Une autre œuvre de mon enfance ou chère à mon cœur à laquelle j'ose m'atteler, mais sur laquelle je ne manquerais bien sûr pas de pinailler (car il y a un peu de quoi hélas), ceux qui connaissent la maison le savent ! Z'inquiétez pas, je vais pas le massacrer, loin de là.
On est bien entendu en présence d'un jeu culte de la PlayStation, de quoi honnêtement faire des envieux parmi ceux qui n'ont jamais eu la chance d'avoir une console de Sony, bourré de qualités et étonnamment avare en défauts (même s'il y en a).
Un univers incroyable (lui-même inspiré par des œuvres et artistes incroyables, Tim Burton en tête de liste bien sûr), une ambiance incroyable (parfois incroyablement glauque, j'en veux pour preuve Les Ruines Hantées, on a pas idée de faire un niveau aussi triste dans un jeu vidéo), des personnages incroyables (ces gargouilles et ce Hall des Héros, tonnerre de Zeus !), un héros incroyable, un arsenal... somme toute commune (mais qui fait largement la besogne, et heureusement, oui, j'ai essayé d'utiliser un mot qui fasse un peu ancien, mais c'est possible qu'on ne l'utilisait même pas au XIIIe siècle, et surtout en Angleterre lolz), un bestiaire... varié (même s'il a ses monstres jamais vus ailleurs, force est de reconnaître qu'on est parfois pas forcément au summum de l'originalité, mais en même temps, dans un univers pareil, difficile de demander autre chose, et puis ça reste varié), des graphismes... ben qui ont quand même un petit peu vieilli aujourd'hui, il faut le reconnaître, une OST... incroyable (cessez immédiatement ce que vous faites et allez l'écouter, et non, je ne vous laisse pas le choix) qui aide à rendre incroyables des combats contre des boss incroyables (ce démon-vitrail, fichtre de bigre de bachibouzouk d'osti de tabernacle... oula, je commence à m'égarer), une maniabilité tout à fait correcte...
...gâchés par des sauts pas toujours précis (la Zone des anciens défunts en deviendrait presque une horreur à ce titre, et les phases de plates-formes du Vaisseau fantôme ne sont pas en reste), une caméra parfois capricieuse (bien qu'on puisse la diriger à volonté la plupart du temps), des niveaux labyrinthiques dans le mauvais sens du terme (Les Domaines de l'Asile ose se qualifier de labyrinthe, mais il n'est rien à côté du Lac, prends-en de la graine Justin des Bois !), des niveaux juste chiants même si partants d'une bonne idée (Le Chronographe, mais bon, vu que c'est la dernière étape avant d'aller affronter Zarok dans son Repaire, on va dire que c'est le sorcier lui-même qui conçu l'endroit pour rendre la deuxième vie de son ennemi juré encore plus chiante hein), une difficulté parfois mal dosée (ces épouvantails de merde, et Les Cachots de l'Asile, sacrebleu), des boss à la résistance aléatoire (se taper le Dragon des Cavernes en Cristal après les Demonettes de la Terre Enchantée, ça fait mal quand même, c'est pareil pour Lord Kardok, dernier rempart avant le combat final contre Zarok, qui ne devrait pas être aussi facile, c'est vrai que le sorcier vaut son pesant de cacahuètes et ne vole pas sa place de boss final, bien que le high score de points de vie ne lui revienne même pas curieusement, mais quand même), et un dispatching douteux des musiques (un peu trop de The Awakening, faut avouer) ?
Je n'irais pas jusqu'à dire que ça gâche quoi que ce soit, ce jeu reste une merveille bien entendu, mais ces petits défauts auraient pu être corrigés quelque peu, ainsi, j'aurais affronté avec plaisir le boss (finalement abandonné) initialement prévu pour la Zone des sauts qui font chier euh des Anciens Défunts (surtout que ça aurait fait profiter encore une fois du thème incroyable des boss, qui revient encore plus souvent que The Awakening, certes, mais au moins, c'est justifié), aurait tenté d'échapper au Jabberwocky avec le sourire, et me serait même mis à ramper par terre comme Morten.
Oui, je mentionne ces quelques idées malheureusement abandonnés, car je trouve qu'elles auraient enrichi encore plus le jeu, qui n'hésite déjà pas à varier les plaisirs (il est vrai qu'il se rate sur les phases de plates-formes, mais au moins, il y a mis de la bonne volonté, ça se sent, et puis, il y a pire après tout), de quoi offrir une aventure extraordinaire pour un jeu extraordinaire !