Resistance est une série que je ne connais pas particulièrement bien, ayant seulement fait le 3 sans vraiment me souvenir de grand-chose. J’ai toujours été un peu curieux (même si les FPS shooter sont loin d’être mon genre de prédilection) de faire la série dans sa globalité, Insomniac étant un studio important chez Sony depuis un long moment. Je suis tombé sur l’opus numéro 2 d’occasion pour une bouchée de pain et je pensais que ce serait le moment idéal de me rattraper.
Au global, ce ne fut pas un moment agréable, loin de là. J’en suis même venu à me demander comment un jeu comme ça n’a pas plus entaché la réputation de son studio. Comment les notes moyennes tournent autour de 15 et comment se fait-il que la plupart des joueurs apprécient ce jeu. Beaucoup d’énigmes. Bien sur, le jeu accuse son temps, il est sorti il y a presque 20 ans mais ce n’est pas quelque chose qui me dérange en général, je fais du rétrogaming assez régulièrement et c’est même quelque chose que je recherche, les game design un peu surannés, un peu rétro. J’ai refais Max Payne 3 et j’ai découvert Remember me il y a quelques semaines à peine.
Mais là ce n’est pas une question de temps, même en faisant l’effort de fort le faire, le jeu est mauvais et à tous les niveaux c’est une catastrophe. On peut l’expliquer par la mode de l’époque peut-être, période assez triste influencée par les Call of duty qui ont donné tous un tas de clones, de jeux dirigistes, faussement spectaculaires et aussi fun que de se taper le pied dans le coin du lit. On va aller vite, car j’ai déjà perdu assez de temps avec ce jeu mais il faut un peu développer mes griefs.
L’histoire, premièrement, est incompréhensible, les actions de notre personnage ne suivent aucune logique. On incarne Nathan Hale (Hell?) un personnage au charisme incommensurable avec un design de quidam qu’on n’en fait plus. Le boug survivant du premier opus se fait récupérer et inoculer un virus, vaccin heu je ne sais quoi de chimères mes couilles et il gagne une capacité de régénération mais en même temps il est malade et doit être suivi etc. Bref, il en a RAF et va courir à droite à gauche jusqu’à finir totalement infecté. Dans le gameplay ça ne sert à rien, ah si, notre vie se régénère une fois à l’abri comme dans tous les jeux de ce genre… est-ce que ça valait vraiment le coup de vouloir justifier ça par l’histoire? Mais le pire dans tout ça, c’est que ce choix de game design n’est pas à propos du tout. Notre jauge de vie est minime, on est dans le rouge en 2 voire 1 coup et on passe notre temps à essayer de se mettre à couvert, sauf que ce n’est pas un cover shooter donc il n’y a pas énormément de couvertures. De plus, l’IA est insupportable, avec une précision de turque au JO. Une fois repéré ils savent où vous êtes peu importe si il y a un mur, un arbre, un allié ou ce que vous voulez entre eux et vous. On est typiquement dans l'effet balles à tête chercheuse, il est même possible de voir des ennemis avec le canon de leurs armes dans la mauvaise direction mais qui arrivent quand même à vous toucher. Ajoutons à cela qu’ils ont une fâcheuse tendance à foncer tout simplement sur vous, presque pour vous enlacer, ou pour vous éliminer comme un koopa, ignorant tous les alliés sur leurs chemins. Comportement débouchant sur des scènes frustrantes où vous êtes à « l’arrière garde » à couvert en attendant de récupérer et vous vous faites shooter par un « déviant ».
Aussi il n’y a pas l’air d’avoir de friendly fire entre eux, ils peuvent tirer dans toutes les directions sans risque, on est content pour eux.
Les alliés ne servent strictement à rien. Gameplay ou histoire, je ne me souviens d’aucun de leurs noms, aucun de leurs designs et surtout pas de leurs actions. Ah si une fois il y en a un qui m’a gêné pour passer une porte.
Un des jeux qui m’a le plus frustré récemment. Un des pires jeux, osons nous le dire auquel j’ai joué sur PS3.
Voici un petit florilège de mauvais choix de game design qui montrent que le jeu n’a pas été (assez?) testé.
Lorsqu’on atteint un point de contrôle, si on meurt par la suite, lors de la prochaine tentative on a souvent un arsenal différent, comme si les armes possédées ne sont pas correctement sauvegardées. Sachant que le nombre d’armes en sa possession est limité à 2, ce qui est aberrant, le fait de ne pas avoir la bonne arme peut s’avérer très pénible. RESILIENCE.
Alors les pires ennemis du jeu, il faut aussi en parler. Des ennemis invisibles, qui te tuent en un coup, qu’on ne peut pas vraiment arrêter, soit ils sont vivants soit morts, mais leur tirer dessus sans aller jusqu’à les tuer ne les ralentit pas. Ce qui vous laisse en moyenne une seconde pour réagir, si vous étiez en train de recharger, si vous regardiez dans une autre direction ou si vous changiez d’arme, vous êtes mort. En général, dans ce jeu on arrête pas de mourir et sans savoir pourquoi. Le point culminant du fun. RESILIENCE.
Les armes qui sont un des rares point fort du jeu, ont un tir principale et un tir secondaire. Du style, tir principale qui tire des projectiles qui passent à travers les murs (pratique), et un tir secondaire qui déploie un bouclier temporaire (encore plus pratique). Sauf que … Si jamais au milieu de la mêlée, vous arrivez à cours de munitions pour votre arme principale, vous êtes sous le feu ennemi et là vous vous dites qu’il serait judicieux de projeter un bouclier en dernier recours. Problème, vous finissez votre dernier chargeur, alors vous allez automatiquement permuter sur votre seconde arme que vous le vouliez ou non. ET NON ce n’est pas paramétrable. RESILIENCE.
Il m’est arrivé d’être à bout de munitions de mitrailleuse face à un ennemi, j’avais la touche de tir encore enfoncée, et le jeu permute sur ma deuxième arme qui est un lance-roquettes… je tire avec une arme que je ne voulais pas car pas adaptée au combat rapproché et je meurs… RESILIENCE.
Autre exemple, si vous êtes au milieu de la mêlée encore, faut dire que le jeu c’est que ça, des tonnes et des tonnes d’ennemis, et que vous arrivez à cours de munitions et que vous courez pour vous mettre à couvert; le changement d’arme forcée annulera votre course bien sur… RESILIENCE.
Beaucoup de phases confuses où on ne sait pas ce qui faut faire, si on avance alors qu’il fallait attendre, on meurt. J’ai déjà eu dans cette phase horrible, que je ne saurais même pas décrire tellement elle ressemble à toutes les autres, où on doit vaincre des robots araignées et des robots hélicoptères. J’ai déjà donc eu des bugs de scripts qui ne se lançaient pas, sûrement car j’avais pas éliminé l’ennemi à vaincre ou peut être juste que je n’étais pas à l’endroit attendu. Après des morts à répétition, j’ai recommencé jusqu’à passer la phase sans avoir rien fait de différent des autres essais... Incompréhensible et encore un bel exemple de RESILIENCE.
Et les phases de boss sont parmi les pires du jeux vidéo à n’en point douter. Il y a un boss, impressionnant au demeurant, mesurant une taille similaire aux buildings alentours qui se rapproche de vous. Vous êtes sur un toit, il y a un lance roquette posé sur le toit. Vos alliés commencent à attaquer le monstre, vous faites pareil, aucun effet. Ensuite, il y a une scène scriptée dans laquelle le monstre vous attrape et tente de vous manger. Vous lui tirez une roquette dans la bouche, puis une seconde, puis ayant tiré une roquette précédemment vous êtes à court de munitions. Vous prenez votre arme de secours qui est un lance-grenades, super, vous tirez… Un mur invisible dans la bouche du monstre dévie votre grenade, VOUS ÊTES MORT! RESILIENCE.
Le jeu ne veut pas que vous réfléchissiez une seconde, il ne veut pas que vous ayez un quelconque comportement cohérent, il veut que vous fassiez exactement ce qu’il veut et uniquement au moment où il le veut.
On va pas parler longtemps du dernier boss mais faire un jeu aussi dur pour finir par un boss aussi éclaté c’est de la violence ludique. À croire que les développeurs voulaient même pas qu’on finissent avec une once de fierté pour se consoler.
Le problème majeur du jeu est le suivant, il n’a pas de règles consistantes et logiques. C’est un jeu sans règles, c’est le chaos sous forme de jeux vidéo.
Résilence car le plus dur dans cette aventure aura été de ne pas appuyer sur le bouton eject de la console, de prendre le Blu-ray à deux mains et de lui asséner un coup de genou sauté pour le péter en deux. Si vous voulez un avis plus explicite sur mon ressenti je vous renvoie à la chanson des « Casseurs Flowters », « La mort du disque ». Cette chanson résume à merveille ce que j’ai souhaité pendant toute mon aventure. Merci au revoir.
PS: La physique de l'eau est plutôt chouette.