Resident Evil 3
6.8
Resident Evil 3

Jeu de M-Two et Capcom (2020 · PlayStation 4)

Capcom continue de publier des remakes des vieux Resident Evil. Après celui du 2 sorti en 2019, voici Resident Evil 3 en 2020, 21 ans après l’original. Le modèle était très moyen, avec des idées qui faisaient évoluer la licence, mais qui ne savait pas insuffler le talent de ses aînés. Je me lance alors dans cette aventure en espérant voir arriver un jeu qui saura tirer vers le haut le titre pour en faire un très bon jeu, digne héritier des remakes des jeux PS1. On incarne toujours Jill, dans une ville qui s’autodétruit et toujours pourchassée par un grand méchant appelé Némésis.



Cet antagoniste était ma première inquiétude. J’avais peur de voir arriver une redite avec Mister X de Resident Evil 2 Remake. Il réussit à se démarquer, car les deux ont un rôle totalement différent. Mister X se baladait dans le commissariat et était attiré par les bruits qu’on émettait. Le croiser était aléatoire. Ici, les rencontres avec Némésis sont scriptées. Deux joueurs croiseront le mutant aux mêmes endroits, aux mêmes moments, de la même manière, comme dans l’original. Si le jeu n’a pas proposé d’évolution sur ce personnage, c’est bien là un des rares points qui est resté inchangé. En réalité, on a l’impression que tout a été retravaillé. Logique quand on pense au fait que le jeu de 1999 était moyen. Ainsi, on assiste à la suppression de phases ou de lieux cools comme la tour de l’horloge ou le parc. À l’inverse, on subit l’ajout d’égouts ou d’un labyrinthe infesté d’insectes. J’avais noté que dans le remake du 2, les développeurs avaient cherché à conserver tous les éléments qui contribuaient à l’identité du jeu d’origine, quitte à les modifier ou les déplacer dans l’aventure. Ici, il n’en est rien de tous ces petits détails dont on se souvient après avoir joué à l’original. Par exemple, on ne retrouve pas la statue du maire, ni le bureau des journalistes, ni le garage qui prend feu… Ce ne sont que des points de détail, qui ont été compensés par quelques ajouts, eux aussi mineurs. La ville est méconnaissable. De même pour toutes les zones que l’on parcourt. Alors que dans l’épisode de 2019, tout était très fidèle, sans l’être trop. Quelques éléments ont aussi changé, comme le fait que l’on joue Carlos dans la phase au commissariat ou que l’hôpital a été très rallongé. Enfin, quelques nouveaux ennemis font leur apparition, comme des requins nomades zombies (kamoulox).



Le titre de 1999 proposait deux originalités. La première était les choix. On pouvait choisir entre deux issues à une situation. Les deux offraient des ressources et des scènes différentes, offrant ainsi une grande rejouabilité. Là, c’est non, cette mécanique a été supprimée. C'est dommage, c’était pour un des traits marquants de l’époque. L’autre originalité du titre était la possibilité d’esquiver. En 1999, l’exécution était plus hasardeuse qu’autre chose. Cette fois, un bouton y est dédié. Ainsi, se faufiler entre les monstres sans consommer la moindre munition n’a jamais été aussi facile. Curiosité dans ce gameplay, quand un zombie nous agrippe, on peut marteler le point d’action pour se libérer. Si on n’est pas assez réactif, on meurt, même si notre vie était remplie. Cette idée me semble inutile et débile dans l’exécution. Tant qu’on est sur les débilités, peut-on parler des bugs qui n’ont pas été corrigés avec les mises à jour ? J’en ai rencontré plusieurs. Mais là où j’ai été le plus agacé, c’est en constatant que les voix françaises (quid des autres langues) durant les cinématiques sont compressées et donnent l’impression qu’il y a un carton entre la bouche du personnage et mes enceintes. C’est indécent. Jill et Carlos sont mieux écrits et leur relation est bien plus plaisante à suivre qu’à l’époque. J’ai eu l’agréable surprise de voir que les développeurs ont cherché à poser des liens entre les deux derniers remakes, pour créer une forme de cohérence globale. Celui qui n’a pas la référence n’en tient pas rigueur, celui qui l’a apprécie l’effort d’écriture. Enfin, le RE-engin fait encore des merveilles. Même si le jeu recycle les assets qui datent de l'an précédent, il est magnifique du début à la fin.



Bref, Resident Evil 3 était moyen en 1999 et l’est encore plus en 2020. De nombreux choix sont questionnables. Des ajouts ou des suppressions que je ne saurais expliquer. À l’inverse, les bonnes idées ne sont pas légion. On a l’impression que le jeu a été fait à l’arrache après le succès du remake du 2, quitte à supprimer des morceaux entiers du jeu. C’est décevant. Il y avait pourtant moyen de faire un jeu tout à fait correct sur la base initiale. Resident Evil 3 est à peine reconnaissable. C’est à se demander ce qu’ils avaient en tête, tant on ne voit pas assez d'éléments revenus de 1999. Même Némésis est devenu anecdotique, moins marquant que Mister X. Finalement, le jeu est assez banal, presque oubliable. Pourquoi rejouerait-on à ce jeu ? On ne se pose pas cette question quand on joue aux remakes de la licence. Resident Evil 3 est moyen et est devenu paresseux.

PatateDeLespace
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il y a 2 heures

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