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Hell is them
Je voulais aimer Hell is Us, tout était réuni pour me plaire : un côté surnaturel, de l'exploration non dirigiste, un gameplay attrayant... Mais au final il n'en est rien.Hell is Us arrive avec...
le 21 oct. 2025
Un jeu qui prétend s'émanciper du dictat des marqueurs jaunes mais qui reste engoncé dans beaucoup d'archétypes du jeu vidéo. En somme, un SoulsLike un peu foireux avec une DA incohérente.
Je savais déjà que l'ambiance n'allait pas trop fonctionner de mon côté en voyant les trailers avec ce mélange bizarre de réalisme cru, de donjons à visiter presque Fantasy et d'un enrobage science fiction. Au moins, ça essaie de sortir des sentiers battus par rapport à beaucoup de productions occidentales généralement cadenassées dans leur genre mais ça me fait également prendre conscience que Death Stranding avait trouvé un équilibre délicat dans son esthétique (du moins pour le premier volet) et qu'il est visiblement difficile de réitérer l'exercice.
Cette dichotomie (c'est pas faux) se retrouve malheureusement manette en main et le début du jeu a été une vraie douche froide à ce niveau là ; les artifices jeux vidéos de Hell Is Us sont d'autant plus éloquents et contradictoires avec l'approche réaliste d'un jeu qui cherche clairement sa tonalité : le héros ne peut pas enjamber la moindre barricade et le Level Design est délimité de manière assez grossière dans l'environnement, ce qui ruine souvent l'immersion et surtout le prétendu sentiment de liberté que le jeu était censé instaurer. Malgré sa démarche épurée, à l'opposé de la bouillie visuelle Ubisoftienne, tout hurle pourtant "JEU VIDÉO" dans l'exploration, jusque dans les dialogues mécaniques au possible avec une arborescence façon Jean Michel Exposition ou les rivières en guise de barrières infranchissables. Le système de combat n'est pas inintéressant mais je n'ai pas aimé les 3C quasiment d'entrée de jeu et j'aurais tendance à penser que le système de régénération de la santé facilite trop les affrontements dans un monde supposé bien plus hostile.
Enfin, vient la question épineuse du traitement de la violence dans le jeu...Je serais plutôt partisan théoriquement de la liberté de ton du titre à ce sujet, l'aventure n'ayant pas peur de nous confronter très tôt à un génocide et aux exactions d'une armée en roue libre, le tout avec un effort notable de ne pas rester dans une posture manichéenne et de faire prendre conscience au joueur que chaque faction a été coupable de sévices envers l'autre, par le passé. Seulement dans la pratique, il y a un ressenti très bizarre en illustrant un héros qui revient dans son village natal pour le voir à feu et à sang...Et n'intervient tout simplement pas en conséquence, malgré ses capacités surnaturelles. Les militaires sont en effet insensibles à nos coups et il est impossible de tuer les PNJ rencontrés dans le jeu : nous sommes donc contraints d'être impuissants face aux injustices perpétrées sous nos yeux.
Pire encore, le jeu instaure un système de "Bonnes actions" en guise de quêtes secondaires à accomplir mais qui en devient involontairement un peu risible : vous pouvez aller ramener le souvenir d'une personne décédée à un survivant, près d'une fosse commune, au lieu d'aller tuer les assassins de ses proches ; vous pouvez aller ramener une peluche à une gamine cachée dans un grenier pendant que la voisine se fait agresser tous les soirs par les soldats. Bref, vous voyez le tableau ; j'ai bien compris que le jeu veut s'évertuer à retranscrire la frustration éprouvée par les casques bleus, notamment dans des conflits d'Europe de l'Est (comme dans l'excellent, et assez traumatisant, téléfilm Warriors); il y a même une organisation dans le jeu qui se nomme l'ON (donc paye ta métaphore subtile à ce niveau là) mais cette approche aurait été plus opportune dans un jeu de survie avec un joueur conscient d'être déjà impuissant face à ce qui l'entoure, pas un jeu post-apo où un Mad Max local serait obligé de fermer les yeux sur la barbarie qui est perpétrée autour de lui. J'ai trouvé ainsi cette démarche un peu gratuite, et pas loin d'être de mauvais goût, ce qui m'a découragé à poursuivre l'aventure plus longtemps, vu mon scepticisme initial sur le reste du jeu.
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Créée
le 16 juil. 2026
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