Je crois que peu de jeux avaient autant la charge de bien faire. Final Fantasy VII, c’est un monument, une de ces pierres angulaires du RPG qui a bouleversé des générations, et un remake, c’est une promesse immense. Celle de faire revivre ce mythe avec les moyens d’aujourd’hui, de le sublimer, de le rendre à la hauteur de nos souvenirs. Pour ça, le Remake avait tout ce qu’il fallait en main, budget, technologie, compositeur d’origine, soin extrême apporté à l’univers de Midgar.

C’est un jeu qui coche presque toutes les cases… Sauf la plus importante pour moi, le plaisir de jouer.


J’ai tenu une douzaine d’heures, ce qui est déjà pas mal pour un titre aussi attendu. Mais très vite, l’ennui s’est installé. Un ennui profond, tenace, presque étonnant au vu de la somme d’efforts artistiques investis. Tout est là, et pourtant rien ne m’a vraiment happé. Je n’ai jamais réussi à entrer dans le rythme, ni à m’attacher à cette nouvelle version du récit, car bien trop longue sur des détails et des personnages insignifiants!

La mise en scène bavarde, souvent théâtrale, avec des dialogues qui peinent à respirer. Il y a quelque chose d’étrangement figé dans les interactions. Les personnages semblent souvent réciter leurs textes au lieu de vraiment exister. J’ai eu du mal à croire à leurs relations, à sentir la spontanéité des échanges. Même les moments censés être poignants tombent parfois à plat, noyés sous une couche d’artificialité. C’est joli, c’est propre, mais ça manque de nerf, de naturel, d’accident.


Ce qui rend le cas de Final Fantasy VII Remake si particulier, c’est qu’il ne se contente pas d’être un remake au sens classique.

Il est pensé comme un projet à tiroirs, une réécriture, presque une méta-réflexion sur la mémoire du joueur. Dans l’absolu, c’est passionnant. Mais pour ça, il faut réussir à maintenir le lien affectif, à entretenir la flamme entre deux révélations. Or ici, j’ai eu la sensation que le jeu s’adressait davantage à mon souvenir qu’à mon plaisir immédiat. Comme s’il me disait constamment "Tu te souviens ? C’est ça, mais en mieux." Sans jamais vraiment chercher à me surprendre autrement qu’en gonflant les coutures.

C’est d’autant plus frustrant que sur le papier, le jeu fait beaucoup de choses bien. C'est très beau et le gigantisme rend l'univers fascinant!


Le système de combat, je l’ai trouvé séduisant au début, mais plus je progressais, plus il m’est apparu comme terriblement rigide. Ce mélange d’action et d’ATB donne l’illusion d’un système tactique et riche, mais très vite, on comprend qu’il y a trop peu d’options réelles pour s’exprimer autrement qu’en enchaînant mécaniquement les mêmes actions. On est face à un beat'em all déguisé, où les combats finissent par se ressembler, malgré les effets visuels et l’intensité affichée. On jongle peu, on subit souvent, et surtout, on ne ressent pas cette montée en puissance ou de plaisir renouvelé au fil du jeu. Le système donne l’impression d’être profond… mais ne l’est pas. Ou en tout cas, il ne récompense ni l’expérimentation, ni la finesse.


Autre gros soucis pour moi.... La structure de l'aventure...

Le choix de découper l’aventure originale en plusieurs volets, en s’attardant uniquement sur Midgar, transforme ce qui était une intro de quelques heures en une épopée de 30 heures... sur des couloirs. Le level design est souvent trop linéaire, les objectifs secondaires n’ont aucun intérêt narratif ou ludique, les phases de remplissage sont légion. On étire, on digresse, on fait durer. Le pire, c’est qu’on le sent. J’ai eu cette impression désagréable de jouer à une version gonflée artificiellement, où chaque détour semble ajouté pour gagner du temps, sans apporter de valeur.

Les quêtes secondaires méritent à elles seules une critique, tant elles illustrent le problème de fond du jeu. Ce ne sont pas des respirations narratives ni des prolongements de l’univers, ce sont des tâches. Aller chercher des chats, tuer trois rats, aider un PNJ oublié... J’ai rarement ressenti une telle absence d’implication dans des contenus annexes. Le pire, c’est que tout est présenté comme si c’était important. On te fait croire que ça participe à l’immersion, alors que ça ne fait qu’ajouter des couches de remplissage dans un jeu déjà engorgé de cinématiques et de détours forcés.


Et pourtant, il y a des moments de grâce. Visuellement, c’est parfois somptueux. Les reflets, les jeux de lumière, le design de Midgar... tout est cohérent, solide, fidèle. La bande-son est sublime, avec ces réorchestrations qui réactivent la nostalgie sans jamais tomber dans la redite stérile. Aerith et Tifa bénéficient d’un vrai travail d’écriture, Cloud gagne en humanité. Ce n’est pas une trahison de l’original, c’est même une relecture très respectueuse. Mais tout ça s’écrase sous le poids d’un rythme faussé, de dialogues parfois interminables, de missions qui ne servent à rien, et d’une linéarité pesante.

Dommage car, même s'ils peuvent être un peu mièvres, j'ai apprécié ces personnages et leurs relations, surtout grâce à ce remake!


Je sais que beaucoup ont adoré. Que ce remake a su convaincre des fans de la première heure comme des nouveaux venus. Je ne leur enlève rien et au contraire, j'en suis le premier ravis!


Mais moi, je n’ai pas réussi à m’y plonger.

J’y suis resté extérieur, spectateur frustré, sans vraie connexion ni émotion. Et à mesure que les heures passaient, je me suis retrouvé à soupirer devant mon écran, à lancer une session en me demandant combien de cinématiques creuses ou de couloirs sans enjeu j’allais devoir subir avant un moment marquant.

Lancer le remake d'un jeu aussi légendaire, avec les soupirs et l'envi d'avancer en pensant avoir un peu plus d'ouverture sur le monde et son système de jeu, pour n'être finalement, que l'intro du jeu de base... Je ne pouvais pas m'y résoudre...

Alors oui, Final Fantasy VII Remake est un jeu bien réalisé, techniquement maîtrisé, respectueux de son héritage. Mais ce n’est pas un jeu que j’ai aimé jouer. Et c’est sans doute là le paradoxe le plus cruel. Quand un jeu a tout pour réussir, mais qu’il oublie en route ce qui fait le sel de l’expérience, la tension, l’envie, l’élan. Il m’a manqué cette magie qui me pousse à relancer une partie, à m’absorber dans l’univers, à penser au jeu même après avoir éteint la console. Pour un titre de cette envergure, c’est un immense rendez-vous manqué.


Je vous offre une petite réflexion finalement à ma critique...

Vous vous rappelez de moment tendre dans votre enfance? On a tous des passages qu'on adore se remettre en tête et parfois, il peut même s'agir de la découverte d'un jeu. Maintenant, imaginez que pour les revivre, vous êtes aussi obligé de revivre, les pénibles heures de conduite sur le siège auto', les passages d'attentes et autres moments oubliables...

Ce remake les a créés ces moments, il les a rajouté, en croyant étoffer un lore, il l'a juste étouffé.

KumaCreep
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Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes E3 2015 : les jeux les plus marquants et Les meilleurs jeux vidéo de 2020

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le 22 juin 2025

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KumaCreep

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