Flashback s'inscrit, aux côtés de Another World, dans une volonté de transformer l'industrie videoludique à une époque où les variétés de genre de jeux sont encore minimes et ce, malgré les capacités graphiques très poussées qu'offrent les consoles vers 92.
Mais en 91, Another World repense entièrement la façon de jouer à un jeu, et Flashback lui emboîte le pas un an après, devenant une des références majeures de l'ère 16-bits. Outre les graphismes qui, pour l'époque, sont incroyables, c'est avant tout dans sa narration et son gameplay que les deux titans font passer un bond de géant à tout un secteur encore galvanisés aux beat them all, plateformer et RPG. En portant l'histoire à un niveau bien plus conséquent, proche du modèle triple A de notre époque, Flashback illustre un modèle de déplacement du personnage devenu iconique, que d'autres jeux comme Prince Of Persia avait déjà initié. On ressent ici toute la pesanteur du protagoniste dans chacun de ses mouvements, dans ses sauts calculés, dans sa façon de dégainer son arme... Et pourtant, il s'en dégage un dynamisme impressionnant pour l'époque, d'une fluidité tout simplement sans pareil.
Au travers d'un scénario influencé par les plus grands films de SF, notamment Total Recall, cette quête de souvenirs cherche à être parfois contemplative, et le jeu se veut extrêmement lent dans son exécution, dans un total contre-pied des jeux Arcade.
Techniquement exceptionnel pour l'époque, avec un scénario prestigieux et de grandes ambitions, Flashback est un des monuments de l'histoire du jeu vidéo, et s'il peut paraître avoir vieilli, il reste pourtant un immanquable, une référence culte, un indetrônable d'une époque et l'amorce de toute une autre, que ce soit dans ses déplacements calculés rappelant un Tomb Raider, que dans son scénario triple A.