Écoutez-moi bien les amis : Eclipsium m’a ému aux larmes, et c’est pourquoi il part directement dans les 9, voire 10 sur 10, tant ce jeu frôle selon moi la perfection.
Il faut déjà savoir que j’ai un énorme attrait pour les jeux d'atmosphère un peu contemplatifs, surtout lorsqu'ils sont hyper imaginatifs et qu’ils mêlent le surréalisme à une vraie dimension poétique. Le titre coche absolument toutes ces cases avec une vraie maîtrise : tout paraît cohérent et pertinent de bout en bout. J’étais clairement prédisposé à l'adorer.
La musique aussi, putain... et plus largement tout le sound design ! L'ambiance sonore te plonge immédiatement dans cet univers, et c’est en grande partie grâce à elle qu'Eclipsium m’a aussi profondément touché.
Côté histoire, l'approche est très abstraite dès le départ et on peut facilement peiner à en saisir le sens premier. Personnellement, j'aime beaucoup la façon dont le jeu nous invite à interpréter le propos par nous-mêmes : même si c’est cryptique, ce n’est jamais un bordel gratuit qui part dans tous les sens. Le jeu sème suffisamment d'indices visuels pour donner matière à réfléchir et nous laisser construire notre propre lecture.
Tout au long de ma partie, j'ai cherché à assembler les pièces. Je me trompe peut-être, mais selon mon interprétation, on incarne quelqu’un plongé dans le coma, et plus précisément, on traverse le rêve qu'il fait durant ce coma. Plusieurs éléments poussent dans cette direction, notamment tout ce décor chirurgical que l’on retrouve à chaque réapparition et lors des moments phares de l'aventure.
La manière dont cette lutte intérieure est dépeinte est je trouve hyper poétique, de la direction artistique jusqu'aux mécaniques de jeu : à travers ce rêve, on a viscéralement l’impression de se battre pour survivre, et cette façon de devoir sacrifier ses propres membres pour continuer d'avancer dégage quelque chose d'assez beau.
Quant à la femme qui nous apparaît régulièrement, je l'ai vue comme la mère du protagoniste : elle dégage une aura menaçante au premier abord, mais finit par nous aider à poursuivre notre route. La fin, attention spoiler, m'a d'ailleurs conforté dans cette idée, au moment où notre personnage finit par la serrer dans ses bras.
Bref, merci pour ce pain béni.