Reprenant le principe général de Monster Hunter (licence florissante au Japon de « chasse aux monstres »), Dragon's Dogma plonge le joueur dans un univers très occidentalisé, avec un mélange de créatures issues de la mythologie grecque (harpies, cyclopes) et du bestiaire médiéval fantastique. On incarne un personnage qui en tentant de sauver son village de l'attaque du dragon, se voit arracher son cœur par la créature ! Survivant à cette épreuve traumatisante, le héros (ou héroïne) hérite du titre d'Insurgé(e), chargé de vaincre le dragon. On ne tarde pas à découvrir qu'il y a une longue lignée d'insurgé(e)s et qu'on a le privilège d'être accompagné par un serviteur loyal appelé « pion ». 2 autres pions, « prêtés » online par les autres joueurs ou issus du jeu, peuvent être adjoints. Ils ne seront pas de trop face aux hordes de créatures qui surgiront dans un monde ouvert dense mais relativement restreint (1 village et 1 ville, quelques campements épars, quelques donjons) où la progression sera liée au niveau de l'équipe, des ennemis trop forts faisant office de barrage. Le principal intérêt du système de combat, très dynamique, surgit dans les combats contre les plus grosses créatures, qui seront plus délicats à négocier. Il faudra exploiter les points faibles et grimper sur leurs dos ! Cela permet des passages d'anthologie, où les personnages luttent de manière acharnée une nuit entière contre des meutes d'ennemis ! Ces combats jouissifs sont la grande force du titre. Le reste est un peu moins exemplaire ...
La réalisation est hoquetante, avec quelques ralentissements et des problèmes techniques envahissants (la végétation qui « poppe » , l'aliasing). Dommage car la direction artistique est très bonne, tandis que l'animation est également excellente. Les créatures les plus grandes se meuvent avec autant de réalisme que possible.
Le background est intéressant, avec la nature des pions, l'immuabilité du dogme du dragon et les intrigues politiques, mais hélas, la mise en scène et l'écriture sont très médiocres, et l'histoire est aussi insignifiante que dans Kingdoms of Amalur. Les quêtes secondaires ne sont pas plus intéressantes, se contentant d'être des quêtes FedEx (tuer X monstres, ramasser Y objets). La fin se révèle plus surprenante, mais le jeu se transforme en hack'n'slash plus fastidieux.
Alors, pourquoi malgré ces défauts, ai-je adoré le jeu ? Parce qu'il réussit à être toujours amusant, à être exigeant sans être cruel. Dragon's Dogma, c'est un défouloir dans un univers fantastique, où le fond est plus important que la forme. J'ose à peine imaginer une suite sur des machines plus évoluées techniquement ...