Thank Goodness You're Here (TGYAH) est exactement ce que j'espérais quand je l'ai vu passer sur mes radars : un délire surréaliste dans une campagne britannique imaginaire, avec un humour british mâtiné de surréalisme et de délires visuels débridés, enrobés dans un petit jeu d'aventure compact qu'on finit facilement en deux sessions.
La direction artistique est unique et parfaitement adaptée au ton, avec ses gros traits noirs, ses couleurs très saturées et une énorme galerie de personnages tous plus ou moins laids ou difformes. Visuellement, le jeu ne mettra pas tout le monde d'accord, mais il suffit d'un trailer pour savoir si c'est votre came. Le jeu se paye aussi des animations simples et très efficaces, qui renforcent les gags et rendent l'environnement bien plus vivant, surtout que vous pouvez foutre des coups de pied dans quasiment tous les éléments de décor.
La musique n'est pas inoubliable mais met bien dans l'ambiance. Enfin... à l'exception de la dernière scène musicale du jeu qui restera la séquence la plus mémorable de mon année de gaming, et je viens pourtant de terminer Half-Life: Alyx. Notez aussi que le jeu est entièrement doublé avec des accents anglais à couper au couteau, et c'est exactement ce qu'il fallait pour une immersion totale dans la petite bourgade de Barnsworth.
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J'ai particulièrement apprécié que le jeu ne repose pas sur des énigmes, mais sur la navigation et l'observation, ainsi qu'un peu de manipulation d'objets. Pendant la première moitié du jeu, on passe son temps à découvrir de nouveaux décors et personnages, et à accomplir pour eux des tâches aussi absurdes que drôles, et toujours remarquablement mises en scène. Hélas, le rythme se dégrade dans la seconde partie, à cause des nombreux allers-retours que le jeu nous oblige à faire entre les différents quartiers qu'on a précédemment explorés.
Je me suis souvent retrouvé paumé sans trop savoir où aller pour faire avancer l'histoire, à faire des allers et retours en foutant vainement des coups dans tous les NPC à la recherche d'une nouveauté. Il faut parfois penser à réexplorer un petit coin insignifiant de la map dans lequel un élément a fortuitement changé, sans que le jeu sache vous y guider. A l'inverse, certaines transitions se font de manière très fluide et suggèrent efficacement quelle est l'étape suivante et vers où vous diriger.
C'est un gros point noir, à mon sens, qui aurait pu être évité sans pour autant sur-assister le joueur, mais ça ne m'a jamais durablement fâché avec le jeu. TGYAH est l'un de ces très rares JV qui font rire, servi par une réalisation impeccable, une écriture réjouissante, et une inventivité hors normes, qui en font l'un des jeux vidéo les plus drôles auxquels j'ai joué.