Il y a beaucoup de choses dans Dusk qui cherchent à titiller votre nostalgie : l’écran de démarrage est une parodie de DOS, la police de caractère imite celle de Quake, les murs à détruire sont signalés par des fissures sur les murs comme dans Duke Nukem 3D... Enfin le jeu est présenté sous la forme de trois épisodes indépendants, séparés par un court texte narratif, comme à la grande époque.
Le premier épisode possède la meilleure ambiance à mes yeux : on atterrit dans la campagne profonde américaine, un peu à la Redneck Rampage, mais en bien plus horrifique. C’est ultra-glauque, et le jeu soigne sa narration environnementale pour vous faire vivre une histoire rien qu’en traversant les décors (et en lisant les trucs glauques tagués sur les murs en lettres de sang). Ça fait très Jonestown chez les hillbillies, et ça m’a vraiment séduit !
Le second épisode se déroule dans un complexe militaro-industriel moins séduisant de prime abord, mais ça permet un hommage encore plus appuyé à Quake, et la corruption croissante des environnements traversés permet d’appuyer de plus en plus le côté folie / horreur, ça rend trop bien !
Mais c’est dans le troisième épisode que le jeu développe le plus sa propre identité, en sombrant à fond dans la démence : plans parallèles démoniaques, mélange des temporalités, architecture titanesque, et revisite cauchemardesque des premiers niveaux du jeu comme dans le final d’un Silent Hill.
Le tout est soutenu par une musique intelligente qui ne peut que faire penser aux Doom récents, avec son alternance entre sons ambiants pendant l’exploration et metal-qui-tâche pendant les combats.
Bon les décors et l’ambiance c’est bien cool, mais quid du gameplay ? Eh bien il est impeccable le gameplay mon bon monsieur : toutes les armes sont intéressantes, ont un vrai punch (le super Shotgun et le fusil de chasse sont mes chouchous) et s’adaptent plus ou moins bien à tel ou tel ennemi (sans sombrer dans le 1 arme = 1 type de monstre façon Doom Eternal). Des ennemis qui sont également tous intéressants, sans qu’aucun d’entre eux ne puisse être considéré comme « basique » : il y a les lents, les rapides ; ceux qui se combattent de près, de loin ; ceux qui lancent des projectiles plus ou moins rapides, bref c’est varié, ça représente un vrai challenge (en « Cero Miedo » pour ma part), et c’est excellent !
Le tout est servi dans des environnements au level design excellent, qui vous offrira pendant plus de 30 niveaux des affrontements à faire pâlir de jalousie des jeux d’action au budget infiniment plus important.
Pour pinailler, je trouve que le jeu aurait pu avoir une carte ingame, même s’il est vrai que le level design est tellement bon qu’on s’en passe très bien ; que certains boss sont pas terribles (Jakob, quelle plaie !) ; et enfin l’histoire devient un peu cringe sur la toute fin, pas aidée il est vrai par un doublage très amateur.
Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est une vraie pépite que ce Dusk, si vous aimez un tant soit peu les FPS et / ou l’horreur jetez-vous dessus, vous devriez pas être déçu !
18/20
PS : Après avoir fini le jeu je me suis pris à rêver à une sorte de « détecteur de secrets » ingame, afin de refaire tous le niveaux en mode facile pour trouver tous les secrets du jeu. Parce que tourner en rond en scrutant les textures ou en s’accroupissant sous chaque meuble en spammant E, c’est toujours aussi peu fun qu’en 1993.