L’histoire de Dreadline Express se déroule au milieu du XXe siècle, à bord du tout dernier train humain.
Après avoir subi une terrible désolation de type lovecraftienne, la Terre est devenue un désert. Un petit groupe des derniers survivants de l’humanité parcourt ce monde mort à bord d’un vieux train à vapeur.
On incarne Samuel, un pharmacien qui se réveille à bord d'un train inarrêtable, sans sa famille, dans un monde baigné de rouge où rôdent des créatures inquiétantes aux fenêtres. Pour une fois, on ne sera pas tenté de biser les vitres pour s'échapper.
Dreadline Express associe un gameplay d'exploration riche avec une utilisation narrative originale de cartes. Il nous incombera de percer les mystères de ce train énigmatique, de nous confronter à d’étranges passagers tout ça dans le but de suivre notre propre chemin.
Dans cet univers sombre et en déclin, notre protagoniste va explorer les histoires de ses camarades de route, ou ce qu’il en reste. Il faudra ainsi tisser des liens entre des éléments disparates et découvrir par nous même des vérités plus profondes, peut-être même le salut.
Dreadline Express - The Last Train
Dreadline Express nous pousse à découvrir de nouveaux faits et liens entre les passagers ainsi qu'avec le reste du monde. En obtenant des cartes qui représentent les connaissances que l'on aura acquises et en les combinant à notre guise, on choisira notre propre cheminement au sein de l’histoire.
Avant d'en arriver là, il va nous falloir nous sortir de notre première situation d'urgence, à savoir survivre à ce qui semble être une sorte de sacrifice de passager. Un tirage au sort semble avoir été effectué, et nous avons été sélectionnés, semble-t-il!
Dreadline Express va alors nous apprendre, de façon brillante, à observer notre environnement (un simple compartiment de train et à en extraire des cartes magiques qui semblent provenir de notre mémoire et de nos expériences passées.
S'ensuit un tutoriel bien fichu qui va nous montrer comment extraire les cartes, les prendre en main et les utiliser sur des objets et autres personnages du jeu. Il sera même possible de cumuler plusieurs cartes entre elles.
Une fois parvenu à nous extraire de notre cabine en vie, on pourra enfin faire connaissance avec les différents personnages de Dreadline Express et le moins que l'on puisse dire, c'est que le casting est particulièrement intéressant.
L’atmosphère globale est rude, aigre et peu accueillante. Les yeux des voyageurs survivants étincèlent d’une lueur étrange et ils semblent tous en proie à un profond désespoir. Vous allez me dire que, dans un univers aux relents de Lovecraft, c’est logique. L’inverse aurait été surprenant.
Nighttrain
Côté gameplay, Dreadline Express propose un concept de communication par le biais de cartes. On en récupère une par une au fil de notre partie ainsi qu'à chaque nouvelle révélation. Chacune porte un mot ou une formule précise, lié à un passager, au train lui-même ou directement au monde qui défile derrière les vitres.
On fera ainsi la connaissance de tout un panel de personnages originaux et dont on peut être certain qu'ils ne sont pas ce qu'ils semblent être de prime abord. Soyons clairs, ils ne sont pas très nombreux, mais relativement bien écrits.
Dreadline Express nous fera clairement ressentir un certain malaise avec certains, que ce soit un mathématicien directement lié à la construction du train, une vieille dame qui semble atteinte d'Alzheimer ou encore d'un jeune homme très porté vers l'occulte et l'au delà.
Bien entendu, hors de question de divulgâcher quoi que ce soit sur l'intrigue et sur certains personnages, le mieux étant d'essayer la version de démonstration ou d'acheter le jeu et d'y jouer pendant moins de deux heures pour vous faire une idée précise de ce à quoi vous attendre.
Pour avancer dans Dreadline Express, il faudra trouver toutes les cartes possibles pour ensuite les montrer à un personnage une à la fois ou en associer plusieurs. On ne peut avoir que trois cartes en main. À nous de trouver les bons assemblages pour résoudre les questions les plus complexes.
Le jeu ne se limite toutefois pas à un simple jeu d'assemblage chanceux de combinaisons de cartes, il y a une histoire à découvrir, des mystères à aller chercher, mais également des choix importants à faire à certains moments de notre aventure.
Tickets please
Dreadline Express chaque décision prise sera définitive et irréversible, à nous donc de bien réfléchir à ce que l'on va comprendre de différentes situations. Il y aura toujours plusieurs solutions possibles et, de fait, plusieurs voies narratives à notre périple.
Petit point important, sachez qu'il n'y a pas de sauvegarde manuelle, cela va donc impliquer que nos choix resteront effectifs sur toute la durée de notre partie. Pour tous ceux qui détestent devoir choisir sans avoir de possibilité de faire machine arrière, ce jeu n'est peut-être pas fait pour vous.
Dreadline Express va nous faire cogiter entre ce que l'on peut dire aux voyageurs avec notre utilisation de cartes. On pourra gagner leur confiance, mais aussi alimenter leur défiance envers ce monde et nous-même.
Difficile de trop en dire sans gâcher la surprise, mais sachez que le jeu n'est pas avare en textes et en récits complexes. Vu le contexte global du jeu, on pouvait se douter que rien ne serait simple et que l'histoire nous réserve quelques surprises.
Dreadline Express dispose aussi d'une direction artistique au top avec une réalisation graphique qui fera indubitablement penser à des jeux comme Threshold, Arctic Eggs, CARIMARA: Beneath the forlorn limbs ou encore Mouthwashing. C'est en parfaite adéquation avec l'univers du jeu et cela donne une vraie touche horreur indépendante qui fait mouche ces dernières années.
Concernant la partie musique et environnement sonore, elle apporte un réel plus à l'expérience de jeu. C'est remarquable de voir tout ce que peut produire une toute petite équipe de développement en trois ans, que ce soit en matière d'idée de base et de direction artistique, certes à la mode, mais qui parvient à rester unique.
Oui oui go!
Dreadline Express n'est pas un jeu d'horreur classique, on est vraiment plus dans un Walking Simulator mixé avec un jeu d'enquête et de déduction. Même si l'univers semble pesant et mystérieux, le jeu se révèle assez linéaire (peu d'espace d'exploration) et limité dans son approche d'enquête.
Le jeu compte 10 succès à son actif et une bonne partie sera débloquée en jouant et ils sont déductibles ne serait-ce qu'en lisant leur intitulé. La durée de vie du jeu est assez aléatoire, elle peut varier de deux heures pour aller jusqu'à 4 heures pour en faire le tour.
Dreadline Express est disponible en anglais, français et d'autres langues dans les textes. Je n'ai pas remarqué de problème sur la traduction française, mais j'ai surtout joué au jeu en anglais afin d'être certain de bien comprendre tous les indices et l'histoire du jeu. Il y a toutefois une mise en garde sur la page Steam indiquant que les traductions sont provisoires.
Le gros problème du jeu consiste surtout dans le manque de sauvegarde manuelle, certainement prévu comme cela aux origines du projet, mais aussi dans le côté parfois complexe et illogique dans la façon d'obtenir certaines cartes.
Côté exploration, le train se limite à un seul wagon, alors même que l'on apprend qu'il en existe d'autres! Chaque wagon étant sous la garde de son propre contrôleur, le reste du train n'est pas accessible. C'est dommage et un peu frustrant.
Dreadline Express est un jeu que j'ai apprécié, il est beau doté d'une excellente histoire, d'un concept d'enquête unique et d'une direction artistique au top. C'est juste dommage qu'il soit si court et que la re jouabilité ne soit pas au rendez-vous même après l'avoir terminé.
On peut toujours vouloir essayer de nouveaux choix, mais le jeu en vaut-il la chandelle ? J’ai des doutes à ce niveau-là.