Le 12 février 2026, Sony diffuse un State of Play présentant de nombreuses sorties à venir sur Playstation 5. La dernière qui a le mérite de surprendre tout le monde est God of War : Sons of Sparta. Metroidvania où l’on incarne le jeune Kratos en Grèce, avant la première trilogie. Le jeu semble développer les origines du jeune spartiate, ainsi que celles de son frère, Deimos. Les deux bonhommes sont missionnés pour retrouver Vasillis, un camarade qui a disparu. Qu’est-ce que Sony est allé s’empêtrer dans ce projet ?


Nombreuses sont les lacunes du jeu. On a l’impression de découvrir un jeu qui a 15 ans de retard, avec quelques concepts de jeux modernes. Pourtant, les développeurs ont-ils joué à Ori, à Hollow Knight ou à Blasphemous ? Le maniement est lourd et brouillon, avec des hitboxs approximatives. Il n’est pas rare d’être pris entre deux ennemis et de se faire enchaîner sans rien faire pendant quelques secondes, ou encore d’être coincé entre un monstre et un mur. De quoi rappeler certains films pour adultes. Même le fait de prendre des dégâts au contact des mobs me semblait décalé par rapport au jeu. D’ailleurs, ces derniers peuvent attaquer en scintillant d’une couleur. Il en existe en fonction de si on peut esquiver ou non, si on peut parer ou non, si on peut bloquer ou non… Comme si, dans le feu de l’action, le joueur n’avait que ça à foutre d’apprendre un code couleur. Sans parler du bestiaire qui tourne en rond avec du swap color. Si vous avez le malheur d'affronter deux mobs simultanément, ils sont capables de se superposer et de rendre les patterns de l'un, comme de l'autre, illisibles. Comme dans la première trilogie, Kratos ramasse des orbes. Les rouges permettent notamment d’acheter des compétences de combat, que l’on n’utilise jamais, ou presque. D’ailleurs, les améliorations pour ouvrir de nouveaux passages (car ça reste un metroidvania) sont décevantes. Outre les éternels doubles sauts ou escalades, Kratos peut lancer des petits sorts qui consomment du mana. Certaines améliorations sont juste un prétexte pour ouvrir des passages et ne présentent aucun intérêt manette en main. Bref, c’est brouillon.


Le jeu propose un grand nombre d’éléments qui semblent soit mal pensés, soit mal implémentés, soit inutiles. En jouant normalement, on débloque des mini-succès, qui nous livrent des orbes rouges. Concept insipide qui apparait sur notre écran à des moments randoms. On peut aussi ramasser des objets, mais j’ai beau chercher, je n’ai trouvé aucun inventaire dans le jeu. De plus, ce Sons of Sparta est un immense jeu à patoune. Quel est l’intérêt de mettre tous ces items dans un metroidvania ? Pour ce qui est de l’intrigue, c’est le plat absolu. L’incipit récité plus haut est la quasi-intégralité de l’histoire. Il n’y a pas de retournement de situation et les personnages secondaires sont oubliables. Il en est de même pour les principaux, Kratos et Deimos sont inintéressants. On pourrait s’attendre à voir des liens entre le Kratos que l’on connait et le Kratos juvénile, mais il n’en est rien. Sans parler de la narration qui nous coupe toutes les 10 à 20 minutes. Le jeu ne peut s’empêcher de prendre la parole. En plus de nous indiquer où on doit aller, car nous sommes trop cons pour réfléchir dans un metroidvania, Deimos et Kratos taillent le bout de gras à chaque fois. La bande originale est particulière, puisqu'elle propose des musiques dans le style de la licence, mais aussi des musiques en chiptune. Au début, j’ai trouvé que ça dénotait pas mal cet entre-deux, comme si le jeu avait le cul entre deux chaises. Finalement, on s’y fait et ça devient tout à fait correct. Visuellement, le jeu propose des décors très soignés. Si on néglige les éléments de décor qui semblent être au premier plan alors qu’ils sont dans le background ou inversement, ainsi que quelques sprites hideux, ou la staticité des éléments, c’est appréciable.


Ce qui me scandalise le plus dans ce jeu, ce sont les finitions. Le jeu est sorti sans être terminé. Les nombreux bugs de comportements, de dialogues, de musiques que j’ai rencontrés en attestent et sont affligeants. Ajoutez à cela les pertes flagrantes de FPS quand on change d’écran ou parce qu'on navigue sur la map, c’est honteux. Le firmament du ridicule est le boss final qui n’en est pas un. Arrivé sur les quelques dernières heures, le jeu enchaîne les boss, car les développeurs n'ont pas pris le temps de faire un level design percutant. Le dernier affrontement a des allures triviales et est d'une facilité évidente. Pourtant, quelques minutes après, le générique défile devant nos yeux. Je ne peux croire que les développeurs ont consenti à sortir une telle copie. Sony doit avoir fait pression pour sortir le jeu le même jour que le State of Play pour faire sensation. Le prix à payer est le suivant : un jeu incomplet, buggé, pas fluide, qui cumule de nombreux défauts qui témoignent d’un manque de bêta-test.


Bref, God of War : Sons of Sparta c’est une déception sur tous les points. Quel est l’intérêt de jouer à ça ? Le lore ? Il n’y en a aucun. Le gameplay ? Il est médiocre. Le level design ? Il manque d’inspiration. Kratos ? Il est insipide. Pour rien au monde le jeu vaut le détour. Jouer à la série via la première trilogie, au reboot, à Ragnarök, ou aux épisodes PSP serait beaucoup plus appréciable. Le jeu n’arrive même pas à atteindre la qualité basique de Prince of Persia :The Lost Crown. Un jeu incomplet, oubliable, peu inspiré et ennuyeux. Patientons maintenant le remake de la trilogie pour voir revenir le dieu de la guerre.

PatateDeLespace
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le 21 mars 2026

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