Si l’on devait conjuguer l’appréciation réelle d’un jeu au temps passé dessus, Diablo IV se verrait hissé très haut dans ma notation. Sauf que ce serait sans compter sur les mécaniques pernicieuses d’un jeu ayant savamment calculé les petits shots de dopamine qu’il provoque dans des boucles de gameplay au demeurant assez creuses. N’étant pas un surhomme, il m’arrive de me faire avoir.
J’ai donc passé 150h sur Diablo IV en à peu près deux semaines (extensions incluses). Deux semaines où je me suis mal nourri, où j’ai mal dormi, et pas seulement à cause de la canicule, mais à cause de l’effet addictif du soft.
Pourtant, il y a bien du positif à tirer du titre. A l’évidence, si plus aucune des têtes pensantes originelles de Blizzard n’est présente, le studio n’a pas perdu de sa superbe en matière de cinématiques, de narration et de mise en scène. L’histoire est emballante par sa simple plastique irréprochable (ce qui est raconté est autrement assez générique, dans un univers qui l’est tout autant).
Sauf que manette en main, c’est pas le même bousin.
Car Diablo IV est une promenade de santé. Tant et si bien qu’on atteint en quelques heures le niveau de difficulté maximale que nous autorise le jeu avant d’avoir terminé la campagne, et que l’on commence à rouler sur tout ce que l’on nous propose. J’avais l’impression d’être dans un auto-shooter, dans Vampire Survivors quand tu tombes sur un build pété, et ce pour les trois quart de l’aventure. Les enjeux de démons suprêmes et autres entités millénaires peinent donc à convaincre alors qu’en cinq secondes le boss est plié.
Mais on le sait, l’objectif des Diablo est de nous faire passer du temps sur son endgame, alors que l’on débloque enfin les niveaux de difficulté supérieurs.
Et là s’entame une boucle de farming dans l’espoir de tomber sur l’ingrédient de craft ou le morceau d’équipement qui permettra de passer à l’échelon suivant. Du looter shooter qui tourne à vide et demande sans cesse de répéter les mêmes boucles de façon décérébrée. Le même dispositif chimique qu’un Borderlands, sauf qu’ici l’écrin m’attire plus que l’humour crétin de la licence de Gearbox et donc je me fais avoir.
Alors j’ai passé 120h (comptons 30h pour la campagne et les deux extensions) à parcourir des donjons sans âme, à vider des zones de la map de leurs ennemis dans des Helltides, à faire des runs chronométrées dans des souterrains indifférenciables des donjons susmentionnés, à aller affronter des World Boss qui tombent en 3 secondes sous les coups des nombreux joueurs présents… tout cela dans l’espoir d’une RNG favorable qui voudrait bien me donner une rune dont j’ai besoin pour fabriquer un plastron qui me permettra de recommencer la même chose avec un chouïa de difficulté en plus.
A ce niveau là c’est plus du jeu, c’est du travail avec une carotte factice. Jusqu’au craquage, d’un coup d’un seul, et la réalisation de perte de temps monumentale. Fichtre. PowerWash Simulator avait eu l’amabilité de me tenir otage moins longtemps.