Super Bomberman Collection
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Super Bomberman Collection

Compilation de Red Art Games et Konami (2026 · PC)

Je crois que quand on passe la trentaine, en plein milieu des années 2020, il devient presque trop facile de nous faire passer à la caisse. On doit être, nous les trentenaires, parmi les plus grosses vaches à lait de cette industrie. Et je dis ça en connaissance de cause, parce que j’ai beau être quelqu’un qui s’intéresse énormément aux jeux indépendants, aux propositions un peu étranges, aux idées qui sortent des rails, je peux très facilement bouder les productions les plus conventionnelles, celles qui seront de toute façon achetées par la plus grosse masse. Mais il suffit de me mettre sous le nez une petite compilation bien sentie de jeux qui ont marqué leur époque, ou qui ont au moins traversé l’histoire du média avec une certaine aura, et tout de suite, je deviens beaucoup plus faible.


Oui, l’émulation existe. Oui, c’est gratuit. Oui, c’est simple. Et j’ai moi-même été un énorme client de ce genre de choses pendant longtemps. Mais je dois avouer qu’avoir la possibilité de jouer légalement à une compilation propre, avec des mécaniques d’appréciation revues, repensées, ou simplement rendues plus confortables, c’est probablement ce qui me gratte le mieux dans le sens du poil!


Surtout quand le jeu en question concerne une mascotte... Car moi, les mascottes de jeux vidéo, je les ai toujours aimées. Je viens de cette époque où Sonic et Mario régnaient en maîtres, où le simple fait d’avoir une petite gueule reconnaissable suffisait parfois à donner envie de lancer un titre, juste pour voir ce qu’il avait dans le ventre.

Bomberman, de ce point de vue-là, m’a toujours plu. Je l’ai toujours trouvé cool, malgré sa simplicité. Ce petit bonhomme rond qui pose des bombes sur des cartes carrées, avec ce mélange assez direct entre stratégie, réflexes et chaos, a quelque chose d’immédiatement lisible. Mais soyons honnêtes, au-delà de quelques bons moments passés entre amis sur un canapé, à se piéger mutuellement avec des petits explosifs dans des arènes fermées, je n’ai jamais vraiment considéré Bomberman comme un monument du jeu vidéo.


Au contraire même, la plupart des titres de la licence m’ont toujours semblé assez moyens, parfois franchement mauvais, au mieux médiocres. Je comprenais très bien l’intérêt d’une collection Mega Man, parce que ce sont des jeux légendaires, encore cités en exemple aujourd’hui. Je comprends évidemment une compilation Mario. Sonic, même dans ses hauts et ses bas, a une importance historique évidente. Mais Bomberman, j’avais plus de mal.


Je me demandais donc sincèrement quel pouvait être l’intérêt d’une collection consacrée à une série qui, dans mon souvenir, reposait surtout sur une mécanique très abrupte. On pose des bombes, on attend qu’elles explosent, on essaie de tuer des ennemis sur de petites cartes quadrillées et on recommence. Dit comme ça, ça ne vend pas forcément du rêve. J’avais même un a priori assez négatif sur les premiers épisodes, en me disant que cette formule devait rapidement devenir frustrante, répétitive, voire un peu pénible. Et pourtant, fort heureusement, j’ai fini par passer à la caisse lors d’une promotion.


Il y avait aussi une raison très bête à ça. Je voulais entraîner mes doigts à l’utilisation d’un stick arcade leverless, et j’avais besoin d’un jeu simple, basé sur des directions très nettes, haut, bas, gauche, droite. Bomberman tombait donc assez bien.


C’était l’occasion parfaite de m’essayer à ces titres, de comprendre ce qui avait pu faire leur originalité, et de voir ce que chaque épisode apportait à cette formule. Je pourrais sans aucun mal revenir un jour sur chaque jeu séparément, parce qu’il y aurait sûrement des choses à dire sur leur évolution respective, mais ici, c’est surtout la collection elle-même qui m’intéresse.

Et de ce côté-là, je trouve qu’elle a le bon goût de s’inspirer des meilleures compilations de jeux classiques. J’ai cité Mega Man plus haut, et ce n’est pas un hasard, parce que ce type de compilation doit aujourd’hui réussir un équilibre assez délicat. Il ne s’agit pas seulement de ressortir de vieux jeux dans un menu vaguement propre. Il faut aussi trouver comment permettre à un joueur moderne de les approcher sans les trahir complètement. Et Bomberman avait vraiment besoin de ça. Parce que cette mécanique de base, aussi simple soit-elle, peut rapidement devenir frustrante. On pose des bombes, on essaie de prévoir les déplacements ennemis, mais ces derniers bougent parfois de manière tellement aléatoire qu’il devient difficile de lire leurs patterns. On avance alors avec cette sensation que la progression est un peu trop dictée par le hasard, et forcément, ça peut créer une frustration qui prend le dessus sur le plaisir.


C’est là que la collection trouve sa meilleure idée.

Elle nous invite à prendre notre temps, à avancer sans forcément subir le couperet permanent du game over, et surtout, elle ajoute cette fameuse touche rewind qui permet, d’une simple pression sur une gâchette, de rembobiner le jeu.


C’est bête, mais cette mécanique change tout. Pour celles et ceux qui s’intéressent un tant soit peu à l’histoire du jeu vidéo, ou simplement à notre petit poseur de bombes préféré, ce bouton suffit presque à lui seul à rendre l’aventure plus fluide, plus lisible, plus agréable. C’est même assez fou de constater à quel point une simple option peut modifier drastiquement l’appréciation de toute une série.


Là où les déplacements trop aléatoires des ennemis pouvaient donner l’impression de se faire punir pour quelque chose qu’on n’avait pas vraiment anticipé, le rewind permet de reprendre la main. On teste, on se trompe, on revient légèrement en arrière, et on comprend mieux la logique du jeu. On peut enfin profiter de Bomberman sous un jour plus favorable, sans forcément être constamment bloqué par les aspérités d’un game design d’époque. Alors oui, évidemment, ça casse un peu la progression. Oui, ça peut rendre les jeux beaucoup trop faciles. Et oui, on peut considérer que l’expérience réelle, celle d’origine, s’en trouve un peu entachée. Mais après tout, rien n’est interdit. On peut très bien jouer sans utiliser le bouton rewind.

Il est là comme une option de confort, pas comme une obligation.


Dans le cadre d’une collection pensée pour découvrir ou redécouvrir l’évolution de Bomberman au fil de ses différents épisodes, je crois que c’est exactement ce qu’il fallait. Bomberman Collection devient alors un objet très efficace, généreux en contenu, qui donne accès à pas mal de jeux de la licence et qui semble avoir été conçu avec soin. On sent une volonté de ne pas simplement empiler des ROMs dans un emballage nostalgique, mais de rendre ces titres réellement fréquentables aujourd’hui. C’est une nuance importante, surtout pour une série dont la simplicité de gameplay pourrait justement rebuter assez vite.


Je le dis et je le maintiens, Bomberman n’est pas une licence qui aura forcément marqué son époque avec la même force que les grands monuments du jeu vidéo. Au-delà de sa capacité à faire passer de bons moments sur un canapé avec un groupe d’amis, je ne suis pas convaincu que son versant solo soit ce qu’il y a de plus fun au monde. Il y a une sécheresse, une répétition et parfois une forme d’arbitraire qui peuvent fatiguer. Mais cette collection a le mérite de replacer tout ça dans de bonnes conditions. Elle donne accès à un pan de l’histoire du jeu vidéo, même si ce pan est plus modeste, plus rugueux, moins glorieux que d’autres. Elle le fait avec amour, avec générosité, et avec suffisamment d’options de confort pour permettre au joueur d’aujourd’hui d’y entrer sans se cogner constamment contre les limites de l’époque.


Finalement, je pense que c’est tout ce qu’on demande à une compilation de ce genre. Pas forcément nous convaincre que Bomberman était secrètement un chef-d’œuvre incompris. Pas forcément réécrire l’histoire pour lui donner une importance qu’il n’a peut-être jamais eue. Mais nous permettre de comprendre pourquoi il a existé, pourquoi il a plu, pourquoi il a tenu, et pourquoi ce petit personnage continue malgré tout d’avoir une place à part dans l’imaginaire du jeu vidéo. Sur ce point, Bomberman Collection remplit très bien son rôle. Elle ne m’a pas transformé en défenseur acharné de la licence, mais elle m’a permis de la regarder avec plus de bienveillance, et surtout avec beaucoup plus de plaisir que ce que j’aurais imaginé.

KumaCreep
7
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le 29 avr. 2026

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KumaCreep

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