Lorsque Dishonored a été présenté pour la première fois, lors de l'E3 2011, j'ai tout de suite été emballé. Face à un Deus Ex-like avec une direction artistique magnifique par les auteurs de Dark Messiah of Might & Magic, comment aurais-je pu ne pas l'être ? Je l'ai donc attendu avec une impatience insoutenable pendant plus d'un an, comme jamais je n'avais attendu un jeu auparavant (sauf peut-être Skyrim). Je me suis jeté dessus Day One, m'attendant à être un peu déçu tant je plaçais d'espoirs dans ce jeu. Et aussi incroyable que cela puisse sembler, je ne l'ai pas été.

Dans Dishonored, on joue Corvo, garde du corps de l'Impératrice accusé à tort du meurtre de cette dernière suite à un complot ourdi par des personnages haut placés de l'Empire. Une fois évadé de la prison dans laquelle il est retenu grâce à l'aide de la rébellion, le joueur va chercher à se venger de ceux qui l'ont piégé et notamment du Lord Régent, principal instigateur du meurtre de l'Impératrice. Pour ce faire, Corvo dispose de pouvoirs spéciaux actifs ou passifs qui lui sont octroyés par l'Outsider, une sorte de Dieu du chaos aux motivations obscures. Se téléporter d'un point à un autre, prendre possession d'un animal ou d'une autre personne, voir à travers les murs, invoquer une meute de rats qui s'en prend à ceux qui se trouvent à proximité... Les possibilités sont nombreuses et il est possible d'améliorer ses capacités grâce à des runes à retrouver lors des missions. Cependant, il faudra faire des choix, impossible de maximiser toutes les compétences lors d'une partie, même en cherchant bien.

L'histoire est sans doute le point faible de Dishonored. Elle n'est ni passionnante ni particulièrement bien contée, assez quelconque en définitive. Mais cela n'est qu'un défaut mineur parce qu'il est rattrapé par une des grandes forces du titres : sa direction artistique. La ville de Dunwall est absolument fantastique. Inspirée principalement de l'Angleterre de la Révolution Industrielle et des dictatures d'Europe de l'Est de la période soviétique, elle jouit d'une ambiance incroyable. Rarement un décors a-t-il joui d'une telle personnalité dans le jeu vidéo. Vivant le début d'une industrialisation basée sur l'huile de baleine comme source d'énergie, on découvre une ville frappée par la peste et munie d'une technologie originale fortement inspirée par les travaux de Nicolas Tesla utilisée par les autorités pour instaurer un régime totalitaire. Le travail livré ici par Victor Antonov est saisissant. Déjà à l’œuvre sur l'excellent Half Life 2, il prouve une nouvelle fois ici tout son talent pour créer une atmosphère oppressante d'État dictatorial, qu'il puise sans doute dans sa jeunesse passée dans l'Europe soviétique. Une véritable performance, d'autant que la technique du jeu n'est pas exceptionnelle.

Une excellente DA c'est bien, mais pour obtenir un grand jeu, il faut également un bon level design. Ici aussi, Dishonored excelle. Les gars d'Arkane ont livré un travail véritablement exemplaire. En Deus Ex-like qui se respecte, une multitude de voies peuvent être empruntées par le joueur en fonction des compétences qu'il a choisi d'acquérir. Un guerrier bourrin pourra évidemment toujours s'ouvrir un chemin en trucidant tout ce qui bouge grâce au système de combat très abouti et nerveux, mais il est également possible de se faufiler tel une ombre jusqu'à son objectif et de repartir sans jamais être repéré. Et il est même possible de terminer sans ne jamais tué personne pour les vrais. De nombreux chemins plus ou moins évidents sont toujours disponibles pour arriver à ses fin, qu'il s'agisse de passer par les toits, les égouts, un cours d'eau ou même en prenant possession des ennemis. Mais le plus agréable est qu'il est presque toujours possible de se tirer d'affaire lors d'une situation compliqué.

En effet, le maniement de Corvo est véritablement jouissif. Extrêmement agile et puissant, il dispose de nombreux mouvements comme la téléportation (seul pouvoir obligatoire), le double saut ou encore la glissade qui lui permettent de se déplacer partout. C'est un vrai plaisir de se déplacer de toit en toit avant de sauter dans le vide pour atterrir finalement sur un appui de fenêtre au loin grâce à une téléportation bien placée. Dommage dans ces circonstances de ne pas trouver en face de soi une IA plus maligne qui nous forcerait à vraiment exploité à fond nos capacités. Celle-ci peut malheureusement être bernée trop facilement et ne remarque pas le joueur dès qu'il se trouve en hauteur. Pas de quoi bouder son plaisir toutefois face à ce titre indispensable pour tout joueur qui se respecte.
Semyaza
9
Écrit par

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Créée

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