Tintin au Tibet est la deuxième adaptation en jeu vidéo des aventures du jeune reporter belge à la houppette, après le peu connu Tintin sur la Lune (1989). Si le titre a la réputation d’être particulièrement difficile et frustrant, il doit surtout celle-ci à sa version originale sortie sur Super NES en 1995. Les portages sur Game Boy (en 1996) puis sur Game Boy Color (en 2001, la version testée ici), réalisés par les Espagnols de Bit Managers, ont été l’occasion d’ajustements bienvenus sur ce point (codes de sauvegarde plus fréquents, par exemple). Que l’on s’entende bien : le jeu reste exigeant, et certains niveaux vous demanderont pas mal d’essais avant d’être franchis ; néanmoins, avec un minimum de motivation, on finira par en voir le bout sans s’être arraché les cheveux, voire en s’étant bien amusé !
Le gameplay est relativement simple : Tintin peut marcher, courir, sauter, se baisser, et (occasionnellement) ramasser des objets. Il peut aussi nager ou faire de l’escalade dans certains passages spécifiques. Mais pas question de frapper ni d’attaquer les ennemis, il faudra uniquement les esquiver. Parler d’ennemis n’est d’ailleurs pas tout à fait juste : les PNJ que vous croiserez ne seront pas réellement agressifs et ne porteront jamais d’arme ; néanmoins, ils vous feront perdre un point d’énergie si vous les touchez. Il faudra aussi vous méfier d’éléments suspendus pouvant vous tomber sur la tête, ou encore de boules de neige ou de blocs de roche vous arrivant dessus sans crier gare… On l’aura compris, on a affaire à un jeu de plate-forme pur et dur, qui ne pardonne pas le moindre faux pas.
Au niveau du scénario, le titre s’avère assez fidèle à la bande dessinée, dont il reprend la trame et bon nombre de personnages (Tintin, Haddock et Milou bien sûr, l’ami Tchang, le sherpa Tharkey, et même le moine Foudre Bénie, sans oublier le yéti). La richesse de l’œuvre d’Hergé permet de mettre notre Tintin virtuel dans une diversité de situations et d’environnements ; ainsi, entre deux niveaux classiques faits de sauts et d’esquives, on se retrouve tantôt à nager dans une rivière en furie, tantôt à dévaler une pente abrupte, tantôt à escalader une falaise, etc. Le jeu n’est donc pas trop répétitif, et c’est tant mieux.
Les graphismes se veulent eux aussi fidèles à l’œuvre originale. Les courts passages narratifs entre les niveaux, notamment, bénéficient de belles illustrations qui semblent tout droit sorties de la BD. Dans les niveaux eux-mêmes, les décors sont certes un peu basiques (console 8 bits oblige), mais les sprites des personnages sont jolis et bien reconnaissables—on aurait toutefois aimé qu’ils s’adaptent à l’histoire, car voir Tintin porter la même tenue aussi bien dans le confort d’un hôtel qu’au sommet des montagnes himalayennes a de quoi faire sourire. Terminons par mentionner les musiques du jeu, particulièrement soignées et entrainantes—un très bon point !
Pour conclure, ce Tintin au Tibet est un incontournable pour les fans d’Hergé et de jeux vidéo. La version Game Boy Color, si elle ne peut évidemment rivaliser avec celle de la Super NES en termes de graphismes, se rattrape en proposant une difficulté manifestement mieux jaugée, ce qui donne un titre à la fois exigeant et plaisant à jouer.