Mario Bros 2 est une curiosité, dont on ne sait si elle mérite vraiment sa place en tant que Mario. Le début donne déjà des signes avant coureur de l'horreur à venir, on approche des premiers ennemis, on saute...
Et là, c'est le drame. L'horreur. La stupéfaction. La fin des temps.
L'ennemi ne meurt pas. PIRE, il continue tranquillement d'avancer. Tout nos repères que Tonton Miyamoto avait conçu pour nous, il les balaie d'un revers de la main méprisant, et nous toise d'un regard éloquent : "Tu dois tout réapprendre."
On ne doit plus sauter, mais attacher des saloperies qui traîne hors de terre, pour les jeter sur les ennemis. Des années de thérapie foutues en l'air, bordel. Mais bon, on ne rechigne pas et on explore le niveau, et là encore ça nous frappe comme un coup de fouet au visage : l'univers est coloré, mais paraît en profond décalage avec ce qu'on attend d'un univers Mario. Et pour cause, ce jeu est tout sauf un Mario à l'origine (je vous épargne tout ce qui a déjà été expliqué de nombreuses fois) et ça se ressent terriblement. Certaines mécaniques introduites par ce nouvel univers sont agréables et bienvenues, tel que le choix de personnage ou la verticalité, qui amène une exploration repensée des mondes et délaisse la monotonie horizontale.
Mais pour autant, cet ajout ci est à double tranchant, car il casse complètement le rythme du jeu, nous obligeant à explorer, là où le joueur du premier opus préférera sûrement sauter de plate-forme en plate-forme dans un défilement horizontal classique. Élément nouveau qui fait donc réfléchir sur ce que semblait vouloir faire Miyamoto avec cette suite, sûrement avec l'idée de chambouler les bases qu'il avait lui même conçue.
Au final, complexe est mon ressenti devant cette chimère étrange dont la paternité est loin d'être rejeté par Miyamoto, semblant apprécier son œuvre.