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le 23 janv. 2014
SuivreUn RPG à la coréenne
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Final Fantasy – 30 heures de combats aléatoires pour sauver sa culture vidéoludique
« Garland, a knight once in His Majesty’s service, has abducted Princess Sarah. »
I. De l’Escroquerie Anniversaire et de la Fente à UMD
Il est des traditions dans l'industrie vidéoludique qui forcent le respect par leur audace mercantile. J'ai découvert cet acte fondateur de la saga sur PlayStation Portable, à la faveur d'une réédition célébrant les vingt ans de la franchise. Naïf que j'étais, je m'attendais à un festin. Square Enix, dans sa grande mansuétude, nous a servi un simple portage lissé de la version PS1/GBA, vendu au prix fort d'un jeu PSP standard. Le vice absolu ? Contrairement à la cartouche Dawn of Souls sur Game Boy Advance qui offrait le premier et le second volet pour le même prix, cet UMD n'en contenait qu'un seul. Appelons un chat un chat, et un coup marketing une franche sodomie, sans le moindre euphémisme ni la politesse d'un crachat préalable sur la vaseline. Mais passons, car il faut bien séparer l'œuvre de l'escroc qui la vend.
II. Des Héros Anonymes et de l'Inanité Scénaristique
Ne soyons pas trop cruels : nous sommes en 1987. À cette époque préhistorique, l'encéphalogramme d'un scénario de RPG était aussi plat que la poitrine de Jane Birkin. Les ténèbres envahissent le monde, point barre. On nous lâche quatre "Guerriers de Lumière", de parfaits nonames dénués de passé, de présent et de personnalité. C'est à vous de modeler cette glaise informe en choisissant parmi six jobs : Mage Blanc, Noir, Rouge, Guerrier, Voleur ou Moine. Est-ce là la volonté de nous offrir une customisation avant-gardiste ou simplement la générosité d'un développeur qui avait la flemme d'écrire des backgrounds ? Le mystère reste entier.
L'intrigue n'est qu'un enchaînement de péripéties qui deviendront les clichés fondateurs du genre : secourir une donzelle en détresse (la fameuse princesse Sarah), dénicher un rafiot, réveiller un prince narcoleptique, traverser un volcan en suant à grosses gouttes… Le train-train habituel du héros qui n'a pas inventé l'eau tiède mais qui s'apprête à sauver l'univers.
III. Du Harcèlement Aléatoire et des Fondations de l'Église
Mais ne nous y trompons pas, ce titre a posé les fondations vertigineuses de la chapelle Final Fantasy. Tout y est, à l'état embryonnaire : le tour par tour (Attaque, Défense, Magie, Objet), les cristaux, la dichotomie simpliste entre Lumière et Ténèbres, le chara-design iconique, et même les premières apparitions — via les ajouts des portages — d'un certain Cid ou du truculent Gilgamesh.
Là où l'expérience vire au supplice de Tantale, c'est dans son exécution. La version PSP reprend les tares structurelles de ses ancêtres, à commencer par le taux de combats aléatoires. Mes aïeux, c'est une véritable curée ! Vous ne ferez pas cinq pas sans vous faire agresser par une meute de gobelins névrosés. Voilà comment, dans les années 80, on palliait le manque de mémoire cartouche pour gonfler artificiellement la durée de vie : en vous noyant sous un déluge d'affrontements à la chaîne ou en vous opposant une difficulté absconse.
IV. Du Masochisme Optionnel et de l'Archéologie Ludique
Malgré ce harcèlement monstrueux, ce premier opus reste le plus court de la saga numérotée, se bouclant en une petite trentaine d'heures. Le portage inclut généreusement les donjons bonus de Dawn of Souls, destinés aux sado-masos du grinding. J'ai personnellement passé mon tour avec le mépris souverain d'un critique pressé : une fois le "scénario" (notez les guillemets) achevé, me taper un labyrinthe sans enjeu narratif juste pour le plaisir de m'abîmer les phalanges sur des boss sacs à PV, très peu pour moi. J'ai une vie, une libido à entretenir, et d'autres jeux à fustiger.
Faut-il pour autant jeter cette antiquité aux oubliettes ? Que nenni. Final Fantasy I est une œuvre surannée, une pièce de musée qui devait être une gifle magistrale à l'époque. Y jouer aujourd'hui relève de l'archéologie ludique, un devoir de mémoire pour sa culture personnelle. Il faut savoir se faire un peu violence pour admirer la construction de ce monde et son bestiaire séminal. Fort heureusement, c'est une purge nettement plus digeste que d'essayer de finir les premiers Metal Gear sur MSX (que je n'ai jamais pu terminer, que Kojima me pardonne). Et si la difficulté vous rebute, la solution est universelle et millénaire : fermez votre gueule, farmez, et faites du level up, haha !
Verdict : 6.5/10
Une relique qui a salement vieilli, plombée par des combats aléatoires hystériques, mais dont la valeur historique excuse bien des maux. À faire une fois dans sa chienne de vie pour comprendre d'où viennent les cristaux.
« When darkness veils the world, four Warriors of Light shall come. »
D'autres critiques à lire ici → https://onanistevideoludique.blogspot.com/
Créée
le 15 juil. 2026
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