C'est dans ma jeunesse le premier épisode auquel j'ai eu accès, une amie me le prêtant pour l'aider à progresser. Ce fut un mur, je n'ai jamais passé ce foutu premier niveau, par contre j'ai largement profité du Manoir des crofts, version ultime de ce fameux niveau tutoriel qui cette-fois recèle pas mal de secrets. J'ai ensuite l'image d'un jeu un peu cassé de partout, mal aimé, extrêmement difficile.
Je m'y réattaque donc 30 ans plus tard et dans sa version remastered, venant de boucler ses 2 prédécesseurs: je suis chaud, je maîtrise la bête, je vais pouvoir escalader cette montagne.
Effectivement c'est un jeu mal foutu, déséquilibré, développé à l'arrache en moins d'un an. Le scénario sent le bricolage pour vous envoyer un peu partout dans le monde, les transitions entre les niveaux sont parfois (rarement) matérialisées par une cinématique, parfois les personnages sont introduits. Souvent on démarre un niveau sans trop comprendre comment on a atterrit là, ou pourquoi.
--- L'histoire
4 artefacts ont été construits à partir d'une météorite millénaire tombée en antarctique. Ceux-ci confèrent des pouvoirs divers et variés, et donnera la puissance ultime à celui qui les rassemble. Cela semble périlleux ET une très mauvaise idée de les rassembler, alors Lara va s'en occuper.
Si le premier niveau - l'inde - est imposé, les 3 suivants pourront se poursuivre dans l'ordre souhaité par le joueur, en le sélectionnant sur une mappemonde, puis on termine en Antarctique pour le grand final. Chacun de ces mondes est divisé en 3 ou 4 segments plus ou moins longs, souvent assez variés dans leur style (action, plate-forme, exploration, énigmes, conduite de l'enfer).
---Les niveaux!
Le coeur du sujet pour un tel jeu.
Je parlais du problème d'équilibre des niveaux, il faut en parler dans le détail. L'inde est super immersif, assez moderne pour l'époque car ouvert et foisonnant. Les deux premiers segments sont super classiques et lorgnes vers le meilleur de TR1, en super balaise. La faune se compose des habituels fauves, ainsi que de singes chapardeurs et surtout de serpents pénibles, immobiles mais venimeux. Puis on a droit à de la conduite de Quad, pas génial mais dépaysant, et enfin un 4e segment dédié à un boss super nul, se terminant en 20 minutes chrono.
Entre temps on nous a introduit la présence de 3 autres artefacts ailleurs dans le monde.
Direction Londres, un niveau s'appelant Quai de la Tamise nous bombarde en haut d'immeubles... qu'on va explorer de fond en combre: cour sombre, chaufferie, toits. Pas de tamise à l'horizon dans ce niveau super médiocre, on finit tout de même dans l'église locale (qu'on ne verra pas, le niveau a été coupé), pour être téléporté dans le 2e segment et le métro Londonnien... une station abandonnée pas trop mal foutue abritant un ancien temple maçonnique où on va rencontrer des punks mutants rejets d'expériences de la méchante, à qui on doit livrer un antidote présent au British Museum, représentant ce 3e segment permettant de rajouter un sphinx et de faire la jonction (via une base sous-marine infestée d'hommes -grenouilles et de crocodiles) avec les bureaux de la fibre cosmétique de la méchante... What the fuck.
Le pacifique est plus exotique évidemment. Dans ces îles perdues style King Kong on a le droit à des indigènes, un village de cannibale et des explorateurs en perdition, attaqués par des raptors. Un niveau en Kayak hyper dur a dû en faire ragequit plus d'un à l'époque des poins de sauvegarde, punitif comme pas deux, mais très sympa pour autant. Un monde au niveau de celui de l'Inde, très cool.
Arrive le Nevada, très bon niveau, original, bien rythmé, dépaysant (on visite le site de recherche de Roosevelt en somme). A part le niveau de la prison bien grisâtre et peu inspiré, un monde très sympa. Pas de boss de fin mais un crescendo dans le mystère qui tombe bien à l'eau à la fin.
Enfin le jeu se conclue en Antarctique dans des niveaux longs, assez difficiles, ambiance The Thing puis temple maudit très sympa.
--- Réalisation et remaster
Techniquement c'est le jeu le plus abouti de la trilogie, sans surprise, avec une palette de mouvements et des environnements foisonnants, l'immersion est réussie. Les musiques sont superbes et rares ce qui accentue l'ambiance mystère.
Le remaster est assez réussie avec des textures et des modèles fidèles à l'original tout en apportant de la lisibilité et du confort. La maniabilité moderne est également bienvenue, ainsi que les sauvegardes illimitées indispensables vu le niveau d'exigence du jeu. Je partage mon incompréhension sur les contrôles chelous pour les véhicules qui sont peu intuitifs et varient en fonction (sortir du QUAD, monter dans le canot, descendre d'un conduit...) parfois incohérents, expliqué nulle part. C'est pareil pour certains mouvements essentiels (sauter en arrière en moveset moderne, reculer accroupi), une recherche internet vous sauvera.
---Bilan
C'est un épisode qui est régulièrement supérieur au premier jeu mais qui manque de cohérence et de consistance dans sa narration pour le supplanter. Il reste cependant au-dessus du second car il a le bon goût de proposer des environnements plus marquants globalement moins grisâtres ou trop chelous (en somme seul Londres est vraiment raté).