Apprendre en jouant. Voilà une idée que mon paternel a toujours tenté de nous glisser entre nos sessions de jeux vidéo sur le Commodore 64 puis le PC. Faire des maths avec un hélicoptère, apprendre l’anglais avec une méthode par le rap, ou encore travailler l’orthographe à travers un Livre dont vous êtes le héros. Franchement, je lui tire encore mon chapeau pour ces tentatives pleines de bonnes intentions.
Parmi elles, Le Labyrinthe d’Errare reste un souvenir marquant. À l’origine, c’était un de ces livres très en vogue à la fin des années 80, rempli de quêtes et d’énigmes destinées à améliorer orthographe et grammaire. Le concept fonctionnait étonnamment bien. Là où beaucoup d’autres livres du genre se montraient frustrants, parfois simplement à cause de numéros de chapitres erronés. Celui-ci était fun, presque efficace. J'imagine que pour surfer sur ce succès, l’éditeur Retz déclina le concept avec des aventures dédiés aux maths, à l’histoire ou à la géographie.
Dans cette transformation du genre où les jeux de rôles se déclinent alors en jeux-vidéo, l’idée d’une adaptation informatique n’était pas absurde. À une époque où l’on découvrait les premiers jeux d’aventure sur PC, on pouvait facilement imaginer un Labyrinthe d’Errare façon Eye of the Beholder, mêlant exploration et réflexion. Sur le papier, c’était même une excellente idée.
Mais la réalité fut bien moins reluisante. Sorti en 1989 sur PC (sous le nom Le Labyrinthe d’Orthophus), cette version informatique cumulait les mauvais choix. Graphismes ultra minimalistes, ambiance sonore quasi inexistante… et surtout, une absence totale de support souris sur PC. (Pcq ce que j'en ai vu sur Amiga et Atari était tout de même moins moches !) Naviguer dans ce labyrinthe uniquement au clavier rendait l’expérience inutilement lourde, pénible même pour un enfant censé apprendre en s’amusant.
J'imagine très bien le sourire de mon père s’effacer doucement. Lui qui nous avait ramené cette disquette avec enthousiasme, convaincu d’avoir trouvé le parfait compromis entre école et ordinateur. Après quelques tentatives, le verdict était sans appel : la disquette retourna dans sa boîte, et l’expérience rejoignit la longue liste de ces serious games pleins de bonnes intentions… mais incapables de rivaliser avec un vrai jeu vidéo.