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Super Méga Fun Fun
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le 5 févr. 2016
Quand on pense aux Simpson sur PlayStation 2, beaucoup de joueurs visualisent d’abord le très bon Hit & Run (dont j’ai rejoué aux premiers niveaux en boucle à l’époque bénie durant laquelle les PlayStation Magazine étaient vendus avec des CD de démos) souvent décrit comme un GTA sauce Simpson. Mais peut-être vous rangerez-vous dans le camp auquel j'appartient, à savoir celui qui pense en premier lieu aux Simpson : le jeu. Sorti à une époque où la famille en jaune était extrêmement populaire, notamment grâce à l’arrivée des Simpson, le film dans les salles obscures quelques mois auparavant mais aussi aux diffusions quotidiennes sur W9, Les Simpson, le jeu n’est étonnamment pas une adaptation du film épo… enfin, pas éponyme, mais d’un côté nous avons Les Simpson, le film, de l’autre Les Simpson, le jeu donc on pourrait s’attendre à ce qu’il y ait un rapport. En fait non.
Nous touchons là à ce qui fait la grande force des Simpson à cette époque : les différentes incursions de la série vers les autres médias ont été pensées de manière à parfaitement embrasser les spécificités desdits médias. Les différents créateurs auraient pu produire des œuvres sans intérêt qui se seraient quoi qu’il arrive bien vendus, mais ils ont fait l’effort de fournir un véritable travail d’adaptation.
Ainsi, Les Simpson, le jeu, que j’ai redécouvert sur PlayStation 3 cette fois-ci (nous reviendrons sur les différences entre versions un peu plus bas), raconte la découverte par la famille du manuel des Simpson, le jeu (oui, accrochez-vous, le titre repose sur une forte dimension métaréflexive). Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie découvrent donc qu’ils sont des personnages de jeux vidéo et décident de se servir de leurs super-pouvoirs pour sauver Springfield des différents fléaux qui s’abattent sur elle. Parmi ces fléaux, nous pouvons citer le vol de pièces de musée, la déforestation, la violence provoquée par les jeux vidéo (c’est bien connu) mais aussi une attaque d’extra-terrestres, de dauphins ou du gigantesque Dodu Donut qui n’a rien à envier au Bibendum Chamallow de Ghostbusters. Face à des ennemis d’une ampleur toujours plus délirante, les protagonistes n’ont d’autre choix que de se mettre à la recherche de leur créateur, à savoir Matt Groening dans un premier temps (qui depuis son manoir rempli de billets vous attaque avec son armée d’avocats et de personnages de Futurama) puis… Dieu… qu’il faudra affronter dans un duel de danse.
Vous l’aurez compris suite à ce résumé, Les Simpson, le jeu déborde de références à la pop culture et l’humour métaréfléxif. Derrière l’humour satirique habituel qui caractérise cet univers, le titre n’hésite pas à pointer du doigt (à l’instar de Nelson à chaque mort du joueur) les dérives de l’industrie lorsqu’il dépeint les connivences entre grands patrons ou encore quand il construit toute une séquence autour du manque de considération portée à la préservation du jeu vidéo. Même en dehors des cinématiques, extrêmement fidèle au matériau d’origine aussi bien visuellement qu’au niveau sonore grâce à la présence de l'entièreté casting français, le titre glisse des références dans ses dialogues et ses décors. Il serait inutile d’en faire une liste tant cette dernière serait immense, mais si je vous dis “Medal of Homer” ou “Grand Theft Scratchy” vous aurez un micro échantillon de toutes les parodies plus ou moins mises en avant dans le jeu.
Pour toutes ces raisons, Les Simpson, le jeu est devenu l’un des titres cultes qui ont marqué mon enfance, mais ma récente redécouverte sur la version PS3 a révélé des problèmes inhérents à beaucoup d'œuvres de cette époque. Parmi elles, nous avons les nombreux problèmes de placement de caméra, aussi bien pendant les combats que dans les phases de plateformes, mais aussi les baisses de framerate lorsque de nombreux personnages ou des explosions apparaissent à l’écran et dont je n’avais strictement aucun souvenir sur la version PS2 (qui est un portage de la version PSP, comme cela se faisait beaucoup à l’époque). Globalement, dans mes souvenirs le jeu n’était pas aussi difficile ! J’ai subi un nombre incalculable de Game Over suite à des combats qui deviennent rapidement redondants, d’autant plus lorsque l’intelligence artificielle qui gère votre partenaire est à l’ouest. Privilégiez-donc la coopération avec un autre joueur si vous voulez avoir plus de chance de survivre d’une part, mais aussi moins perdre de temps, sinon il faut sans cesse changer de personnage et aller le placer vous-même sur tel bouton ou tel levier car ce dernier n’a pas eu la présence d’esprit de le faire de lui-même.
Cette difficulté dont je n’avais aucun souvenir provient peut-être des différences entre les versions. En effet, j’ai relevé de nombreux éléments divergents, dont j’ignorais l’existence jusqu’à présent. Énorme avantage des versions PS360, toute la ville de Springfield est explorable librement et dispose de nombreux collectibles qui permettent de débloquer quelques trophées, parodiques encore une fois. Dans cet open world de poche se promènent de nombreux habitants dotés de quelques répliques drôles et qui parfois même interagissent entre eux ! Cerise sur le gâteau, il est possible d’entrer dans certains bâtiments iconiques comme la taverne de Moe, le commissariat, l’école ou encore l'église de Springfield. La version old gen avec laquelle j’ai grandi enchaîne les niveaux à la manière d’un jeu narratif classique sans laisser l’opportunité de visiter Springfield entre temps et à vrai dire, passé l’effet wow que la perspective de l’open world offre aux fans de cet univers, le fait de devoir se rendre à un endroit différent de la ville pour commencer le niveau suivant prend des allures de corvées après quelques temps pour ceux qui s’intéressent surtout au scénario (heureusement que les arrêts de bus permettent d’effectuer des voyages rapides). Pour résumer, la mise en place de cet open world à de quoi ravir les fans, mais en contrepartie elle casse le rythme de la narration.
Mis à part cette énorme divergence, quelle surprise de découvrir des power-ups comme le Robobart, qui rend le personnage invincible et surpuissant pendant une durée limitée mais qui n’existe tout simplement pas sur la version PS2. Certains boss sont aussi légèrement différents, à l’instar de la séquence au cours de laquelle il faut combattre une copie de Donkey Kong dans une arène agencée différemment en fonction des versions.
Quitte à évoquer les différentes versions, nous évoquerons brièvement la version DS qui prend la forme d’un jeu de plateforme en deux dimensions. Bien que je n’ai pas eu l’occasion de l’essayer, les différents avis que l’on trouve sur internet sont globalement élogieux.
Cette nouvelle exploration des Simpson, le jeu s’achève donc sur un ressenti mitigé. Certes, cela fait plaisir de retrouver cet univers si charmant ainsi que l’excellent humour qui l’accompagne, le tout adapté au format jeu vidéo dans une œuvre qui respecte son médium tout en jouant avec ses codes. Mais cette redécouverte met également en lumière de nombreux éléments qui, mis bout à bout, nous rappellent que le titre a indéniablement vieilli. Ainsi, l’exceptionnel travail d’écriture, de mise en scène, de localisation et d’adaptation est ternie par un gameplay potentiellement plus que correct, mais qui s’avère redondant, voire frustrant parfois, manette en main. La nostalgie joue certainement un rôle important, mais Les Simpson, le jeu reste l’un des meilleurs jeux tiré des Simpson, au coude à coude avec Hit & Run, tant la transposition de cet univers est réussie. Si le titre est partagé en coopération, nombre de ses défauts s’en retrouvent gommés tandis que ceux qui subsistent affecteront surtout votre nostalgie, mais freineront à peine le plaisir pris devant ce bijou d’écriture.
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