C’est un Zelda que j’avais peut-être sous-estimé.
Ou oublié à tort, alors qu'il y avait une course dans la cours de récré à l'époque de ça sortie, pour savoir qui allait le finir en premier. Minish Cap, c’est un peu l’épisode qu’on classe mentalement dans la catégorie “sympa sans plus”...
Mais repensez y, ou replongez vous dedans... la douceur du trait, la vivacité de l’univers, et cette idée toute bête (mais si bien exploitée) de rapetisser pour explorer un monde dans le monde. Une mécanique simple, mais pleine de poésie.
L’histoire va droit au but, les donjons sont bien pensés, jamais trop longs, et l’alternance entre le monde normal et le monde des Minish donne à l’exploration une vraie fraîcheur. On passe sous les feuilles, dans les gouttes, on navigue dans des bottes posées au sol.
Tout paraît plus grand, plus mystérieux, comme si l’enfance du héros se reflétait dans la taille de ses défis.
Puis il y a Ezlo, ce compagnon étrange, mi-oiseau mi-bonnet, qui vient prendre la place du sidekick typique avec un ton un peu plus grinçant. Moins insupportable qu’un Navi, plus sarcastique qu’un Midna, il apporte juste ce qu’il faut d’acidité sans jamais alourdir. Le duo fonctionne bien, et on s’attache à cette relation sans qu’elle devienne jamais pesante.
Côté donjons, le jeu propose une sélection plus réduite que les gros épisodes de salon, mais d’une redoutable efficacité. Le Temple de la Flamme, le Palais du Vent, ou encore le Temple de l’Élément de la Terre, chacun possède une ambiance propre, une idée de gameplay forte, et surtout un bon sens du rythme. Rien n’est trop long, rien n’est inutilement complexe, mais tout est bien pensé. Le cane Gust, le Bâton sauteur, les bottes de Pégase, tous les objets introduits s’intègrent naturellement dans les énigmes, et certains, comme le gant de taupe ou le système de clonage, sont même étonnamment ingénieux.
Capcom aurait pu se dire qu'ils allaient recycler des mécaniques de Zelda et donc pourquoi pas reprendre plusieurs objets déjà connus et non, ils ont eu l'envi de le faire à leurs sauces sans dénaturer... BRAVO!
Si certains combats de boss peuvent sembler un peu simples, ils ont le mérite d’être tous visuellement marquants et liés à la mécanique du donjon, ce qui donne à l’ensemble une belle cohérence. Mention spéciale au combat contre Gyorg Pair dans le Palais du Vent, qui réussit à être à la fois vertical, nerveux et grisant.
Ce qui fait vraiment le charme de Minish cap, c’est tout ce qu’il offre à côté. Les fragments de bonheur à fusionner sont une trouvaille à part. Certains détesteront, trouvant ça répétitif ou trop aléatoire, mais moi j’ai aimé cette mécanique de micro-récompenses qui t’encouragent à t’arrêter, à parler aux PNJ, à revisiter les lieux. Elle donne un petit goût de chasse au trésor à l’exploration, même si on peut finir par enchaîner les fusions un peu mécaniquement sur la fin.
La ville d’Hyrule est particulièrement vivante, avec plein de petits détails, de mini-jeux, de maisons à explorer, de secrets à dénicher. On est loin du simple hub fonctionnel, c’est un vrai lieu à part entière, avec ses habitants, ses routines, ses portes qui ne s’ouvrent qu’en Minish. Même les forêts, les marécages, les montagnes ont chacun leur petit grain de folie, et on sent que l’équipe a voulu rendre chaque zone unique, avec un gimmick, une surprise, un personnage marquant.
Visuellement, on est dans un Zelda 2D qui atteint clairement un sommet. Les sprites sont magnifiques, les animations détaillées, les effets de lumière discrets mais réussis. Le monde des Minish en particulier est bourré d’idées visuelles qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans la série. Et avec les musiques très réussies, remixées parfois à partir de thèmes classiques, on a un ensemble audio-visuel cohérent, chaleureux et accrocheur.
Puis, on a le grand retour de Zelda sur console portable, après un enchainement de titres légendaires... Quoi de mieux que le thème du rétrécissement, pour un retour sur console portable?... Je force un peu, mais c'est un jeu que je trouve brillant par beaucoup d'aspect!
Alors oui, Minish Cap n’a pas la profondeur ou l’ambition des plus grands Zelda. Il ne cherche pas à réinventer, mais à perfectionner. Il vise la compacité, la clarté, l’accessibilité. Et il le fait très bien. Il y a quelques manques peut-être, une narration un peu rapide, un univers moins mystérieux que dans Link’s Awakening ou Majora’s Mask, mais il compense largement par sa maîtrise du rythme et son inventivité de gameplay.
Il m’a redonné envie de croire aux Zelda 2D, parce qu’il ne se perd jamais en route, et parce que parfois, la simplicité bien faite, c’est tout ce qu’on demande.