Silent Hill: Downpour
6.2
Silent Hill: Downpour

Jeu de Vatra Games et Konami (2012 · PlayStation 3)

Après le catastrophique Silent Hill Homecoming, et l'absence de la Silent Team, il était difficile d'imaginer un nouveau Silent Hill faisant honneur à la trilogie originale. Et pourtant, même si Silent Hill Downpour n'est pas un chef-d'oeuvre, il n'en reste pas moins qu'une sympathique alternative, riche d'idées, pas toujours parfaitement exécutées, mais suffisamment ambitieuses pour saluer l'exercice.


L'univers carcéral est le grand thème de cet épisode. A la manière d'un Silent Hill 2 ou d'un Homecoming, la culpabilité est au coeur du scénario. C'est du déjà-vu, pas aussi subtil que l'épisode 2 mais bien plus maitrisé et mis en scène que l'horrible Homecoming. On y incarne Murphy, un prisonnier en transfert, plongé et isolé malgré lui dans une ville fantôme bien mystérieuse. Celui-ci révèle son esprit torturé au fil de la progression. Les environnements et les ennemis se jouent de notre personnage, tandis que les quelques rares gens rencontrés ici et là ne manquent pas de lui rappeler sa condition.


Le jeu joue à fond la carte de l'exploration, bien plus que n'importe quel épisode : intérieurs comme extérieurs ça fourmille de détails, d'objets à ramasser, de quêtes optionnelles... Silent Hill est représentée comme une ville bordélique, sale, en ruine, on est très loin du côté fantasmagorique du premier jeu. Ici, il y a eu de la vie, et ça se voit. C'est un parti pris, pourquoi pas.


Côté gameplay, c'est mieux que l'épisode précédent, mais ça n'est toujours pas parfait. Murphy se bloque constamment dans les décors, il faut bien se positionner pour déclencher une action, le système de visée manque de précision tout comme le corps à corps. C'est moyen mais ça se joue.


D'ailleurs, le corps à corps est le moyen de combattre le plus efficace. Les ennemis se ruent littéralement sur le personnage, offrant peu de marge pour viser à l'arme à feu convenablement. C'est un enfer parfois. Le bestiaire est grotesque, ridiculement limité, vif et agaçant, c'est une des faiblesses de cet épisode. Le mode facile est vraiment le bienvenu si on aime prendre le temps d'explorer et d'effectuer quelques quêtes optionnelles en toute sérénité, sans avoir à passer trop de temps à nettoyer les lieux.


Certains passages scriptés demandent à échapper à une entité. Courts, ils ne sont pas très intéressants. Durant l'exploration il est possible de résoudre des énigmes, jouer à l'équilibriste pour franchir un ravin, utiliser des torches aux fonctions différentes pour faire apparaitre des indices, briser les planches bloquant une porte, utiliser un outil pour descendre une échelle... Downpour propose un panel de petites mécaniques afin de diversifier son gameplay.


Côté scénario, l'intrigue est sympathique à suivre et bien mise en scène. Elle est surtout nourrie par une ribambelle de documents plutôt intéressants à lire, il y a pas mal de lore à découvrir et les quêtes annexes apportent leurs propres petites histoires. Les clins d'oeil aux épisodes précédents s'incrivent très bien dans l'univers de Downpour. On remarque aussi une grande inspiration du côté d'Alan Wake.


Pour en revenir aux quêtes annexes, celles rencontrées en chemin et qui ne demandent pas trop de revenir sur nos pas sont agréables à réaliser. Les autres sont plus longues, demandent plus d'investissement, il faut parfois revenir à l'autre bout de la map ou se souvenir d'un lieu très précis... Avec les ennemis qui réapparaissent et le manque d'indication sur la carte, non merci !


Il y a des lacunes dans la technique, pas mal de freeze et de ralentissements, mais le jeu est quand même bien réalisé. Les musiques sont discrètes et donc peu mémorables. Enfin, l'aventure est assez longue si on explore suffisamment avec intérêt.


Silent Hill Downpour est un bon jeu mais il s'éloigne un peu de l'identité de la série. On prend plaisir à suivre l'intrigue, découvrir le lore, explorer, résoudre des énigmes, mais tellement moins à combattre. Reste un jeu honnête, généreux et ambitieux qui transpire la passion.

Ioukoum
7
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le 30 déc. 2025

Critique lue 8 fois

Ioukoum

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