On ne peut pas dire que la SuperGrafx ait laissé une grande trace dans l'histoire vidéoludique… Si on met de côté la rétrocompatibilité avec la ludothèque de sa grande sœur la PC-Engine (ou TurboGrafx-16), la machine de NEC n'a accueilli que 5 petits jeux en tout et pour tout : 3 shmup -Aldynes, 1941 & Battle Ace- et 2 jeux action X plateforme X die&retry : Dai Makai-Mura (Ghosts'n'Goblins) et Madô King Granzort. C'est de ce dernier qu'on va parler, certainement le plus obscur pour un non-japonais…
Le peu que j'ai lu à propos du jeu sur le net dans un langage à peu près compréhensible (c’est-à-dire français et anglais) ne tient pas en haute estime ce soft pourtant fort sympathique. J'ai par exemple noté quelques critiques lui reprochant de ne pas exploiter plus que cela les capacités -théoriques- de la SuperGrafx : pourtant, pour peu qu'on adhère au trip mecha spécifique à nos amis de l'archipel, Madô King Granzort est TRÈS LOIN d'être laid. Mais surtout, quel jeu, hormis peut-être Aldynes, peut se targuer de vraiment puiser dans les ressources de la bécane ? Le jeu joue de plus très largement sur la verticalité de ses environnements dédaléens, permettant d'utiliser à bon escient les capacités de notre joujou de métal…
Puisque celui-ci n'a pas vraiment de nom (ou peut-être que si, mais ma connaissance du japonais est très limitée), appelons-le Bob. Bob donc, a la particularité de pouvoir alterner entre trois formes, qui ont chacune leurs forces et leurs faiblesses. La forme verte, "Boba", se sert d'une espèce d'arc laser pour attaquer ; sa puissance est moindre mais sa longue portée compense. L'avantage de Boba est de pouvoir planer quelques secondes dans les airs. La forme bleue, "Bobby", allie puissance et portée honnêtes en utilisant une sorte de lance, mais sa vraie force est la possibilité de déployer un très utile bouclier d'invincibilité. Vient enfin la forme rouge, "Bobo", qui mise tout sur l'attaque : épée laser de portée moindre mais qui tranche tout et attaque séisme pour faire le ménage autour de soi.
Je vous le donne en mille, il faudra sans cesse jongler entre les trois skins pour utiliser le plus à même de s'adapter à une situation donnée, le level design étant particulièrement bien foutu. Surtout que le jeu est assez punitif (une touchette = mort) et que la difficulté monte crescendo. N'étant pas trop sadique, quelques bonus permettent de survivre un peu plus longtemps, comme une armure d'argent prémunisant d'un coup (exactement comme dans Dai Makai-Mura) tandis qu'une armure d'or nous oblige à protéger Athén... pardon, nous offre une invincibilité temporaire. On peut également récupérer des vies supplémentaires en euh, comment dire…oui, c'est ça, en dégommant des lapins mécaniques !! Je ne connais pas l'anime à la base, donc je ne critiquerais pas ce choix, qui est sans doute pertinent…
En conclusion, on a un jeu vraiment sympathique à jouer, dont seule la difficulté exponentielle pourra éventuellement rebuter les moins patients. Ce n'est pas le jeu le plus beau ni le plus long du monde, mais il possède une identité visuelle et sonore propre, un level design impeccable et un gameplay relativement simple mais bien pensé. Mais effectivement, il peut s'avérer frustrant car il est dur. Mais finalement pas beaucoup plus que Dai Makai-Mura…