Comme chaque fin/début d'année, je réinstalle Darwinia sur ma bécane car c'est tout simplement un incontournable dont on ne se lasse pas. Ce petit jeu indé a marqué son époque quand il a débarqué avec sa stratégie simple mais inéluctable, ses graphiques rétros mais résolument hypnotiques et son concept rusé de petits êtres numériques en proie à une invasion virale dans leur monde digital.
Darwinia c'est un ordinateur dans votre ordinateur. Vous y entrez par erreur et l'auteur de ce monde vous demande de l'aider à nettoyer son logiciel de culture IA des monstres rouges (serpents, dragons, pieuvres et araignées diverses) qui l'ont envahi. Il s'agit de passer au peigne fin et de canarder (à coups de laser, de grenades, de bombardement aérien même) cette vermine qui court dans les différents éléments de l'ordinateur virtuel (pattern buffer, générateur, etc...) . C'est abstrait dans le concept , avec un clin d’œil appuyé vers Tron, ses "concepteurs" et sa religion digitale, et en même temps très concret dans le gameplay. Manipuler les soldats ou les ingénieurs est très facile, mener les darwiniens d'un endroit à un autre fait penser aux Lemmings.
Chaque tableau est une carte magnifique (et plutôt petite), un monde souterrain digital avec ses îles et ses mers, ses installations à libérer, ses ennemis qui pullulent. Le plaisir du jeu consiste à élaborer une approche bien pensée pour garder ses soldats en vie, et pour repousser les assauts rouges. Rien de stressant : les soldats sont renouvelables à l'envie, le temps ne vous est pas compté, la victoire est forcément au bout du chemin. Mais cela peut vous prendre un temps plus ou moins long selon le succès de votre stratégie. Au début c'est bourrin, puis on se sert des outils annexes, de la recherche, on prend des risques ou on calcule tout, ca dépend de l'humeur. L'ambiance est féerique tout en étant assez lourde de menace et les niveaux finaux ne sont pas sans violence :-)
J'adore passer du temps dans ces niveaux colorés et hypnotiques, garder un œil sur les petits êtres verts, tout en maximisant les assauts (on peut à tout moment rebooter un niveau) et la satisfaction que l'on éprouve à avoir enfin nettoyé un level et à regarder les darwiniens reprendre le contrôle de leur habitat est grisante.
Ne vous fiez pas à ces notes moroses, Darwinia est un jeu magnifique, au rythme très équilibré (le vôtre), aux challenges simples mais rudes et auquel tout gamer se doit de se frotter un jour ou l'autre. Une grande réussite, que je vous recommande!