Mon premier Final Fantasy, qui a révolutionné ma vie de joueur qui découvrit ce qu'était un véritable J-RPG. Après des années depuis la dernière fois où j'y avais joué, voilà que les soldes Steam m'ont permis de re-découvrir ce titre qui à mon goût, n'a pas pris une ride (ou peut-être quelques pixels).
Quand on dit que lorsqu'un jeu devient culte, on cristallise chaque aspect dans sa mémoire, c'est bien vrai. Cette version PC m'a en premier lieu rebuté pour des éléments mineurs. Le fait que les personnages en pixels de ma PSOne soient devenus tout lisse, tout propre après le passage à l'ordinateur. Secondo, que la police d'écriture style "à l'ancienne" ait été remplacé par une nouvelle plus grossière. Des détails ... mais quand on joue à un jeu par nostalgie, c'est fou ce que ces détails peuvent brusquer le joueur.
Mais bon, on s'y fait, et on finit par s'habituer à ces petits changements. Et s'y attarder serait s'empécher de profiter de ce fabuleux jeu qu'est ce Final Fantasy.
Retrouver tous ces personnages et leurs problèmes existentiels (à raison d'être), et voir comment les événements du jeu les bouleversent ou leur apportent des réponses, ou de nouvelles questions. Si certains personnages sont toujours aussi palpitants(Bibi un jour, Bibi toujours), d'autres m'ont permis de les voir sous un meilleur jour. J'avais toujours de l'affection pour Dagga, mais je me suis rendu compte à quel point pour une fille de seize ans, il était certain qu'elle finisse par flancher sous la pression. Le second personnage qui ne m'avais jamais plu, et qui m'a également semblé intéressant fut Steiner, cet homme d'âge mur, ayant un travail à responsabilité, et fidèle à son poste, qui doit faire face au fait qu'il défend le mauvais camp. Si à l'époque je le trouvais franchement agaçant, c'est sous un nouveau jour que ce personnage m'est apparu.
Au final, il me faudra peut-être quinze autres années pour m'intéresser à Tarask et enfin le jouer ... Ou à jouer Kweena et enfin trouver ne serait-ce qu'un soupçon d'intérêt à l'histoire de ce personnage qui se résume à une rêve à la "JeveuxêtreHokagecommeNaruto".
Les scènes cinématiques fonctionnent toujours. Il faut dire qu'ils avaient mis le paquet à l'époque. Et entre les incroyables royaumes qui nous sont présentés, et l'invocation des chimères, toujours aussi grandioses, la sauce prend encore. Et je dois dire que ces scènes muettes permettent, dans un jeu finalement très très bavard, de transmettre des émotions simplement par le regard. Et ça, c'est toujours fort pour un jeu sur Playstation.
Pour ce qui est de l'histoire, indémodable. Et comme tous les Final Fantasy, ça va loin, très loin, toujours plus loin. Le principal défaut qui me titille à présent est le credo incessant du héros sur "le pouvoir de l'amitié" qui nous a été servi encore et encore et encore dans la majorité des œuvres japonaises grand public de ces dernières années. Parfois, on aimerait qu'un personnage ne surpasse pas ses angoisses simplement parce qu'il croit en ses amis (encore heureux que Dagga est là au final). Après, l'oeuvre nous offre tout de même de nombreux éléments de réflexion, pas forcément clair mais qui laissent la part à la discussion. Qui était vraiment Darkness ? Qu'est devenu le Bibi original ? Kweena a t'elle atteint sa quête de goûter tous les plats du monde ?
Pour ce qui est de l'univers cependant, niquel. On débute sur un continent disposant de plusieurs royaumes, chacun avec son identité propre. Et ça dégénère avec tous les drames qui vont avec, mais sans oublier de conserver une touche d'humour pour garder le tout assez fun. En vérité, je trouve quand même que plus on avance dans le jeu, notamment après le CD3, et moins nous retrouvons ce développement de l'univers. Si le CD1 nous fait découvrir les peuples du continent de la Brume, et le CD2 les tribus et l'histoire antique du continent extérieur, les deux autres continents sont bien pauvres en ce qu'ils apportent à l'univers. Quelques cités perdues dont l'origine reste mystérieuse, mais rien de plus. Dommage. Mais bon, l'univers proposé reste cependant cohérent, et tout de même bien fourni.
Et également, l'un des points forts du jeu : les quêtes secondaires. A une époque où nous avons des jeux à monde ouvert avec 3000 quêtes secondaires, je m'étonne de m'intéresser encore de près aux quelques chasses aux trésors d'un FF. Que ce soit celle des Chocobos, Gaïa, les compétences, les enchères, les pierres stellaires, le jeu de cartes, la mog-poste, c'est incroyable comment nous sommes amenés à errer de part et d'autres sur la carte simplement pour une attaque spéciale, quelques lignes de dialogue supplémentaires, ou simplement la satisfaction d'avoir battu le boss optionnel le plus puissant du jeu. Et à présent, avec les succès Steam, c'est encore plus fou.
Enfin bref, une grosse cinquantaine d'heures, des combats à l'ancienne, au tour par tour ... et franchement indémodable encore et toujours.