On a tendance à oublier que ce n'est parce qu'un concept est simple qu'il est éculé. Ainsi, si l'on prend Grindstone, on est dans le b.a. -ba du tile-matching game, popularisé par Bejeweled puis exploité jusqu'à la moelle par Candy Crush. Sauf que cantonner le genre à ce dernier titre, axé purement sur sa dimension addictive et commerciale, ce ne serait pas lui rendre justice.
Car le jeu de Capybara Game en a sous le capot, en axant, lui, sa proposition sur le gamefeel. Grindstone sait certes se renouveler sur la longueur, par l'introduction de nouveaux ennemis sur le plateau, ou sa mécaniques d'équipements à confectionner et à réparer, mais soyons honnête, il finirait par lasser s'il ne se reposait que là-dessus (et il commence tout juste à me lasser, mais après plusieurs dizaines d'heures, c'est plutôt bien joué). Non, Grindstone est un exemple de réussite en termes de feedbacks. Plus nos chaînes sont longues, plus notre brute épaisse accélère, au même titre que le son des creeps que l'on trucide. Les vibrations de la manette sont utilisés aux mêmes fins, et chaque impact final déclenche un coup sourd et satisfaisant, allant faire pleuvoir différents items sur le terrain selon l'optimisation de notre trajectoire. Et c'est grâce à ce travail de finition que le jeu glisse du passe-temps vers la lubie.
Ajoutez à cela des graphismes chatoyants, cartoonesques qu'ils sont, un humour purement esthétique, et assez de variations dans les objectifs pour renouveler l'intérêt, et vous obtenez le meilleur tile-matching qu'il m'ait été donné de jouer. Un véritable plaisir des sens, où frayer son chemin à l'épée relève du défouloir.