je t'ai filé un bonus « coup critique » et tu as démoli mon char lourd. Ne me remercies pas, car je vais éliminer ton commandant avec 2 unités d'infanterie qui vont t'enchaîner les coup critiques et toi les tirs « ratés ». Tu as perdu ? Tu recommences, sauf si tu as sauvegardé la partie en cours de jeu (et heureusement, car souvent, on a envie de foutre l'écran en l'air). On charge, hop... C'est un replay ? Nan, je ne change pas de tactique, je ne suis qu'une intelligence artificielle pour jeu arcade.

Pas méchante, mais un peu bête, l'IA ne vous étonnera jamais. Elle envoie ses unités sur vous, sans réelle organisation. Inquiétant pour un adversaire supposément plus intelligent que vous. Ca passe ou ça casse. Et réalisera toujours les mêmes actions. En gros, vous allez recommencer la mission jusqu'à que vous trouviez la bonne approche. Il n'y en a pas 36, mais 1 ou 2 (dans le meilleur des cas). Un peu frustrant finalement. L'adversaire n'est pas féroce, mais souvent mieux équipé que vous en début de partie et comme l'objectif, c'est d'aller vite, on a tendance à foncer en essayant d'optimiser au mieux sa ligne de production... Mais comme les affrontements ont des finalités relativement aléatoires, on se fait démolir sa belle unité sans rien comprendre en quelques tours. Rageant. Quant à elles, les missions sont plus ou moins variées, allant de la prise de bâtiments à la destruction totale de l'ennemie, avec en prime, une difficulté croissante. Au moins, sur ce plan là, c'est irréprochable. De plus, les unités gagnent de l'expérience, ce qui apporte à chaque gain de niveau, une puissance de feu supérieure. Malheureusement, ce n'est que le temps d'une mission...

Le jeu se défend également au niveau sa réalisation. C'est mignon, les arbres bougent, les unités sont soignées (effet sur la carrosserie, canon en mouvement, articulations mécaniques etc.), l'interface est agréable. Au niveau du son, c'est un peu en dessous. La musique façon rétro-jazz est limite insupportable au bout de 2 minutes, les véhicules motorisés font tous le même bruit, les bruitages se limites à « pan », « vroom » et « boom ». Pourquoi ne pas avoir mis quelques bruits d'environnement ? Sans doute pour la même raison que les explosions : quel que soit l'unité, c'est la même explosion. C'est rapide et pas prise de tête pour les développeurs. Je veux bien que le Xbox Live Arcade limite les tailles des jeux, mais quand même... Ce qui finalement, laisse l'impression de jeu bâclé. Et c'est bien dommage, car il avait du potentiel.

Allez, on essuie ses larmes et on lance une partie multijoueurs. En ligne ou en local, vous pouvez vous mesurer contre 3 autres joueurs, sur un total de 10 cartes. Différentes conditions de victoires sont proposées : prise de capitole, destruction totale ou destruction du commandant. Le jeu étant au tour par tour, j'ai du mal à comprendre comment on peut jouer sur le même écran, sachant qu'en local, on s'échange la manette à tour de rôle. J'imagine mal vos amis fermer les yeux à tour de rôle, surtout dans le feu de l'action. Du coup, on va oublier... En ligne, à l'heure actuelle, il n'y a personne. Mais sachez qu'il sera donc possible de jouer entre amis ou en partie classée. Mais bon, ne nous faisons pas d'illusion, ce jeu sera très peu fréquenté en ligne, du fait de sa lenteur et de son gameplay. Dommage.

Conclusion : Commanders: Attack of the Genos est un Wargame techniquement sympa, mais qui souffre d'un gameplay perfectible et d'une IA loin d'être renversante en solo. On boucle les 2 campagnes disponibles avec lassitude et on le laisse de côté. Pour 800 Ms points, préparez-vous à être déçu.
Aellon
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le 16 juin 2010

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