Sovereign Tower a la bonne idée de nous transformer en manager d'une Table Ronde, avec une approche qui transpire la narration et la gestion. Visuellement, c'est un régal pour les yeux, et le gameplay n'est pas sans rappeler l'excellent Dispatch.
Le cœur du jeu réside incontestablement dans sa phase d'audience. Écouter les doléances du peuple ou les histoires de vos chevaliers donne lieu à des situations souvent intéressantes et amusantes. Les prises de décision sont rapides, nerveuses, et on se prend très vite pour un monarque omnipotent.
Vous pouvez également choisir vos chevaliers parmi de nombreux personnages qui ont tous un caractère qui leur est propre et tisser des liens avec eux.
D'autant plus que le jeu vous offre un filet de sécurité de grand luxe : une mécanique de retour dans le temps bien intégrée, parfaite pour effacer vos pires bourdes avant qu'une catastrophe évitable ne vous éclate à la figure.
Jusqu'à la moitié du jeu, c'est une vraie lune de miel. Et puis, la routine administrative s'installe brutalement.
Le gameplay d'organisation des missions, pourtant si gratifiant au départ, mute en un travail à la chaîne épuisant, car on a trop d'équipement, trop de montures, trop de chevaliers, trop de missions annexes.
Le titre s'embourbe dans une boucle de plus en plus contraignante, chronophage et répétitive. On réalise vite que la majorité des contrats proposés ne sont que de la poudre aux yeux : du remplissage pur et dur servant d'excuse pour fournir de l'expérience à vos chevaliers. J'ai commencé à avoir ma dose à la moitié de l'aventure, et j'ai lutté héroïquement jusqu'aux trois quarts avant de rendre définitivement les armes.
Je recommande Sovereign Tower... à l'unique condition de vous concentrer sur la première moitié du jeu.
Contrairement à un Dispatch qui mise sur la fulgurance, privilégie la qualité à la quantité et sait tirer sa révérence avec classe, Sovereign Tower s'étire en longueur jusqu'à l'indigestion.
Un bon jeu avec de bonnes idées, mais qui aurait dû couper au montage pour son propre bien.