On incarne l’agent Roam Daniel McGovern qui travaille pour la Leviathan Corp et qui va devoir s’occuper d’une affaire classique de vol. Ce que Daniel ne sait pas, c’est qu’il va découvrir de bien sombres secrets ainsi qu’une vérité qu’il faudra affronter.
Tout ne se passera pas comme prévu et on sera très vite confronté à des éléments horrifiques, presque surnaturels. On découvrira également des minis puzzles ainsi que des notes à débusquer histoire de maximiser ses succès Steam.
Karma The Dark World est avant tout un jeu narratif qui lorgne grandement vers les univers de David Lynch ou de David Cronenberg dans ses inspirations et leur côté cinématographique. Loin de se résumer à un simple Walking Simulator, il propose une aventure sombre et originale.
Pour ceux qui ont testé la version de démonstration, vous retrouverez ce segment en tout début du jeu après un prologue fort intéressant et intriguant. Ce qui frappe immédiatement, c’est la beauté plastique de l’ensemble et un sound design au top.
Karma The Dark World – Open your Mind
Karma The Dark World propose un mix plutôt habile de narration, de puzzles et de phases de gameplay variées. Nos débuts sont d’ailleurs assez poussifs avec quelques interactions avec uniquement certains éléments du décor mis en exergue par un très léger triangle blanc à l’écran.
On se déplace avec une vue à la première personne et le moins que l’on puisse dire, c’est que Daniel n’est pas le protagoniste le plus véloce que l’on ait connu. Même en utilisant le sprint, on a vraiment l’impression de se trainer.
On dispose d’un inventaire limité et qui ne nous permettra pas de mélanger des objets les uns avec les autres. En gros, on devra utiliser des cartes pour activer ou désactiver des terminaux et utiliser certains éléments clés uniquement une seule fois à un instant donné.
Karma The Dark World focalise surtout notre attention sur son histoire à l’instar des meilleurs Walking Simulator tout en se montrant fort agréable à l’œil. Son utilisation de l’Unreal Engine 5 est d’ailleurs remarquable et remarquée!
Les environnements sont magnifiques et ultra détaillés même si l’on regrettera assez vite qu’il y ait aussi peu d’actions possibles avec eux. Seuls certaines portes et tiroirs seront activables dans un premier temps et ce n’est pas toujours évident à manier.
Karma The Dark World a une drôle d’idée en matière de sa gestion de l’inversion de l’axe des Y. Si cette option fonctionne parfaitement au niveau de la caméra, elle est activée dans les actions contextuelles, comme l’ouverture des portes.
Clones Factory
Du coup, on se retrouve à devoir faire le mouvement inverse du sens souhaité pour pousser ou tirer les portes. C’est assez spécial et même après plus de 7 heures de jeu, je ne suis pas parvenu à m’y faire! Ce n’est rien de grave, mais je préfère le signaler dès maintenant, car c’est un reproche qui reviendra souvent plus tard.
La technologie a une place importante dans l’univers de Karma The Dark World. On n’est pas toujours très loin du rétrofuturiste de la série des Alien avec une emphase assez prononcée sur les télévisions et les écrans.
C’est logique, car le jeu se déroule dans les années 80, mais on y trouvera également les ancêtres de nos casques de réalité virtuelle. Ceux-ci seront utilisés afin de pénétrer dans les souvenirs des suspects que l’on devra interroger.
On nagera parfois dans les mêmes eaux troubles qu’un Inception par exemple, mais sans la complexité de celui-ci malgré tous les efforts des scénaristes. Une fois notre premier suspect interpellé, le vrai jeu commencera avec une plongée sombre et dangereuse dans ses souvenirs.
Karma The Dark World n’hésite pas à se montrer très cru et violent quand il le faut. Le côté horreur psychologique était déjà bien introduit au tout début du jeu, mais sa mise en avant se fera de façon exponentielle par la suite.
On ne sera jamais sur quel pied dansé et surtout où se situera la réalité et la fiction. A qui doit-on faire confiance ? Écouter Mère nous semble naturel, mais est-elle aussi neutre et inoffensive que l’on est censé le croire?
Soul Station
Karma The Dark World fait également la part belle aux puzzles, qu’ils soient intégrés à l’histoire comme des codes à trouver ou ceux liés aux suiveurs des règles plus logiques et qu’il faudra réussir du premier coup.
Fort heureusement, il sera toujours possible de relancer un sous-chapitre du jeu afin d’essayer à nouveau les minis puzzles. Objectivement, ils ne sont pas très compliqués et il n’y a toujours qu’une seule bonne réponse. Au pire, il y a des solutions dans les guides de Steam.
Karma The Dark World ne révolutionne en rien les énigmes et autres puzzles et c’est bien dommage, car il y avait un brai potentiel pour faire des choses complexes et satisfaisantes à résoudre vu le contexte du jeu et vu les thématiques. Dommage.
Au niveau gameplay, le jeu est assez chiche en phases différentes et seul le final nous apportera certaines variations plutôt bienvenues, mais qui seront trop courtes et limitées pour que l’on en profite. Je parle notamment des phases à la Fatal Frame qui sont mal exploitées.
On retrouvera également des sortes de boss fights assez buggés mais intéressantes vu le contexte et leur signification. C’est un des soucis du jeu, il y a une trop grosse différence entre les intentions narratives et leur retranscription ingame.
L’ambition est là dans Karma The Dark World, mais elle se retrouve assez vite bridée par un gameplay paresseux et surtout de gros soucis techniques comme des bugs et autres difficultés à interagir avec les éléments du décor.
Upside Down
Dans Karma The Dark World, il n’est pas toujours aisé de voir ce qui est activable ou non et on a très vite fait de zapper une note ou de tourner en rond quelques minutes avant de trouver ce qu’il convenait de faire.
Les phases de courses poursuites sont également assez étrange car on ne perçoit pas toujours de grande différence entre notre rythme de course et de marche normale! Cela casse clairement l’excellent ambiance que parvient pourtant à installer le jeu.
Tout n’est pas dark dans Karma The Dark World, j’ai beaucoup aimé l’histoire et les différents personnages que l’on va rencontrer. La trame principale est bien vue et j’ai trouvé la conclusion, bancale, mais intéressante.
Les différents voyages dans les souvenirs sont très marquants et bien faits. On y retrouve des thématiques très adultes et parfois complexes ce qui est un très bon point me concernant. J’ai par ailleurs beaucoup apprécié le design des zones hors du temps et leur implications sur le déroulé de nos aventures.
Karma The Dark World fait également très fort sur sa bande son que je trouve remarquable ainsi que sur son ambiance sonore glauque à souhait. Sans être gore, il y a certaines scènes assez explicites et marquantes. On est loin de la surenchère de Martha is Dead mais on s’en rapproche parfois.
Remember Me
Il y a désormais 24 succès Steam à débloquer dans Karma The Dark World. Il faudra bien faire attention lors de vos explorations à ne pas rater certaines notes qui sont bien planquées. Pensez à relancer un chapitre en cas d’oubli.
Le jeu est disponible en français dans les textes et je n’ai pas remarqué de gros soucis à ce niveau. Il peut arriver que certains textes en surimpression ne soient pas les plus lisibles et que des reliquats de vieux textes restent un peu trop longtemps.
Karma The Dark World dispose d’une durée de vie parfaite pour ce genre de jeu. Comptez 5 heures pour en voir le bout et environ 6-7 heures pour le terminer à 100. Il dispose d’un excellent rapport qualité prix.
Karma The Dark World est tout à fait jouable sur le Steam Deck et c’est en grande partie là où j’ai le plus joué au jeu. Il n’est, en revanche, pas clavier AZERTY friendly ce qui est particulièrement pénible et vous obligera à basculer en anglais dans les paramètres régionaux.
Au final, Karma The Dark World est un jeu que j’ai apprécié non seulement par ses thématiques mais aussi pour son ambiance et sa réalisation. Toutefois, sachez qu’il n’est pas exempt de défauts comme un certain ennui qui peut s’installer au bout d’un moment ou pire des bugs problématiques.
J’ai également apprécié sa conclusion même si elle dure bien trop longtemps et qu’il n’est pas possible de passer les nombreuses cinématiques. J’espère sincèrement que le studio parvienne à faire une suite ou un autre jeu dans le même univers!