Sorti initialement sur PlayStation à la fin des années 90, Dragon Quest VII a toujours été considéré comme un monument… mais aussi comme l’un des épisodes les plus exigeants de la saga. Avec Dragon Quest VII Reimagined, Square Enix tente de proposer la version définitive : plus accessible, plus moderne, sans trahir l’ADN d’un JRPG réputé pour sa lenteur et sa générosité.
Le pari est en grande partie réussi. Cette nouvelle version conserve l’essence du jeu original — une aventure fragmentée où l’on restaure des îles disparues grâce à des tablettes anciennes — tout en modernisant son rythme. Les combats aléatoires disparaissent presque entièrement au profit d’ennemis visibles sur la carte, la téléportation et la course accélèrent les déplacements, et les combats automatiques facilitent le farming. Résultat : l’aventure reste longue, mais elle devient nettement plus digeste.
Il faut tout de même s’armer d’un peu de patience. Malgré les améliorations, Dragon Quest VII reste un jeu au tempo volontairement lent, construit autour de nombreuses histoires locales et d’une progression qui prend son temps. Certaines mécaniques héritées du passé paraissent aujourd’hui un peu datées, et la répétition visuelle des PNJ ou du bestiaire peut parfois casser l’immersion.
Heureusement, le remake se rattrape sur de nombreux points. La direction artistique adopte un style proche du diorama avec des personnages façon poupées très réussis, l’OST réorchestrée fait honneur à la série et le système de vocations reste l’un des plus riches de la licence. Avec ses nombreuses options de confort — difficulté modulable, accélération des combats, résumé de l’histoire au lancement — le jeu cherche clairement à accueillir un public plus large.
Au final, Dragon Quest VII Reimagined n’est pas une révolution, mais probablement la meilleure manière de découvrir cet épisode mythique. Plus court que ses versions précédentes sans être pour autant expéditif, il conserve ce mélange unique d’exploration, de narration fragmentée et de progression sur le long terme.
Un JRPG généreux, parfois archaïque, mais toujours capable de créer un véritable sentiment d’aventure.