Petit projet oblige, je paye mes respects, énorme soutien à Rittzler le Rizzler, un max de soutien pour ses prochains projets (qui s’annoncent ambitieux et roguesques). Félicitations d’avoir réussi à amener jusqu’au bout un projet de jam pour en faire un jeu complet, propre et proposé à petit prix. Les genres de Pseudoregalia avaient un gros potentiel pour me séduire, plateforme 3D et Metroidvania (aguicheur va !). Mais force est de constater que la réussite n’est qu’en demie-teinte et que le jeu m’est malheureusement tombé des mains.
La dimension plateforme du titre est la mieux réussie, la palette de mouvement est variée, agréable et offre de bonnes possibilités d’expérimentations (j’entend par là d’abus pour passer de grosses sections du jeu avec un bonne maîtrise de la part du joueur). Les feedbacks sonores et visuels sont plutôt satisfaisants, et même si je n’ai jamais réussi à connecter de gros combos dans Mario Odyssey, j’imagine que c’est le genre de choses qu’on ressent en enchaînant un long jump, ground pound into backflip cancel. Certaines hitboxes restent légèrement capricieuses, notamment l’accrochage au rebord (jamais facile à gérer dans le jeu vidéo) ou même les walljump où on se sent plus bille dans un flipper que vraiment en contrôle. Le résultat global reste à saluer pour son extrême fluidité et efficace précision. D’autant qu’offrir le panel d’action progressivement au joueur libère une quantité de dopamine et d’endorphine suffisante dans le cerveau pour éviter d’avoir à toucher aux réseaux sociaux pendant toute une journée.
Mon énorme problème se trouve pourtant dans ce parti-pris de Metroidvania. Effectivement il est bon pour encourager le joueur à découvrir les environnements progressivement, et le laisser expérimenter différentes approches pour la même section de plateforme en fonction des options dont il dispose à un moment donné. Mais le jeu m’est tombé des mains après 1 heure à me balader sans trouver par où avancer une fois un certain point atteint. C’est bête car je conçois tout à fait que le nombre de cartes est raisonnable et le contenu pas gigantesque, mais je suis perdu à mort ! Les choix de design qui ont été fait en termes d’orientation sont illégaux à mes yeux. Aucun moyen de prendre des notes sur les cartes du jeu (de se mettre des repères où des pense-bête), aucun points d’intérêts proposés pour les objets que l’on croise alors que le genre du metroidvania bourré de collectables implique intrinsèquement qu’on va devoir ignorer un objet avant de pouvoir y retourner beaucoup plus tard ! C’est interdit et sans précédent d’exiger la mémoire du joueur, particulièrement sur des maps aussi grandes ! Même From Software avec leurs jeux réputés cryptiques ont tranché en faveur de cartes qui disposent d’un minimum d’information lorsqu’ils en ont inclus pour la première fois dans Elden Ring ! Le plus gros pied de nez étant qu’il y a bien un onglet “Carte” dans le menu, mais on ne peut même pas y voir la carte complète et globale à l’intérieur, quel comble.
Pour le reste du design du jeu, c’est le minimum syndical et même si le dépouillement peut être vecteur de bonnes ambiances j’ai trouvé ça un peu léger. Les musiques sont vraiment bonnes (les BO de jeu vidéo atteignent un niveau d’excellence sans précédent j’ai l’impression depuis 2020), le côté PS1 est assumé malgré des textures tremblantes et j’apprécie le fait que l’unique option d’accessibilité du jeu consiste à ajouter un pantalon à l’héroïne. Mais ça manque un peu de contexte et de cohérence ces environnements qui ont pourtant des tronches sympathiques. Ça fait plus “terrain de jeu” datant de la jam que vrais lieux iconiques, c'est dommage. Pourquoi également avoir fait le choix d’inclure des PNJs pour leur refiler des dialogues aussi inutiles ? Même question pour le système de combat repiqué de Hollow Knight. Ce sont vraiment des incursions “de trop” dans un projet qui se voulait minimaliste.
Pseudoregalia avait le potentiel d’être un cas d’école de level design. Malheureusement des choix de game design flemmards voir ratés transforme ce qui aurait pu être une bonne expérience de l’année en une plaque de beurre (qui me glisse des mains).