La sortie de ce DLC fut l'occasion pour moi de lancer enfin the Dark Ages. Très fan des précédents opus, cet épisode me paraissait être un pas en arrière plus que de côté, impression qui s'est confirmée avec mon expérience: systèmes qui se combinent pas hyper bien, level design et combats un peu moyens et choix discutables côté narratif et esthétique... Sans être mauvaise, j'aurais largement qualifié l'expérience de médiocre si le dernier tiers ne venait pas relever la barre quand quelques synergies se débloquent et que l'action se réveille un peu. Cela me rappelle le travail d'autres studios talentueux sous la nouvelle égide de Microsoft, dont l'identité et la qualité furent écornées par un éditeur qui avait l'air de privilégier le contenu avant le reste et une expérience la plus lisse possible. Cette approche douteuse menant à des décisions plus douteuses encore, la moitié des employés d'id software a été virée au moment de la sortie de ce DLC, qui prend malheureusement des airs d'adieux. Au moins, quand on verra ce qui reste du studio quand il sera condamné à faire du contenu post-lancement pour Halo sous Unreal Engine, on pourra se dire qu'ils seront partis la tête haute.


Comme toujours, le postulat est simple: suite aux évènements de The Dark Ages, Doom Guy s'en va casser la gueule aux big boss de l'enfer; pas de chance, il se fait rouler dessus et finit au purgatoire. Il tombe heureusement sur une lance magique qui ouvrira tout un univers de souffrance pour ses ennemis. L'histoire est quand même mieux racontée et mise en scène que dans le jeu de base, où elle prenait beaucoup de place pour pas grand chose (cocasse quand on se rappelle de l'intro de DOOM 2016). J'ai même lu une ou deux entrées de Codex, c'est pour dire. Mais bon, on sait bien qu'on est pas vraiment là pour ça. Ceux qui causent ici, c'est les flingues.


Si vous avez lancé Eternal, la prise en main de la lance devrait vous être familière. Elle offre la possibilité de dasher qui manquait cruellement au jeu de base et permet d'agripper les ennemis comme avec le super shotgun. Vous pourrez aussi effectuer des coups spéciaux après suffisamment de parades réussies. Avec cette lance, on retrouve les sensations: c'est tout ce qui manquait au moveset de the Dark Arges. Vos options sont multipliées et vous êtes beaucoup plus maître de vos mouvements, permettant d’abandonner les arènes toutes plates de the dark ages et d'offrir un défi plus relevé, mettant cette fois à profit presque tout votre arsenal. Y a encore quelques armes redondantes, mais le panel d'options qui s'offre à vous apparait beaucoup plus comme des décisions qui comptent que comme une préférence selon votre humeur. On retrouve les dances endiablées d'Eternal sans la gestion de ressources qui donnait parfois envie d'ouvrir un tableur excel. Je pense que c'était l'intention de The Dark Ages, mais c'est Revelations, sans doute le meilleur jeu d'action de l'année, qui y parvient avec brio. On pourrait se plaindre d'un roster d'ennemis qui n'évolue pas beaucoup depuis 2016, ou d'un bouclier qui restera au fond de l'inventaire (coller le dash à la lance a sonné son glas pour moi), mais ce serait pinailler.


Les choses ont aussi un peu changé côté exploration. Id a abandonné les grosses maps (qui étaient pas folichonnes) pour offrir exclusivement des niveaux plus classiques en plus d'un HUB. Les secrets ne sont pas bien difficiles à trouver mais ne sont plus placés sur la carte, mettant à profit l'observation. Le gros changement vient des zones indisponibles lors de votre premier parcours. Une fois le jeu fini, vous pourrez revenir faire un chemin alternatif pour accomplir quelques défis supplémentaires. C'est plutôt malin, ça évite de juste vous rebalancer le même niveau à la figure, et le contenu end game en vaut la chandelle, avec quelques excellentes bastons qui pousseront les curseurs au maximum. Malgré un contenu de base plutôt court, le DLC exploite à fond le potentiel de ce nouveau système.


Enfin, bien que je n'accorde habituellement pas beaucoup d'intérêt aux considérations techniques, je voulais porter un peu l'attention sur le moteur id tech dans ce qui sera peut être le dernier titre à l'utiliser, du moins si l'on croit certaines déclarations qui ont fait suite aux licenciements. C'est beau, pas buggé, bien optimisé même quand vous êtes en train de sauter au milieu de trois explosions. L'avantage d'un moteur maison qui rappelle ce qu'on perd au passage général à Unreal. Mais bon, je suppose que Tim Sweeney est sympa.


Doom: the Dark Ages - Revelations (quel titre, franchement,...) est un retour en grâce qui a un goût amer. Alors qu'il monte la capacité peu commune d'offrir un grand jeu vidéo sous l'écosystème Xbox, ce dernier préfère se débarrasser de ses talents plutôt que les cultiver. Mais comment faire autrement quand on veut atteindre 10 millions de ventes avec des jeux fades vendus 80 balles ? Le mystère reste entier. Id aura au moins eu la possibilité de sortir un dernier titre avant le couperet, et nous la chance de s'y essayer.

val990
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Créée

le 18 juil. 2026

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