Dans "Sorry we're closed" on incarne Michelle, une jeune femme vendeuse dans une petite épicerie d'un quartier de Londres. Sa vie n'est pas facile... entre un boulot pénible mais nécessaire, un patron qui la met sous pression et une rupture sentimentale dont elle a du mal à se remettre.

En explorant son quartier on fait la connaissance de la petite communauté locale : Des voisins, des amis, d'autres commerçants,...

La nuit elle fait des cauchemars étranges dans lesquels un Archidemon "La Duchesse" s'entiche d'elle. Il veut découvrir l'amour (sentiment entièrement humain) et voit en Michelle l'une de ses prétendantes.

Sans rentrer dans les détails (autant spoiler le moins possible) elle découvrira qu'une malédiction a été placée sur elle, qui causera sa fin si elle n'arrive pas à s'en débarrasser à temps.


Dès lors... le jeu nous fera naviguer constamment entre le monde humain "normal" que l'on connait et son parallèle ésotérique, occulte, calqué sur ce monde, mais rempli d'anges, de démons et de monstres en tout genres.


Alors attention ! Une mise en garde avant tout :

Si "Sorry we're closed" brille, ce n'est pas par son gameplay (classique) et encore moins par son ergonomie. Le jeu se passe entièrement dans une vue qui rappellera à certains "Alone in the dark" (peut-être à d'autres "Silent Hill" ? mais je n'y ai pas joué personnellement)... ces jeux en 3D d'une autre époque où on voit la scène toujours vue par une caméra fixe placée dans un endroit en hauteur au dessus de nous.

Cela peut facilement rendre les situations un peu confuses avec des changements brusques de caméra où l'on perdra par moment un peu de son sens de l'orientation. Ajoutons à ça le fait que l'on peut temporairement passer en caméra subjective (à la 1ère personne) en maintenant le clic droit de la souris... mais sans pouvoir pour autant se déplacer. Ce mode servira entre autre beaucoup pour les phases de combat.

Pour résumer tout ça... je dirai que le jeu propose un mode de prise en main pas immédiat ni idéal... pas très intuitif.


Soyons honnête... Si je ne l'avais jugé que sur ces éléments là ma note serait moins enthousiaste. Tout le monde n'accrochera pas au maniement de notre personnage. Dans ces conditions, certains combats risquent d'énerver les joueurs n'ayant pas la plus grande dextérité souris/clavier.


Mais voilà... "Sorry we're closed" m'a plongé dans un récit et une ambiance que j'ai adorés.

Ce monde parallèle invisible aux yeux de la plupart d'entre nous et dans lequel existe une société d'anges et de démons m'a rappelé les comics d'Hellblaser (les aventures de Johnny Constantine) et l'univers de Sandman que j'aime tellement.

Autre aspect parfaitement réussi... A fréquenter régulièrement toutes les personnes de cette petite communauté urbaine de quartier, et parfois... leurs alter-égo ésotériques, on s'attache rapidement à chacun d'entre eux. Les sympathiques, les antipathiques, leurs petits soucis à tous, ... la présentation de ces "NPCs" les rend très humains, très vivants.

D'ailleurs, si les graphismes 3D du jeu sont assez basiques et datés, les illustrations des personnages en bas de l'écran pendant tous les dialogues sont elles vraiment très classes (elles m'ont fait un peu penser aux illustrations de Disco Elysium)


Autre réussite enfin... les entités du monde parallèle, anges et démons, ont elles aussi leurs propres ambitions, doutes et faiblesses. Le jeu arrive à rendre les personnages principaux de cet univers aussi intéressants que ceux du monde "réel".


Au final.... J'ai beau ne pas être le plus à l'aise dans des combats de ce type qui demandent de la dextérité (j'ai bien galéré sur le combat final, en mode facile), j'ai vraiment tenu à aller jusqu'au bout du jeu tellement j'ai aimé son ambiance et son univers.

Une ambiance plutôt triste, avec un sentiment d'inéluctabilité ou l'espoir est toujours très ténu, mais "réchauffée" aussi par le côté très humain de tous ces personnages secondaires ainsi que de notre personnage principal.

Avec "Anthology of the Killer" c'est en peu de temps le second jeu indépendant que je découvre dont le gameplay n'est pas le point fort... mais qui m'ont l'un comme l'autre vraiment captivé par leur récit et l'ambiance qu'ils proposent.


Un grand bravo. J'espère découvrir d'autres jeux aussi bons des mêmes créateurs.

Vive les jeux indépendants.

Moot70
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le 21 juin 2026

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