Il est vrai que cette nomination n'apparait que dans le second épisode (excellent par ailleurs), mais il sied parfaitement au délirant foutoire de l'excentrique Suda "51" Goichi.
On recitue pour les incultes: Travis est un kéké un peu comme toi, qui se touche sur des hantaïs ,collectionne les Gundam et passe sa vie à glandouiller paisiblement. Il rencontre un soir de doute Sylvia Christel ,et croyez-moi le clin d'oeil n'est pas exagéré, bien que le créateur du jeu affirme que ce n'est qu'un hasard. Celle-ci s'occupe d'une organisation ,dans laquelle notre héros s'engouffre: il va devoir botter les fesses des 10 assassins les plus coriaces de Santa Destroy, la ville dans laquelle on évolue plus ou moins librement. Son gain ? Une nuit avec la sulfureuse Sylvia.
My body is ready!
Parlons peu parlons bien: Travis se déplace librement dans une ville pour gagner du fric afin de financer ses combats contre les assassins qui feront, vous le devinez, office de boss. Pour se faire on utilise notre engin motorisé ,pas maniable pour un sous, pour aller d'un point à un autre sur une map astronomiquement ininterressante, bien que non-dénué de charme. Il existe deux manières de gonfler sa cagnotte. Le premier consiste en divers job à faire. Ces phases au gameplay douteux on le mérite de proposer originalité ,rire et fraicheur en ces temps de morosité vidéoludique. La seconde manière de récolter de l'argent consiste à participer à des missions d'assassinat: ici pas de quartier ,il faut trancher! Ce qui me permet d'aborder le premier des deux points forts (le mot est faible) du jeu, le gameplay.
Alors oui les phases à moto sont immondes, les bugs faisant mieux leur boulot ici que sur Nintendo 64, oui Travis est parfois ingerables lors de ses petits boulots (saleté de scorpions à attraper ...), mais oui ,OUI, cela est jouissif au possible. Car il faut savoir que chaque bug est maitrisé, voulu, et fait partie du jeu. Chaque pixel grossié n'est pas dûe à la console mais à l'envie des dévellopeurs de donner une cohesion totale à la folie parcourant ce titre. Ainsi cette jouissance se retrouve à son apogée lors des phases de combats. On a beau marteler comme un(e) idiot(e) le bouton A, on en re-demande encore et encore, tout ça pour avoir droit au finish ultra dynamique qui nous impose de bouger la wiimote dans le sens indiqué, qui nous donne ainsi la sensation de trancher nous même le salo qui nous bare la route. Bandant. Le jeu-vidéo dans tout son art: il est là pour nous amuser ,nous divertire, voilà qu'avec No More Heroes il transgresse ses règles et nous fait suer de plaisir.
Le fond: ok. La forme maintenant. N'y allons pas par quatres chemins: c'est l'autre point fort du jeu. Et qu'elle forme bordel. Travis est inquallifiable si ce n'est en tant "qu'anti anti-héros", il nous parait de prime-abord tellement vide et idiot (un kéké vous dis-je), que les moments où il nous émeut nous procure un sentiment de compassion d'autant plus fort. Ce mec transpire ainsi la classe, vomit littéralement à la gueule des bruns tenebreux et semble avoir de vrais couilles et non celles tout en gonflette de guerriers surarmés et bodybuildés. L'histoire intelligemment déjanté propulse également cet univers de sociopathes dans la cours des réussites. Ainsi le doux chaos dificilement percevable mais pourtant bien présent impregne au jeu une dimension unique. Les rebondissements se jouent des clichés pour mieux les interpréter, nous font tantôt rire, tantôt frisonner, tantôt rire , tantôt rire... Mais merde on rit dans ce jeu, qu'est-ce-qu'on rit ! Qu'est-ce-que ça fait du bien ! Les mimiques déjà croustillantes des protagonistes sont génialement mises en évidence par des dialogues ô combien savoureux, des références toujours bien placés, et des phrases cultes en devenir, à l'instar du "Trust your Force, and head to the Garden of Madness" lançé par Sylvia après la pause pipi de son protégé (servant de sauvegarde, sisi), juste avant chaque boss. Finissons par eux justement. Ils sont le point d'alliance de tout ce que j'ai pu fébrilement cité: le font et la forme ,gameplay jubilatoire et personnailté ultime, font de ces moments les plus inoubliables de mon certe maigre parcours vidéoludique. Sans forcement être véritablement utile à la psycholgie et l'histoire de notre héros, ils sont pourtant doté d'un charisme assez halucinant ,clairement au dessus de n'importe quels autres boss de jeux-vidéo. Inclassables tout simplement.
Ainsi Grasshopper nous en met plein le cerveau dans ce que l'on peu avec joie qualifié de produit vidéoludique fini et maitrisé. Un point négatif, celui qui m'empeche de mettre une note parfaite, la fameuse censure qui à fait couler beaucoup d'encre, mais pas beaucoup de sang malheureusement ... dans le jeu hein !
Allez faites moi plaisir et allez acheter de ce pas ce chef-d'oeuvre vidéoludique totalement unique, il ne mérite pas les médiocres ventes qu'il a eu. Voilà pourquoi il est pour moi le roi sans trône. (surnom de Travis dans Desperate Struggle ,je le rappelle). Travis et No More Heroes c'est un peu une mise en abime de l'un dans l'autre ,le heros dans le jeu (le produit), le jeu dans le Heros.
Vous savez ce qu'il vous reste à faire, et ainsi pour vous et comme le dit Travis Touchdown: " it's game time!"