Resident Evil 3 mais sans le sous-titre de l’original qui l’a aidé à se vendre à l’international, à savoir Nemesis. Assez révélateur mine de rien de la manière dont va être perçu ce monstre iconique de la saga et du jeu vidéo au sein de ce remake.
Le joueur n’est ni plus ni moins que dans une extension de Resident Evil 2 Remake. Et ce n’est pas si grave. La comparaison était déjà possible en 98 et 99 entre Resident Evil 2 et 3 originaux. La proposition est davantage basée sur l’action (avec une touche d’esquive ajoutée à Jill pour continuer son rush dans Raccoon City). Concevoir un jeu au game feel différent avec comme appui tous les éléments du précédent opus, le parti pris est louable et surtout optimal d’un point de vue timing (ce jeu ne sort qu’un peu plus d’un an après le remake du 2, c’est peu). C’est surtout monnaie courante dans le monde du jeu vidéo.
Si le seul reproche de ce RE3 Remake était son évident confort à se reposer sur le 2 Remake de 2019, il ne laisserait pas un goût aussi écœurant de frustration une fois le jeu terminé. Resident Evil 3 original n’était pas le plus ambitieux des opus canoniques de la saga, mais il apportait son lot d’évolutions technologiques avec sa créature phare, Nemesis. Cette dernière nous suivait partout, imposait un stress constant au joueur. Les temps de chargement à chaque changement de zone faisaient cache-misère à l’époque (même s’il pouvait toujours nous suivre). RE3 Remake n’a pas cette ingéniosité. Comme évoqué plus haut, il perd son sous-titre de Nemesis (The Last Escape en version japonaise) et ça fait sens. Les rares séquences où il apparaît sont scriptées, souvent dans des moments où tous les objectifs sont accomplis et la fuite n’est donc pas une option. Le monstre ne ponctue pas l’exploration d’une inquiétude permanente à l’idée qu’il apparaisse comme c’était le cas dans le jeu de 1999 et c’est pour moi le plus gros défaut ici. Si on enlève le point qui fait Resident Evil 3, que reste-t-il en réalité ? Et bien un Resident Evil mineur.
Ne nous méprenons pas, le jeu reste sympathique dans sa relecture très action du soft de 99. Plutôt bien rythmé et modernisé, la dynamique qui est proposé ici n’a pratiquement aucun temps mort. Les boss fight sont d’ailleurs excellents (bien meilleurs que ceux du RE2 Remake). La redite est donc complètement visible mais la justesse d’un gameplay pensé pour le speed run rend le jeu d’une fluidité jouissive et de plus en plus fun sur les multiples runs que demandent les succès/trophées.
Certes, les puristes pourront pester sur le fait que le jeu occulte (volontairement ?) des zones de l’original, rendant ce remake beaucoup moins fidèle que tous les autres de Capcom. Mais la proposition fluidifiée par rapport à l’original rappelle bien le Last Escape du sous-titre japonais. Exploration minime, level et game design pensés pour ne jamais s’arrêter, c’est bien ici que Resident Evil 3 trouve son ton et son efficacité. Dispensable et distrayant à la fois.