Un commencement très Lovecraftien – évidemment pas pour me déplaire -, avec un court prologue qui met en scène le protagoniste ; un journaliste visiblement au prise avec son passée. Par des circonstances scénaristiques, il est ainsi amené à se rendre sur une île étrange où des locaux semblent décéder par une sorte de peste qui prendrait naissance au fin fond d’une mine, qui exploite une étrange substance noire.
L’ambiance est posée, et bien qu’elle soit comme dit plutôt, Lovecraftienne (Amnesia, Penumbra), l’atmosphère ensuite prendra des airs à la SOMA et BioShock par moment. Comme toujours pour ce genre de production, c’est beaucoup de mixage et ici ça fonctionne plutôt très bien. Le jeu digère toutes ces références qu’il puise par ci par là, tout en apportant sa propre touche et sa propre identité. Et c’est vraiment très plaisant.
Ce qui surprendra durant les 4 heures d’aventure, c’est la monté crescendo, dans tous les sens du terme ; au début on se dit que le moteur 3D est un peu paresseux. Quelques éléments (tonneaux, jarres, caisses) à peine bougent, en les poussant, sans aucune interaction directe. Puis on a des switch, des lanternes et autres boutons poussoirs clickables, étoffant de plus en plus les possibilités et les mécaniques du jeu.
Enfin plus tard, on acquiert un pouvoir – le scénario se déroule donc – qui permet justement de contrôler ses éléments et de jouer davantage avec le décor et le Level Design. Par exemple en empilant des caisses et prendre un passage dérobé. C’est amené tout en douceur dans l’histoire et ça c’est excellent. C’est un gage de maîtrise et de qualité.
Le LD est d’ailleurs très sympa, nettement au-dessus de la moyenne. Lui aussi, au début, timide, très timide, puis ça devient la folie totale, avec une verticalité, et une construction des niveaux très dynamique. En tout cas, toute proportion gardée, on a l’impression d’être dans un Penumbra/Amnesia/Thief.
Quant à la technique pure, visuellement c’est très propre et très correct. Le Sound Design, même chose, ràS. L’OST, bien que très discrète, elle remplit sa tâche quand il le faut et ça c’est à noter.
Lethe est typique le jeu d’horreur indé de ‘’bonne qualité’’. Avec ses moyens, il remplit largement sa part du marché. Dommage que ce premier épisode restera orphelin… on aurait aimé une suite (et une fin!) à cette aventure