Le dernier baroude d'honneur du hérisson m'a été totalement inconnu jusqu'à l'ouvrage "l'histoire de Sonic", et apparemment je ne suis pas le seul, beaucoup l'ayant confondu avec Sonic 3D Blast (immonde spin-off).
La tentative était assez courageuse : donner un Sonic&Knuckles à la machine 8 bits.
L'histoire du jeu n'est pas le point fort des Sonic 2D et ici elle est réduite à son stricte minimum : Sonic ou Knuckles doivent récupérer 5 émeraudes et mettre fin aux agissements de Robotnik. Ils vont traverser pour ça des niveaux classiques : La plaine, le désert, le monde aquatique,... . L'intérêt n'est pas vraiment ici dans la mesure où c'est un vaste prétexte pour articuler un jeu autour.
Si l'on regarde les graphismes et la bande son, la machine donne tout ce qu'elle a. Les développeurs de cet épisode ont vu clairement que Donkey Kong Country cartonnait deux ans plus tôt, ils ont donc décidé de reproduire la patte graphique malgré les limitations. Cela donne un résultat assez exceptionnel malgré un arrière plan souvent de couleur unie. Les personnages ont un côté DKC assez sympa et on obtient même un effet 3D lors des stages spéciaux reprenant ceux de Sonic 3, les pièces remplaçant les boules.
Le musique est aussi bien rendue, même si les hauts parleurs de la GameGear crachotent un peu, et c'est là qu'on commence à voir les limitations.
Les déplacements sont mauvais, ils ne collent pas à l'animation. Voulant à tout prix miser sur une avancée graphique, les développeurs ont minimisé les animations du joueur, ce qui donne un aspect "coussin d'air" assez énervant. Dans certains cas la chute est assez fréquente, le framerate un peu enrhumé n'aidant pas.
Quand on arrive à compenser cet effet on regrette également le fait que le jeu est bien trop court, les interventions de Robotnik étant vraiment ridicules, le pattern se voyant à des kilomètres.
Moins embêtant pour le jeu, les graphismes peuvent parfois donner à des résultats étranges. La faiblesse de la GameGear est là, et des éléments du décor peuvent ne pas suivre le design général du niveau. On assiste parfois à des jonctions digne du copier coller à la va vite, même s'ils ne pouvaient pas faire autrement.
C'est bien dommage de terminer le parcours sans faute sur la portable de SEGA par cet épisode. Il reste quand même à faire si on est bien fans, au moins pour la culture.