Combiner Tintin à Pendulo Studios semble à priori une idée de génie. Au début des années 2000, le studio de Madrid s'était hissé aux sommets des jeux d'aventures avec les Runaway, n'ayant rien à envier aux Monkey Island ou autres Chevaliers de Baphomet. Tintin, création d'Hergé, offre l'aventure, l'humour et l’intrigue nécessaire pour passer un bon moment. En fait, sur le papier, aucune raison que la rencontre entre un roux et des espagnols ne tourne mal.
D'ailleurs, le potentiel se voit : l'histoire respecte assez scrupuleusement la bande-dessinée, l'ambiance se retrouve vite, et le jeu offre un savant mélange entre références à la BD, à l'univers de Tintin en général, au dessin-animé, et même au film de Spielberg. Graphiquement c'est regardable et dans la veine que l'on connait des jeux Pendulo.
Pour le reste, mais quelle purge. Le gameplay alterne entre phases d'enquêtes (trop simples, même si je peux concevoir que le jeu s'adresse aux jeunes), et des phases d'actions régies par des QTE qui oscillent entre une difficulté adaptée aux poulpes lobotomisées et aux pilotes de Formule 1, le tout plombé par une jouabilité désastreuse. Entre la caméra qui s'aligne correctement une fois sur deux, et l’impossibilité de configurer ses touches (si, comme moi, vous jouez au clavier qui n'est pas un azerty et que vous avez la flemme de brancher une manette pour jouer à Tintin, habituez-vous à jouez avec des commandes rincées), le jeu peut être rendu artificiellement difficile par sa jouabilité. Parfois c'est simple, vous devez simplement appuyez avant que la touche ne s'affiche pour que l'action soit correcte et masher votre clavier pendant la cinématique. Résultat, on crève autant que dans Lies of P mais pour d'autres raisons. Et visiblement, à sa sortie, le jeu était encore bourré de bug qui le rende injouable, j'ai eu la chance de l'avoir avec une vieille paysafecard pour moins de 5 balles sur Gog et déjà patché, ouf.
Pourquoi donc un tel naufrage, alors que dès le premier instant de jeu, vous êtes confronté à ce problème ?
Pour répondre à cette question, il faut se rendre du côté de la presse et voir que chez Microids, le crunch est permanent, dirigé par un sac, et que rien qu'en 2023, ce ne sont pas moins de 13 jeux qui sont listés sur Wikipedia qui sont sortis des PC maniés par des développeurs fatigués et épuisés. Franchement, à quoi bon avoir des esclaves pour un résultat si médiocre ? À sa petite échelle, le seul intérêt du jeu Tintin est de nous rappeler que l'industrie du Jeux-Vidéo est une industrie, et que comme partout où le capitalisme impose sa logique, ça ne conduit bien souvent qu'à de la merde, et tu peux avoir un studio brillant derrière, bah ça ne suffit pas. Dommage donc, espérons que dans un univers parallèle, la vie soit plus fun.