Resistance : Retribution ! L'une des franchises les plus détestées sur Senscritique ! Enfin, comme on se retrouve ! Enchanté, moi, c'est Siegfried. Maintenant qu'on a fait les présentations, il est temps de vous critiquer. Oui, oui, c'est une étape obligatoire. Non, non, ça fera pas mal, je vous le promets. Allez-y, mettez-vous dans la lumière.
Résistance est un jeu. Oui, c'est un jeu. Mais pas un mauvais jeu, je vous l'assure ! Je crois comprendre d'où vient la mauvaise note, je suis sûr à 100% qu'elle se cache derrière le personnage principal, James Grayson.
Vous commencez l'histoire par une présentation du personnage qui a tout l'air d'être le cliché sur pattes du vétéran désabusé par la guerre et qui veut juste en finir dans une vengeance à la Rambo. Et vous vous êtes pas trompé, c'est tout à fait ça, du début jusqu'à la toute dernière mission, où il finit par regarder le ciel et se dire que les nuages sont très jolis vus d'ici. Je l'assure, il n'y a pas vraiment une réelle évolution, vous allez l'entendre pendant tout le jeu critiquer tout le monde, donner des coups de poing, des coups de pied, insulter, et le pire, raconter des trucs plutôt sexistes. Dans n'importe quel autre jeu, je dirais "c'est pas si grave", "c'est rien du tout", "faut relativiser", mais là, James insiste beaucoup trop sur "Etre une gonzesse, ça craint", "vous valez rien au combat", "les meufs essayent de vous manipuler", à tel point que ça finit par devenir barbant. Le personnage est antipathique de base, je ne vais donc même pas essayer de le protéger comme un Duke Nukem ou un James Bond.
Et puis l'histoire, c'est une histoire militaire qui n'aura jamais sa place sur Senscritique, et d'une certaine manière, je comprends puisqu'on fait pas grand chose dans ce jeu autre que attaquer, se replier, protéger une position et contre-attaquer. Et comme les protagonistes finissent par disparaître, réapparaître ailleurs, gueuler, s'insulter, en venir aux mains, on finit par plus trop suivre ce qui se passe. On aura alors la surprise du chef de découvrir que Mallery, ennemi juré de James parce que... deviendra un antagoniste à la fin du jeu parce que... ah si oui, il est infecté, comme Raine Bouchard, et donc, ils auront leur propre agenda mêlé à leurs volontés d'avant, mais résultat, on ne sait pas quand elle se termine et quand le mode méchant s'active. Et pendant ce temps, l'équipe B de l'histoire (Parker et Cartwright) vont faire les sourdes oreilles en les envoyant tous les deux dans la Tour des Chimères, et changer d'avis entre temps en nous libérant. Bref... C'est un peu foutraque.
Parlons gameplay, il est plutôt efficace. Il n'y a que dans les premières missions où le manque d'armes fait qu'on défonce facilement les ennemis et qu'aucun danger réel ne s'élèvera face à nous. Arrivé juste après le milieu du jeu, ça se complexifie. Le level design plutôt réussi des zones, finit par nous envoyer droit dans des traquenards des plus malsains. Les ennemis puissants et autres boss vont s'enchaîner assez facilement. Il va falloir alors alterner avec brio les différentes armes et les utiliser toujours au bon moment, contre le bon ennemi. Résultat, toutes les armes sont utilisées et toutes leurs compétences secondaires finissent par nous sauver la peau plus d'une fois.
Bon, il y a tout de même certains trucs qui m'ont fait lever les yeux au ciel, si je pouvais le voir à travers le plafond de ma chambre. La touche changer d'arme n'est pas vraiment bien placée (le nombre de fois où j'ai rechargé avec la mauvaise touche) et cette dernière doit être enfoncée pour stopper le jeu et choisir exactement celle qu'on veut. Malheureusement, la touche vous oblige à arrêter le joueur en plein action avec un temps de latence suffisant pour se recevoir un ou deux pruneaux dans l'estomac. Evidemment puisque la touche bouger est juste en-dessous, je n'ai pas deux pouces gauches !
Aussi, pour ce qui est des déplacements, je dois l'avouer que je m'attendais à pire. Au tout début, j'étais pas fier de moi avec les mouvements de pétroliers, puis, j'ai fini par m'y habituer mais pas assez pour supplanter des années d'expérience XBOX. Voyant que le jeu allait être un peu trop dur, les développeurs ont alors eu la gentillesse d'apporter beaucoup de facilités au gameplay : on cible et on se couvre automatiquement. Cela aura au moins la qualité de ne pas trop demander des déplacements ultra précis pour se couvrir quelque part, et aussi de ne pas chercher une cible trente ans avec un viseur qu'on déplace en croix directionnel. J'ai vu qu'il y avait une map de commandes alternatives, remplaçant la caméra par les déplacements, et vice-versa. Autant vous dire que c'était de la grosse merde, je me suis même senti très mal à l'aise, une envie de vomir... (Toujours prioriser la caméra... Toujours)
Néanmoins, l'effet automatique de couverture ne se fera pas toujours de la manière la plus efficace possible. Parfois, une couverture ne sera pas une couverture pour lui. Parfois, il prendra trois ans à se couvrir. Et parfois, il suffit que je change d'angle de caméra pour qu'il ne veuille plus se couvrir. Et pour ce qui est de la visée, cette dernière m'aura bien enragé une bonne dizaine de fois. Pourquoi avec le Razor (l'arme qu'on doit charger pour faire plus de dégâts) la visée automatique deviendra manuelle quand on a chargé un petit peu ? Oh mais de quoi je me plains ? La charge aussitôt envoyée est à tête chercheuse... En théorie ! Cette dernière va ricocher contre un mur et... disparaître... Alors même que je cible un ennemi pour l'inciter à le tuer lui, et non le mur, le plafond, ou bien, deux atomes d'oxygène qui passaient par là. J'ai autre chose à foutre que de gérer les aspérités des décors où j'envoie la charge, point barre. Et aussi, quand on sort de la couverture et qu'on a pas l'angle avec l'ennemi bien au centre de l'écran, il se peut que votre arme perde son ciblage et tire à côté. Ou même parfois, le ciblage passe à un autre ennemi et un autre, et encore un autre, vous aurez alors la joie de baisser la vie de plusieurs ennemis sans en descendre aucun. Super, très pratique quand on subit un feu nourri et qu'il faut vite baisser les effectifs. Ce genre de situations arrive souvent puisque le pathfinding ennemi est très bien pensé pour mettre des bâtons dans les roues, les "Chaudières" seront les ennemis les plus insupportables à tuer puisqu'il faut viser manuellement avec la croix directionnelle tout en se déplaçant au ralenti... Mon dieu... Et parfois, le pathfinding perd un peu les ennemis un peu trop gros dès qu'on est derrière une couverture, ils ne savent plus quoi faire.
Pour ce qui est du level design, c'est pas moche, il y a des idées sympa parfois même si ça sent un peu le cliché. Ce qui importe le plus par contre, c'est que les niveaux ne se ressemblent pas du tout entre eux, on a vraiment l'impression de vivre une aventure où on explore plusieurs régions différentes et surtout qu'on se rapproche inlassablement de la fin. Cela donne envie d'explorer un peu les zones pour se rendre compte aussi que les développeurs cachent très bien les renseignements à collecter, il faut bien ouvrir l'oeil et penser à certains mécanismes pas évident pour débloquer des zones secrètes.
Voilà, tout ça pour dire que ce jeu n'est pas mauvais, mais alors vraiment pas. Je l'ai joué en mode facile et pourtant, j'ai dû m'intéresser aux armes et leurs compétences secondaires, et faire attention en général pour ne pas finir en pâtée d'humain. Je suis mort plus d'une fois, quelque fois contre les boss même si je les ai trouvés plutôt faciles.
Je laisse derrière moi les points de compétence (mouais...) et les intels encore à récupérer car je n'ai pas que ça à faire. Le jeu est sympa mais je n'avais pas envie de passer trente ans dessus, d'où le mode facile, surtout que j'avais très peur que les déplacements m'handicapent vachement.
Maintenant, l'aventure me tend les bras. J'ai envie de changer d'ambiance. Un truc un peu plus... Exotique... Un peu plus... Dangereux... Un peu plus... Nazi.
Ah bah voilà !
Indiana Jones et le Staff des Kings !