Devil May Cry 4
6.4
Devil May Cry 4

Jeu de Capcom Production Studio 1 et Capcom (2008 · PlayStation 3)

Entre découvrir les méandres d’un château infini et espérer chaque apparition de Nelo Angelo. Esquisser un sourire à chaque cinématique de Dante grimpant une tour infinie pour empêcher l’enfer sur terre… Jusqu’ici, mon expérience de Devil May Cry a été complètement dingue. Il n’y a eu aucun doute à ce que je poursuive cette saga en continuant par le 4 sorti très tôt sur la génération 360/PS3. Mais ai-je autant apprécié ce quatrième opus que les deux autres ?


Et bien oui.


Mais comment ne pas commencer avec cette magnifique intro qui nous est proposée par Capcom. Ce chant idyllique de la douce Kyrie qui résonne à travers les vitraux de la cathédrale. Cette chorégraphie d’un mystérieux épéiste qui défonce des hordes de marionnettes. Et sur un toit, Dante observant la scène. Je mets cette intro au même niveau que celle du 3, aussi radicalement opposée qu’elle soit.


L’histoire nous plonge dans la ville des assassins où des capuchonnés on ne sait pas… Un ordre religieux qui se prête à une cérémonie somme toute normale jusqu’à l’arrivée de l’homme aux cheveux cendrés qui décide de purger ces malheureux croyants qui s’avèrent en fait être des… démons. Un combat éclate puis nous commençons alors par jouer notre si cher Dante et euhm… Non excusez moi, c’est en fait un tout autre personnage au nom de Nero que nous allons incarner. Physiquement c’est un skin de notre protagoniste des 3 premiers jeux mais passons… Il traquera Dante et essaiera de sauver sa bien-aimée Kyrie aux mains de ces ennemis. Bon soyons clair l’histoire des DMC reste très bateau (excepté le duel fratricide dans le troisième). Le 4 lui n’échappe pas à cette règle non plus. On y ajoute la sauce secte religieuse en plus mais bon rien de très fourni non plus. Pourtant on se doute bien que notre protagoniste est du même sang de Dante ou Vergil et que Capcom aurait pu pousser vers une quête d’identité. Mais ils ont voulu rester classiques en allant à l’essentiel de l’expérience Devil May Cry, l’éclatement. On note quand même le retour de Trish qu’on a plus vue depuis le 1 (elle est ptet dans le 2 jsp) et Lady. Ces deux personnages qu’on peut jouer d’ailleurs avec la perfect édition mais que je n’ai pas faite.


Le level design du jeu est assez étrange. Bien que les niveaux/donjons soient vraiment réussis dans l’ensemble avec une grosse variété de paysages. La formule du presque huis clos du 1 et 3 me paraissait un peu plus logique avec une verticalité certes pas forcément visible mais on monte on descend… Simple efficace quoi. On a l’exemple avec la citadelle de la dernière partie juste avant de contrôler Dante. Les quelques énigmes du jeu sont sympa avec les dés. Les fameux grappins que tout le monde déteste personnellement j’ai trouvé ça cool. Les toupies dans le château très marrantes à utiliser. Cependant concernant l’aspect graphique j’ai une impression de syndrome de Dark Souls II (bien qu’il soit sorti bien après) où l’on commence dans une ville je dirais assez contemporaine pour arriver ensuite dans un château enneigé puis une jungle qui sort de nulle part ? On cherche pas trop à être logique là-dessus aha. Après tout dans le 4 on voyage un peu plus. On a au final un opus un peu plus coloré (S/o les couleurs PS3) mais qui n’est pas un mauvais point pour autant. L’extérieur du château enneigé reste quand même un des endroits les plus jolis avec l’un des last fight dans les airs contre le titan.


Allons à l’essentiel. Le gameplay de Nero n’est pas si inintéressant que ça. Les combos s’enchaînent bien, il est assez agréable à manier. Malheureusement dites au revoir aux styles super cool de Dante. Les Trickster, Royalguard etc… Nero a un style beaucoup plus statique avec son fameux Devil Bringer. C’est littéralement un grab qui permet de ramener des ennemis sur soi ou alors de les exploser contre le sol. Ettt c’est tout… On peut y trouver un certain confort en le jouant c’est assez simple voir parfois trop. Mais ça en devient surtout vite lassant avec le peu de variété d’attaques/mouvements que le personnage nous propose. Et souvent on exécutera le même move encore et encore bah parce que ça marche. Essayer de faire le combo le plus long avec lui est une vraie plaie… N’espérez même pas d’avoir un Devil Trigger incroyable qui change ses moves puisque ça les rend juste un peu plus puissants. Enfin arrivé à un peu plus de la moitié du jeu the time as come. Nous jouons enfin Dante après que Nero se soit fait absorber par le titan. Bon là c’est le retour du kiff avec un gameplay quasi identique au troisième. Le retour des styles qui ENFIN sont ajustables directement avec les touches directionnelles. Un DT qui casse la gueule contrairement à celui de Nero. On vit clairement sa meilleure vie.


Parlons game design. Le système de la boutique avec les orbes rouges est toujours présent et on y achètera uniquement consommables, orbes violettes et bleues. Cette fois-ci nos compétences pourront être améliorées avec des skills points gagnés à chaque fin de missions en fonction des notes reçues durant les fights. Plutôt sympa comme concept voir même meilleur que celui du 3 où on peut full se concentrer sur les skills. Bon il faut toujours acheter le air hike qui coûte la peau du cul mais soit… Pour ce qui est des ennemis du jeu, la plupart sont assez abordables. Certains sont très chiants notamment les fantômes volants. Un enfer… Mais j’aime beaucoup les chevaliers en armure avec leur backstab satisfaisant. Les bêtes de givre que tu peux attraper par la queue puis les faire tournoyer comme un mario sur bowser. Une petite variété en plus d’ennemis n’aurait pas payé de mine mais ça reste ok dans l’ensemble. Les boss, visuellement, sont tous incroyables et ont vraiment des archétypes différents. Je les ai trouvés assez simples dans leur ensemble sauf Credo qui reste un boss fight assez salé. L’intro du fight d’Agnus qui est d’une mise en scène folle avec son côté théâtral complètement assumé et qu’est-ce qu’on se marre… The Savior qui est LE boss spectacle du jeu qui tient toutes ses promesses avec ses boostpads qui nous envoient sur les plateformes avoisinantes. Malgré tout, le plus gros point noir du jeu pour moi vient déjà du moment où l’on contrôle Dante. Alors oui le kiff est présent on joue notre personnage adoré mais le fait est qu’on doit maintenant faire tout le chemin inverse entrepris par Nero… Avec 2-3 ennemis ajoutés qui ne remplacent pas forcément ceux déjà présents. Et bien sûr on doit battre les boss une deuxième fois. Oui parce que Nero en fait n’en avait fini aucun… Boss d’ailleurs qui ont les mêmes attaques, patterns que ceux combattus précédemment. Donc tu rajoutes déjà des bonnes heures en surplus qui ma foi ne servent pas à grand-chose si ce n’est de jouer avec Dante qui je pense aurait dû être jouable dès le début. Mais ça ne s’arrête pas là… Eh bien oui puisque vers la fin du jeu vous devez ENCORE UNE FOIS battre ces boss. Alors certes cette fois-ci ils sont boostés et font beaucoup plus mal. Mais sérieux me taper trois fois les mêmes boss en quelques heures de jeu j’ai bien dû souffler quelques secondes. Et ce n’est pas le fait d’affronter à nouveau ces mêmes boss qui me posait problème mais le timing en si peu de temps qui est problématique. À l’inverse d’un DMC 3 qui sur un seul niveau restreint permettait de les affronter pour continuer.


Pas exempt de défauts Devil May Cry 4 reste à mes yeux comme une suite logique des 3 premiers. Avec un choix fort de ne pas incarner Dante dès le début où on nous force à nous habituer à Nero. Un peu à la manière d’un MGS 2 avec Raiden (sans vraiment qu’on s’attache à Nero qui est une pâle copie de Dante). Mais la mise en scène des boss, les cinématiques, la bande-son et l’ambiance compensent cela fortement. Je pense que le jeu souffre de quelques heures de trop et qu’il aurait mérité d’être moins long. Cependant le grand nombre de points positifs l’emporte sur le négatif et que même si le jeu aurait pu très clairement s’approcher du premier du nom en termes de qualité, il en reste un très bon jeu que je conseille à tous les fans de beat’em’all.

Nevski__
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Créée

le 14 mars 2026

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