Je crois que Sable est l’un de ces jeux que j’ai envie de défendre même si je n’ai pas totalement réussi à l’aimer. C’est une sensation étrange, parce que tout m’attirait sur le papier... L’univers désertique et pastel, les inspirations Moebius évidentes, ce côté voyage initiatique où on part seul, à dos de moto flottante, pour découvrir le monde… ça cochait toutes les cases de l’expérience méditative que je cherche parfois entre deux gros jeux.
D'ailleurs dans les premières heures, Sable m’a vraiment embarqué. Il y a quelque chose d’irrésistible dans son ouverture, pas d’ennemis, pas de combat, juste une invitation à l’exploration. Les musiques de Japanese Breakfast planent au-dessus de ces dunes dessinées à la main, les couleurs changent avec la lumière du jour, on glisse lentement sur les pentes, on grimpe des ruines, on aide des nomades perdus. L’ambiance est rare, presque sacrée. Je me suis surpris à juste m’arrêter et regarder l’horizon.
C'est typiquement le genre de jeu qui t'invite à te perdre dans tes pensés et à imaginer un "avant" à ce monde.
Mais au bout d’un moment, j’ai commencé à m’ennuyer...
Car oui, avec ce genre de jeu, ça passe ou ça casse et le démon de l'ennuie vient souvent très vite à notre rencontre...
C’est là que le bât blesse... Sable est si contemplatif qu’il finit par devenir creux. Passé la fascination esthétique, il y a peu à faire. L’exploration devient monotone, les quêtes secondaires se ressemblent toutes, et la progression... Basée sur la collecte de masques pour choisir sa future voie, manque d’enjeu ou d’implication émotionnelle. C’est joli, oui, mais parfois trop lisse. Il manque quelque chose à caresser sous les doigts, un peu de frottement, un peu de substance.
Pourtant le thème avait beaucoup de potentiel... Ce trouver une place dans le monde, jouer son rôle... Dommage qu'on soit resté en surface.
La moto, censée être notre compagne de route, manque cruellement de feeling. Elle flotte, certes, mais elle est imprécise, parfois agaçante dans son comportement. Je n’ai jamais eu de plaisir réel à la piloter. Et ça, dans un jeu basé sur le voyage, c’est embêtant. Le système de grimpette aussi, à la Breath of the Wild, est sympathique… mais quand les décors sont si vides, on finit par grimper sans joie.
Je comprends pourquoi ce jeu est important. Il tente quelque chose. Il veut ralentir, nous proposer autre chose. Il ne cherche pas à nous divertir avec des explosions ou des combats, mais à nous faire ressentir quelque chose de doux, de silencieux. Sur ce point, c’est une réussite. Il y a des séquences magnifiques, des architectures folles perdues au milieu du sable, des moments presque poétiques. Mais c’est un jeu qui ne m’a jamais vraiment donné envie d’y revenir. Je l’ai respecté, je l’ai parcouru doucement… et je suis parti en sentant que je n’avais plus grand-chose à y vivre.